« Mauvais » baiser de Russie!

Steve Foster
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Vous avez certainement entendu parler d’une façon ou d’une autre de la nouvelle loi russe qui interdit la « propagande de relations sexuelles non traditionnelles devant mineur » que le cher président Poutine a signée récemment. Même le titre de la loi utilise « non traditionnelle » pour ne pas avoir à dire homosexuelle ou gai c’est tout dire. Cette loi antigaie réserve dorénavant des peines sévères de prison pour toute personne qui affichera son homosexualité que ce soit en parole, par le geste ou le port d’emblèmes LGBT. Et cette loi, s’appliquera non seulement aux Russes, mais aussi à tous les voyageurs et voyageuses qui visiteront la Russie. Imaginez, vous faites un voyage romantique avec votre conjoint ou votre conjointe et que sur le coup de l’émotion devant la place rouge, vous décidiez de vous tenir par la main, je ne parle même pas ici d’un baiser, juste vous prendre la main. Et bien avec cette nouvelle loi, votre périple amoureux va se finir en prison pour les quatorze jours qui suivront. Et à votre sortie, vous serez expulsé du pays par le premier avion en partance pour Montréal ou ailleurs, c’est selon.

Cette loi absurde s’applique aussi dans les cas où vous porterez des effigies du drapeau arc-en-ciel ou LGBT, ou que vous ayez la bonne idée de parler ouvertement de votre orientation sexuelle ou de votre identité de genre dans l’espace publique. Ne vous en faites pas cette loi s’applique aussi aux hétéros qui soutiendront d’une manière ou d’une autre les personnes LGBT. En cette matière Poutine n’a pas cru bon de discriminer. Il s’assurer que personne n’entendra parler d’homosexualité dans son beau pays.

Nous ne pouvons que dénoncer l’action de Vladimir Poutine à l’égard des communautés LGBT de Russie, mais aussi du monde entier. Nous devons aussi interpeller nos gouvernements à faire davantage afin que la Douma revoie cette décision des plus absurdes. Pour ce qui est du ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, qui a déjà dénoncé cette loi, il doit rassurer minimalement la population et annoncer publiquement les actions qu’il entend prendre afin d’assurer le respect des droits humains LGBT dans ce pays. Il doit aussi intervenir afin d’assurer le bien-être des Canadiennes et Canadiens qui voyageront dans ce pays. Il est d’autant plus urgent que les Olympiques d’hiver de Sochi approchent à grands pas?

À moins que le ministre recommande de ne plus voyager en Russie. Si c’est le cas, est-ce que cela s’appliquera aux athlètes olympiques? Où encore demandera-t-il à ces derniers de tout faire pour qu’ils ne paraissent pas homosexuels ou soient perçus comme des alliés de ceux-ci. Offrira-t-il des garde-robes portables? Bref, comment entend-il protéger les athlètes LGBT et leurs alliés qui participeront à cette compétition? L’action du ministre devient d’ailleurs plus urgente qu’avec le bannissement de la Maison de la Fierté, dont la première fut ouverte lors des olympiques de Vancouver, le gouvernement russe démontre bien qu’il n’entend pas lésiner avec cet enjeu et qu’il s’assurera que la loi soit appliquée, qu’on vienne du pays ou de l’étranger.

Il est inadmissible qu’un pays qui reçoit un événement de cette nature puisse avoir une telle législation à l’endroit des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles et transgenres. D’autant plus que cette nation veut être considérée comme l’égale des grandes nations de ce monde. Avec cette loi, le président Poutine contrevient non seulement à la Déclaration universelle des droits de l’homme, mais aussi à la lettre et à
l’esprit de la Charte olympique.

D’ailleurs, il faut aussi interpeller le Comité olympique international (CIO) afin qu’il intervienne à la faveur des visiteurs et athlètes LGBT. Si le CIO a déjà banni l’Afrique du Sud des Olympiques pendant plus de 28 ans à cause de son régime d’Apartheid, il serait indécent que le Comité demeure inactif avec une loi criminalisant les personnes LGBT pour les cent prochaines années.

Il doit y avoir aussi d’autres actions visant à sensibiliser la population, les fédérations sportives et les athlètes canadiens (et québécois aux tristes réalités de cette loi inhumaine. Communiqués, pétitions et mobilisation devant le Consulat général dela Fédération de la Russie à Montréal seront certainement au menu des actions que le Conseil québécois LGBT entend prendre. Pour ce qui est du résultat, nous verrons, l’espoir est ce qui permet de changer les choses.

Pour ma part, j’ai toujours beaucoup d’espoir en la nature humaine, malgré tout ce qui ce passe dans ce monde. C’est ce qui me permet de faire ce que je fais. Pour la Russie, je doute que Poutine abroge sa loi rapidement, mais il faut soutenir nos semblables et faire notre part. Et qui sait peut-être que les choses auront changé lors de l’ouverture des Jeux olympiques en février prochain, car j’aimerais bien célébrer les réussites des athlètes québécois et canadiens