Aires Libres 2013

Une inauguration par la première ministre !

André-Constantin Passiour
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C’est devant un parterre de nombreuses personnalités, y compris la première ministre Pauline Marois, que l’on a procédé à l’ouverture officielle de la saison d’Aires Libres. On marquait ainsi, par la même occasion, la Journée internationale contre l’homophobie en plein dans le Village gai de Montréal.

C’est sous un soleil radieux que s’est déroulée, le vendredi 17 mai, l’inauguration officielle de cette 6e édition de la piétonnisation d’Aires Libres, sur Sainte-Catherine Est, entre Saint-Hubert et Papineau. On célébrait la Journée internationale contre l’homophobie par la présence de plusieurs organisations LGBT en ce lieu appelé Aire Banque Nationale, à l’angle de la rue Wolfe.



À part Mme Marois, on pouvait voir le ministre de la Justice et ministre responsable de la lutte contre l’homophobie, Bertrand St-Arnaud ainsi que le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques et adjoint parlementaire à la première ministre responsable de l’électrification des transports, Daniel Breton. L’ex-député Sainte-Marie-Saint-Jacques aujourd’hui à la retraite, André Boulerice, a tenu à faire le déplacement pour cet événement. Du côté municipal, on apercevait Laurent Blanchard, le président du Comité exécutif de la Ville de Montréal (en remplacement du maire Michael Applebaum, en voyage en France), Richard Bergeron, le chef du parti Projet Montréal, Pierre Mainville, le conseiller du district de Sainte-Marie, François Robillard, le conseiller du district de Saint-Jacques, et Alain Dufort, le directeur général de l’arrondissement Ville-Marie.



Dès le départ, Bernard Plante, le directeur général de la SDC du Village (Société de développement commercial) a déclaré « ouverte officiellement cette 6e édition d’Aires Libres ». À la fin de toutes les allocutions d’usage, Mme Marois a coupé le ruban de boules roses en compagnie des élus.



« Quelle belle journée pour cette inauguration et qui nous permet de souligner la Journée internationale de lutte contre l’homophobie », a lancé en introduction de son discours le ministre St-Arnaud. Le ministre a non seulement parler du programme du gouvernement péquiste en cette matière, mais il a également salué ses prédécesseurs à la Justice, soit Kathleen Weil et Jean-Marc Fournier, « parce que cette lutte transcende les partis politiques », a-t-il souligné. Le ministre responsable de la lutte contre l’homophobie espère également que la modification du Code civil pour ce pour faciliter l’identification des personnes transsexuelles puisse être adoptée avant la fin de la session parlementaire. Le ministre réitère l’engagement du gouvernement actuel envers le combat contre l’homophobie et la transphobie et annonce une éventuelle 2e campagne comme celle appelée « Êtes-vous vraiment ouvert ? » que l’on a connu récemment à la télé.



Dans son message également, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a rappelé que le mot d’ordre de son gouvernement était « Un Québec pour tous », thème qu’elle avait développé aussi lors de la remise du Prix de lutte contre l’homophobie 2013, remise par la Fondation Émergence, à Ariane Moffatt quelques jours plus tôt, soit le 13 mai. « Un Québec pour toutes les Québécoises, pour tous les Québécois de toutes les diversités », un Québec ouvert, « mais cela ne nous dispense pas de lutter contre toutes les discriminations […] et vaincre les obstacles », a-t-elle commenté. Elle a souligné comment cela n’a pas été facile pour elle, une femme, en politique. Elle aussi a fait référence à la campagne gouvernementale contre l’homophobie, qui était un engagement de son gouvernement. « Notre métropole est belle, surtout en été, que Montréal resplendisse de tous ses feux [… ] Bon été à tout le monde ! », a terminé la première ministre avant d’aller couper le ruban de boules roses.



Un peu plus tôt, prenant la parole, Denis Brossard, le président du conseil d’administration de la SDC du Village, était visiblement ému de voir rassemblé en ce jour autant de personnalités dans le Village gai de Montréal. C’est la voix étouffée et les larmes aux yeux qu’il a mentionné qu’il y a eu « des centaines de personnes qui se sont battues pour l’obtention des droits LGBT pour que, finalement, l’on puisse passer de la tolérance à une véritable acceptation ». Sur une note plus gaie, M. Brossard a indiqué qu’Aires Libres « avait pour objectif de devenir un événement d’envergure internationale ». M. Brossard a souligné le développement de Montréal comme étant une conjonction des milieux culturels et des affaires et de la créativité et des initiatives créatives des deux.



Malgré des problèmes de son, le député Daniel Breton a entamé son discours en lançant à la blague « je suis trop électrique ! », sous les rires des participants, en rapport avec son nouveau titre de responsable de l’électrification des transports. M. Breton a tenu à souligner la présence exceptionnelle de la première ministre Pauline Marois, dans le Village gai, en ce Jour international contre l’homophobie, pour inaugurer Aires Libres, mais qui tombe aussi le jour anniversaire, 17 mai 1642, de la fondation de Montréal ! M. Breton a signifié son inlassable appui aux communautés LGBT et a ainsi évoqué les 20 ans du Conseil québécois LGBT et, surtout, le travail acharné du militant Steve Foster que tous ont applaudi chaleureusement…

Le président du Comité exécutif, quant à lui, a salué les efforts de piétonnisation de la SDC du Village qui a été la première « qui a lancé le bal piétonnier [à Montréal que d’autres ont suivi] pour le plus grand bonheur de tout le monde… sous un ciel rose » ! M. Blanchard a louangé l’architecte paysagiste Claude Cormier pour sa créativité. « […] On a redonné la place aux piétons… et l’on incite les citoyens et les touristes à y venir dans la sécurité […] [Aires Libres et la SDC] contribuent à enrichir la vitalité du quartier et du centre-ville», a poursuivi Laurent Blanchard.



Curieusement, plusieurs personnes, dont Bernard Plante, ont remarqué l’absence de Laurent McCutcheon, l’ex-président fondateur de la Fondation Émergence, et qui est « pourtant l’initiateur de cette Journée de lutte contre l’homophobie », a insisté M. Plante.

Bien entendu, l’architecte paysagiste Claude Cormier, le concepteur des Boules Roses, ainsi que le directeur artistique de la firme de design Paprika, Louis Gagnon, le créateur de l’installation Trou de Mémoire (à l’Aire Banque Nationale) étaient parmi la kyrielle de personnalités ayant pris le micro.


Photos : Richard Traversy et Éric Perrier (photos de nuit de l’installation «Trou de Mémoire»)