Village

Patrouille des cadets dans le Village

André-Constantin Passiour
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La nouvelle commandant au poste de quartier 22 (PDQ) du SPVM, Roxane Pitre, a réuni les intervenants du secteur avec les cadets policiers à vélo qui arpenteront la rue Sainte-Catherine afin de les familiariser avec les problématiques. Cette rencontre qui a eu lieu au PDQ, le 25 juin dernier, a donc permis de faire un tour de table et d’échanger librement avec les cadets policiers. En plus du commandant Pitre et des sept cadets présents sur les huit, on pouvait y voir le lieutenant Alain Plante ainsi que le policier Denis Côté. Annie Lalonde, chef de la division des communications de l’arrondissement Ville-Marie, Bernard Plante, le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) du Village, qui organise la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine Est, soit Aires Libres, et Sophie et Alicia, qui représentaient l’organisme Spectre de rue (qui existe depuis plus de deux décennies dans le quartier et qui œuvre auprès des toxicomanes, itinérants et jeunes en difficulté) participaient à cette activité. Richard Traversy, représentant et photographe chez Fugues, et moi-même avions répondu à l’invitation du commandant Pitre d’assister à cette rencontre formelle, mais tout de même très conviviale.

Dans la jeune vingtaine, sept cadets policiers, dont la majorité se destinent d’ailleurs à une carrière dans les forces policières, ont écouté avec attention chacun des intervenants venus s’adresser à eux.

C’est le commandant Pitre qui s’est adressé en premier aux personnes réunies et qui a parlé ouvertement des principaux reproches de la population à l’égard des cadets : leur air un peu désinvolte et détaché de la communauté locale, leur maintien qui laissait parfois à désirer, le fait qu’ils textaient souvent et qu’ils avaient l’air plus préoccupés par leurs conversations au cellulaire que par ce qu’il se passait dans la rue, etc. La marche à suivre du commandant Pitre était on ne peut plus claire et les cadets étaient tout ouïe puisque certains d’entre eux en sont à leur 3e saison dans le secteur. «Prenez cela comme une pièce de théâtre dans laquelle vous êtes des acteurs et que mille paires d’yeux observent vos moindres gestes. Et de nos jours, avec les téléphones intelligents, ce n’est pas long que des photos de vous puissent circuler sur les médias sociaux et cela n’est pas nécessairement flatteur […]», a renchéri pour sa part Bernard Plante. «L’image est importante, on peut prendre des mauvais plis, comme les policiers, mais ce n’est pas plus acceptable parce que, même si vous n’êtes pas policiers, vous représentez la police», a souligné Roxane Pitre.

Roxane Pitre a parlé de la fierté d’être policier, mais qu’un policier est aussi «affecté par la misère humaine, par la pauvreté, l’itinérance, la violence que certains subissent, le désarroi vécu par d’autres, les problèmes de santé mentale que l’on rencontre fréquemment dans le secteur […]», etc. On s’attend donc à plus d’empathie de leur part à aider les autres puisque le devoir d’un policier est d’être au service de la population locale.

Avec un million de seringues distribuées annuellement à Montréal, principalement dans Ville-Marie, on peut aisément comprendre pourquoi le travail d’un groupe comme Spectre de rue peut devenir essentiel dans l’aide aux toxicomanes, mais aussi dans l’opération de cueillette des seringues souillées afin que personne ne se blesse. C’est, en partie, ce que font Sophie et Alicia dans leur quotidien de travailleuses de rue. Elles ont d’ailleurs expliqué aux cadets les techniques à utiliser afin de ramasser de façon sécuritaire les seringues. «À la Ville, on ramasse environ 100 000 seringues dans les puisards ce qui indique aussi, de la part des utilisateurs, un certain souci de ne pas les laisser traîner partout et ainsi risquer de blesser quelqu’un», a rajouté Annie Lalonde de l’arrondissement Ville-Marie.

Quant à M. Plante, il est venu expliquer le rôle de la SDC du Village de représentation des commerçants, de la planification et de la mise en œuvre de la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine Est, de son propre programme qui comprend deux agents de liaison – et non travailleurs de rue – en la personne de Jean-François et Samira et ce, en collaboration avec l’arrondissement Ville-Marie et Spectre de rue justement.

Pour ce qui est de la chef de la division des communications de l’arrondissement, Annie Lalonde, celle-ci a voulu souligner le fait que le centre-ville de Montréal, contrairement à d’autres grandes villes nord-américaines, est un quartier habité par plus de 84 000 personnes, qui comprend 16 000 places d’affaires et qu’un demi-million d’individus transitent par le centre-ville quotidiennement. Elle a remis à chacun des participants une carte de l’arrondissement et un très beau cahier décrivant les caractéristiques multiples de l’arrondissement.

Suite aux allocutions, la conversation très cordiale avec les cadets policiers a vite touché aux diverses interventions de ceux-ci et à leurs limites. «On ne peut pas intervenir lorsqu’il y a une bataille [entre itinérants]. On n’est pas équipé pour ça même si les gens nous demandent de le faire», de dire l’une des jeunes cadettes. «C’est sûr qu’il y a des fois qu’on ne sait pas comment réagir, mais on connaît aussi le nombre réduit des effectifs policiers et on ne veut pas déranger les policiers», a dit l’un des autres cadets policiers.

«C’est certain que l’on doit conjuguer, parfois, avec des situations problématiques où la zone d’intervention des cadets n’est pas claire, mais, à ce moment-là, ils ne doivent pas hésiter à faire appel aux policiers», a répondu Denis Côté, le policier chargé de superviser les cadets au PDQ 22. «La présence des cadets est importante parce qu’on veut justement qu’il y ait des activités pour attirer les gens, mais que cela se fasse de manière sécuritaire», de noter Mme Lalonde.

Afin de mieux faire connaître le rôle des cadets policiers, le PDQ 22 a émis un avis qui sera distribué aux commerçants, entre autres, renseignant les gens sur leurs tâches (voir en annexe).




Tâches du cadet policier

- Assurer une visibilité afin d’accroître le sentiment de sécurité pour les citoyens, les commerçants et touristes fréquentant la rue Sainte-Catherine ;

- Développer l’aspect communautaire dans leurs interventions; effectuer des contacts avec les citoyens, informations et références;

- Aider, le cas échéant, les personnes à mobilité réduite;

- Promouvoir et favoriser la prévention sous diverses formes;

- Sensibiliser toute personne au respect de la réglementation dans les parcs et les espaces publics;

- Effectuer la déviation de la circulation, le contrôle de foule, l’émission de contraventions relatives au stationnement lors d’événements sportifs, culturels, populaires ou commerciaux;

- Participer à l’application de programmes spécifiques de prévention locale, notamment la distribution de dépliants, l’émission de billets de courtoisie et le burinage;

- Deux cadets policiers assureront la visibilité supplémentaire lors d’événements festifs en soirée;

- Conjointement avec les policiers, les cadets policiers assureront la fluidité de la circulation lors des différents événements à caractère festif;

- Les cadets assureront de plus une présence accrue dans les parcs et autres endroits où se regroupent les foules et où des débordements sont soulevés.