Alexeï Navalny

Le candidat d'opposition à la mairie de Moscou annonce qu'il autorisera la Gay Pride

L'agence AFP
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Le candidat d'opposition à Poutine à la mairie de Moscou Alexeï Navalny mène une campagne à l'occidentale qui commence à faire de l'ombre au candidat sortant soutenu par les autorités. Il a notamment pris position en faveur des droits LGBT. L'opposant russe Alexeï Navalny a été brièvement interpellé dimanche par la police à Moscou après une réunion de campagne pour les élections municipales du 8 septembre. On lui reproche une « violation de la législation en matière de manifestation de masse », a déclaré un porte-parole de la police.

La commission électorale de Moscou a annoncé jeudi qu'elle pourrait invalider la candidature d'Alexeï Navalny à l'élection du maire de la capitale russe le 8 septembre, ce qui traduit selon l'opposant numéro un à Vladimir Poutine les craintes croissantes des autorités.

Le candidat d'opposition à la mairie de la capitale russe gêne le pouvoir en place et en particulier le candidat de Poutine, Sergueï Sobianine, grand favori du scrutin, mais à qui Alexeï Navalny commence à faire de l'ombre. Les autorités ne perdent pas de vue que la ville n'avait accordé que 46,95 % des voix à Vladimir Poutine lors de la présidentielle de mars 2012, bien en dessous de la moyenne nationale.
Alexeï Navalny, un avocat charismatique qui ne craint pas de railler Poutine et s'est fait connaître par son blogue dénonçant des scandales de corruption, a décidé de mener une campagne à l'occidentale.

Il organise des réunions tous les jours et inonde la ville d'affiches et de tracts, en dépit de sa condamnation à cinq ans de prison — suspendue jusqu'à l'examen de son appel — pour une affaire de détournement de fonds qu'il dénonce comme étant fabriquée de toutes pièces. Il a déclaré que s'il était élu la Gay Pride serait autorisée à Moscou. S'exprimant sur les droits des homosexuels en Russie sur la radio Echo de Moscou, Navalny a affirmé: « La constitution dit que tout le monde peut manifester, et le maire de Moscou ne peut pas interdire ce droit. Je m'engage à respecter la constitution ».

« Si tout le monde est habillé et qu’ils marchent de manière ordonnée avec leurs slogans, je me fiche de savoir quelle est leur orientation sexuelle, où ils vont et ce qu’ils disent », a-t-il précisé. Il a exprimé par ailleurs son opposition à la loi antigaie de juin dernier interdisant la promotion des « relations non traditionnelles » aux mineurs. Même s'il a peu de chance de gagner le poste de maire, selon les sondages, Navalny jouit d'une forte popularité sur Internet, là où son adversaire Sobianine est à la traîne.

Alors que Navalny dispose de plusieurs sites de campagne et communique régulièrement sur Twitter et sur son blogue, le maire sortant n'a qu'un site internet plutôt austère. Et les initiatives de ses partisans dans ce domaine n'ont pas remporté le succès espéré. Ainsi, une page Facebook modestement intitulée « L'homme qui a tout changé » n'a recueilli que 1 000 amis.

Son refus de débattre est par ailleurs critiqué par beaucoup d'électeurs. S'il n'est pas empêché de concourir, Nvalny espère bien empêcher l'élection du favori au premier tour et installer un vrai débat avec les moscovites.