Loi russe homophobe

Le CIO veut des éclaircissements

Nicolas Lavallée
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Le Comité international olympique (CIO) a besoin de plus de clarifications de la part du gouvernement russe à propos de la loi visant les homosexuels. C'est ce qu'a dit vendredi le président du CIO Jacques Rogge. « Lorsque la loi a été promulguée, nous avons reçu toutes les assurances concernant Sotchi. Nous avons ensuite demandé une confirmation écrite de ces assurances. Nous avons étudié la chose ce matin (vendredi), mais nous avons encore des incertitudes. Nous avons encore besoin d'éclaircissements », a expliqué M. Rogge.

Avant d'émettre « un commentaire général », le CIO désire s'assurer d'avoir la bonne traduction de deux paragraphes de la législation adoptée en juin dernier.

« Tous les sportifs et organisations sportives devraient garder leur calme. Leurs droits seront respectés », a assuré jeudi le ministre russe des Sports, Vitaly Moutko, devant l'inquiétude grandissante un peu partout dans le monde face aux conséquences possibles de cette loi.

« Il n'y a aucune raison de craindre les appels au boycottage des Jeux, a-t-il poursuivi, avec un brin d'arrogance, à l'agence Interfax. Toutes les personnes sensées comprennent que l'ingérence de la politique dans le sport est inadmissible. « Plus la Russie est forte, et plus cela déplaît à certains. Nous sommes tout simplement un pays unique », a estimé M. Moutko.

Une réaction qui a incité le président du CIO à rappeler à la Russie les valeurs de l'olympisme et les règles de la charte. « La charte olympique est claire, a par ailleurs affirmé Rogge. Le sport est un droit humain. Chaque athlète a le droit de concourir, quelles que soient sa race, sa religion ou son orientation sexuelle. Les Jeux doivent être ouverts à tous sans discrimination. »

Le texte de loi controversé punit tout acte de propagande homosexuelle devant des mineurs d'une détention allant jusqu'à 15 jours et d'une d'amende, et il a suscité un vague d’agressions homophobes dans plusieurs villes russes, dont certaines ont été filmées et diffusées sur les réseaux sociaux par les agresseurs.