Cameroun

Un militant de la cause homosexuelle mort après des tortures

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Un journaliste et militant LGBT du Cameroun, Eric Lembembe, a été retrouvé mort à son domicile à Yaoundé, après avoir subi de nombreuses tortures, a annoncé l'organisation Human Right Watch (HRW). «Les amis de Lembembe ont trouvé son corps», a rapporté l'organisation non gouvernementale dans un communiqué, évoquant un meurtre. «Selon l'un de ses amis, le cou et les pieds de Lembembe ont été brisés, et son visage, ses mains et ses pieds ont été brûlés avec un fer à repasser».

Eric Lembembe (photo) était un militant reconnu au Cameroun où l'homosexualité est passible de cinq années d'emprisonnement, et il était «un proche collaborateur de HRW», a rappelé l'organisation.

«C’est avec horreur que le réseau Africagay contre le Sida a apprit le décès d’Eric Ohena Lembembe, directeur exécutif de l’association camerounaise de lutte contre le Sida, CAMFAIDS, journaliste et militant engagé dans la défense des droits des LGBT» a réagi l'association Aides, en France.

Cette surenchère de la violence ne semble pourtant pas émouvoir les autorités camerounaises qui ne l’ont toujours pas condamnée publiquement.

Alors que la deuxième journée nationale de lutte contre l’homosexualité s’apprête à être "«célébrée» à Yaoundé, le réseau Africagay contre le Sida exhorte les autorités du Cameroun à mettre un terme à cette spirale de violence.

De nombreuses ONG dénoncent régulièrement les arrestations et emprisonnements de personnes homosexuelles au Cameroun, de même que les nombreuses pressions et menaces à l'égard des défenseurs de leurs droits.

Selon l'ONG, ce "meurtre" intervient peu de temps après l'incendie criminel en juin du siège d'une ONG camerounaise offrant des soins aux personnes homosexuelles victimes du HIV.
En octobre 2012, un avocat camerounais connu pour défendre des personnes homosexuelles, Me Michel Togué, avait affirmé à l'AFP avoir reçu des "menaces de mort", comme avant lui sa consoeur Alice Nkom. L'avocat avait notamment reçu le texto suivant: "'M. Togué, choisis celui de tes enfants que nous allons transformer en pédé comme toi. Là, tu sauras ce que ça fait de les défendre. (...) Même l'intervention des pédés blancs ne les sauvera pas".

La même année, le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme (HCDH) avait estimé "particulièrement inquiétant de recevoir des témoignages de menaces anonymes à l'encontre des défenseurs de droits de l'Homme travaillant à la protection des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres"