Place au Village

Trous de mémoire Un défi relevé !

André-Constantin Passiour
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Pour l’édition 2013 d’Aires Libres, la piétonisation de la rue Sainte-Catherine Est, l’aire Banque Nationale (à l’angle de Sainte-Catherine et Wolfe) fait peau neuve ! On se rafraîchit et pas rien qu’un peu. Place à l’installation Trous de mémoire ! Encore une fois, c’est le designer Louis Gagnon qui a été chargé de redéfinir le concept de cette création artistique. Trous de Mémoire a été inaugurée le 17 mai dernier, en même temps qu’Aires Libres, et en présence de la première ministre Pauline Marois, rien de moins. Cet événement organisé par la Société de développement commerciale du Village (SDC) rendait ainsi hommage au créateur des Boules Roses, l’architecte paysagiste Claude Cormier et son équipe, et aussi à Louis Gagnon, le directeur artistique de la firme de design Paprika, puisque autant l’un que l’autre se sont mérité des prix pour leur création respective.

Selon la perspective, on y aperçoit un chat, un chien, tient par là on voit même un soulier, et qu’est-ce qu’il y a là ? Serait-ce une forme de spermatozoïdes ? Ah là, justement, les gens ont laissé des messages… Il y a encore des mots par ci, d’autres par là… Si l’on regarde au milieu, on peut voir à travers l’œuvre grâce aux trous centraux… On peut aussi se promener entre les différents panneaux, faire une pause, réfléchir, écrire un mot… C’est cela Trous de mémoire.

Ainsi, après deux ans et bien des mentions honorifiques, on a dit adieu à l’installation tubulaire rouge et au lettrage blanc véhiculant un message du fameux «Manifeste du Village» (que l’on peut trouver sur le site de la SDC, www.unmondeunvillag.com). On change radicalement de concept pour une autre structure métallique avec des toiles tendues et de grands trous dans lesquels on peut même s’asseoir ! À la nuit tombée, cette installation devient encore plus spectaculaire.

«La mémoire est très relative, on voit une image, cela nous rappelle un moment de notre enfance, un événement, un souvenir… Il y a la mémoire positive, la mémoire négative, des instants heureux, d’autres plutôt mauvais… C’est tout un imaginaire, c’est inspirant. C’est ce qui sous-tend l’idée derrière « Trous de mémoire »», d’expliquer le concepteur Louis Gagnon.

Mais partir du Manifeste du Village pour réussir une autre création qui allait être aussi populaire n’était pas une mince tâche. «Les gens se l’étaient approprié, ils s’y faisaient photographier, l’œuvre était intéressante de partout et l’énigme pouvait se lire d’un point de vue très précis. Il fallait donc arriver à relever le défi. On a donc voulu répéter la recette mais de manière différente. Et, de ce que j’ai pu constater, cette installation pique la curiosité des gens, ils y passent du temps parce qu’il y a encore plus d’informations cette fois-ci. Cela rejoint aussi tous les groupes d’âges, les adultes y circulent, les enfants grimpent dans les trous, etc.», poursuit M. Gagnon.

Le noir et blanc de la pièce, un élément plutôt neutre, était aussi voulu afin de ne pas entrer en conflit avec les Boules Roses de Claude Cormier. Il fallait donc intégrer cette installation dans le tout assez coloré et festif des boules, mais sans trop accaparer l’œil pour autant…
De soir, la luminosité de l’installation précédente créait un aspect presque féerique… Allait-on réussir à satisfaire le public ? «[…] Le challenge venait aussi d’offrir quelque chose de qualité la nuit donc, je crois que l’éclairage de l’intérieur, soit avec des moyens simples, insuffle un effet intéressant à cette nouvelle œuvre et, la nuit, cela devient magique presque», indique Louis Gagnon.

Mais, pour ce directeur artistique, rien de tout cela ne serait possible sans la collaboration non équivoque et entière de la SDC du Village et du partenaire tout de même discret de cet espace, la Banque Nationale. «C’est agréable de pouvoir travailler avec la SDC qui est toujours ouverte aux nouvelles idées et dont le conseil d’administration nous fait confiance. Ils ont un grand respect pour le travail des créateurs et c’est une grande chance pour nous de pouvoir proposer des projets et les voir se réaliser. C’est tout un appui que nous donne la SDC et nous en sommes très heureux», souligne-t-il.

Tout comme l’installation d’avant, celle-ci devrait durer au moins un an. «Il serait intéressant de récupérer la structure et lui donner une seconde vie en changeant l’habillage. Mais on verra dans un an», de conclure le designer de Paprika, Louis Gagnon.

En terminant l’entrevue avec M. Gagnon, il nous apprenait que Trous de mémoire venait à peine de remporter un tout premier prix ! Eh oui, déjà ! Il s’agit d’une distinction de Communication Arts, un prestigieux magazine de design basé en Californie et distribué à travers le monde, dans la catégorie design environnemental. Ce numéro spécial annuel de design sera en kiosque en novembre prochain. Bravo à Louis Gagnon, à Paprika ainsi qu’à Aires Libres ! Recteur général de la SDC du Village.