Poste de quartier 22

Changement de la garde !

André-Constantin Passiour
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Non, vous n’avez pas mal lu! Il y a bel et bien un nouveau supérieur dans le siège de commandant du poste de quartier 22 (PDQ) du SPVM, soit le commandant Vincent Richer. Ainsi, malgré qu’elle ait pris le fauteuil de commandant le 7 janvier dernier, Roxanne Pitre a été mutée au poste de quartier 21 (qui surveille la partie Ouest du Village, jusqu’à Amherst). Elle remplace ainsi le commandant Alain Simoneault qui dirigeait les destinées de ce district depuis presque huit ans maintenant. Mais Vincent Richer n’est pas vraiment un « nouveau venu » dans le secteur, puisqu’il a été lieutenant au 22 de 2005 à 2008. Entré en fonction au tout début de juillet, le commandant Richer se familiarise à nouveau, tranquillement, avec le quartier et ses subordonnés du PDQ 22. « J’avais bien aimé mon expérience ici. Dans certains cas, je retrouve les gens que j’ai connus, soit des agents ou des superviseurs, parce qu’il y a beaucoup de stabilité au PDQ 22. Les gens qui sont ici veulent travailler dans le quartier, ils aiment le coin et apprécient toute la diversité qu’on peut y trouver. Donc, je suis content d’y revenir en tant que commandant cette fois-ci », indique le commandant Richer.

Vincent Richer a été superviseur pendant un certain temps dans Notre-Dame-de-Grâce, puis commandant à Outremont et dans Saint-Michel. Et, que constate-t-il de ce quartier maintenant qu’il y est retourné ? « Je vois ici une belle amélioration, poursuit-il. La piétonnisation a fait beaucoup de bien au quartier, c’est intéressant parce que ç’a permis de développer des choses qu’il n’y avait pas avant. Je crois beaucoup en la collaboration avec la SDC du Village [Société de développement commercial]. J’ai constaté aussi une grande amélioration en ce qui a trait au parc Campbell, il est très beau, bien entretenu, il y a de belles plantations et ça c’est grâce, là encore, à la coopération et à l’implication du milieu, des citoyens et de l’arrondissement Ville-Marie. C’est une belle réussite pour le quartier. Bien entendu, il reste les problèmes majeurs d’itinérance, de drogues, etc. Ce sont des défis auxquels il faut faire face et il faut trouver des solutions parce que la répression ne règle pas tout », poursuit cet officier du SPVM.

À seulement 43 ans, voilà pourtant bien 20 ans que Vincent Richer est policier. Il se donne pour première mission de reprendre le contact avec les gens, les intervenants du secteur. « Je veux aussi prendre le temps de réfléchir, d’évaluer les problèmes les plus criants et qui nécessitent des solutions. Comme je l’ai dit, la répression ne règle pas tout. Il y a déjà en place des équipes qui sont à l’œuvre, comme EMRII [Équipe mobile de référence et d’intervention en
itinérance], il y a ceux qui travaillent en relation avec la santé mentale et il y a, maintenant, les deux agents de liaison de la SDC qui se promènent constamment dans la rue et nous travaillons avec eux. Oui, la visibilité policière a sa place, mais lorsqu’on parle d’atténuer les problème pour la communauté, il faut des solutions à long terme. Il y a déjà des choses qui se font. Premièrement, c’est un travail d’équipe et, deuxièmement, c’est un travail d’équilibre entre l’intervention d’aide, de collaboration et de répression. Je demeure ouvert pour trouver de nouvelles façons de faire et améliorer la qualité de vie des gens du quartier », souligne le commandant Richer.

Au cours de la conversation, l’implication des citoyens revient souvent sur le tapis. On sent que Vincent Richer fait partie d’une nouvelle génération de policiers qui n’a pas peur de s’asseoir avec les résidents du secteur. « J’ai été dans Saint-Michel et, tout comme ici, il y a une grande implication des citoyens et des groupes communautaires. Je réussissais à régler des dossiers grâce à la collaboration des citoyens. Je me propose de faire la même chose, de rebâtir le réseau que j’avais du temps où j’étais lieutenant », explique le commandant Richer.

Un commandant au PDQ 22, à moins d’arriver directement de la Gaspésie, sait très bien qu’il a sur son territoire le « Village gai » de la métropole. Comment voit-il cette relation entre lui et la communauté gaie et les commerçants ? « J’avais aimé mon passage ici lorsque j’étais lieutenant et que j’avais tissé des liens avec la communauté gaie, note Vincent Richer. J’étais là lorsqu’il y a eu les OutGames, c’était très agréable, l’ambiance était des plus animées. Et, malgré le très grand nombre de visiteurs et de gens, il n’y a pas eu d’incidents fâcheux, les gens sont pacifiques et veulent faire la fête. Et, maintenant, avec la piétonnisation, les terrasses, les Boules Roses, etc., je trouve que les activités sont très intéressantes dans le Village et qu’il faut persévérer et développer des choses. Je suis très content, je le redis, de cette relation qui s’est établie entre le commandant du PDQ 22 et la SDC du Village. C’est une des SDC des plus actives et c’est agréable de travailler ensemble. »

Mais ce n’est pas tout : le commandant Vincent Richer est aussi le responsable du dossier «violence conjugale» au SPVM depuis cinq ans déjà. Il a été, entre autres, responsable de la rédaction et de la mise en place du Plan d’action straté-gique en matière de violence conjugale et intrafamiliale 2013-2017. «Là encore, il s’agit d’un travail d’équipe, de concertation, il faut se construire un réseau avec les organismes qui interviennent en la matière et, lorsqu’on doit entreprendre des actions, ça devient plus facile parce que la collaboration existe déjà et qu’on peut faire avancer les dossiers et venir en aide aux personnes qui en ont besoin», de dire avec son regard bleu ciel ce commandant qui possède une maîtrise en administration publique.

Nous reviendrons sur ce dossier de violence conjugale avec le commandant Richer dans une prochaine édition, surtout en ce qui a trait à la violence dans les couples de même sexe…