Richard Traversy, conseiller publicitaire

Profession : «représentant du Village» !

André-Constantin Passiour
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D’ici l’édition d’avril 2014, nous vous proposerons chaque mois des entrevues de différentes personnes que vous, lecteurs, ne connaissez probablement pas, mais qui font que Fugues se retrouvent dans vos mains chaque mois. Nous débutons cette série d’articles avec Richard Traversy, conseiller publicitaire aux Éditions Nitram.

Se promener dans le secteur avec Richard Traversy est toute une galère ! Il est une sorte de «maire» du Village! Comme dans les petits villages où le premier magistrat connaît personnellement l’épicier du coin, les restaurateurs, le boulanger, l’employé du dépanneur, etc. Il envoie la main à tout le monde et s’arrête fréquemment pour discuter avec l’un ou l’autre. On le verra attablé avec des clients qui sont devenus, au fil des ans, des «amis»… Impossible de faire deux pas avec lui sans qu’il interrompt la conversation pour saluer quelqu’un, pour lui dire «une niaiserie», comme il le dit si bien lui-même ! Avec sa personnalité coqui-ne, les blagues et les accolades, il s’est constitué un réseau comme un «maire» d’un village pourrait le faire. Mais il faut dire aussi que cela fait plus de 10 ans maintenant qu’il parcourt le quartier puisqu’il a en main, en tant que représentant, le secteur du Village. À 57 ans, Richard Traversy respire la joie de vivre et l’énergie d’un jeune dans la vingtaine!

«Après 10 ans chez Fugues, j’ai fini par connaître les gens de manière plus «intime», ils sont devenus des amis. J’aime les gens et être représentant signifie établir des liens avec les gens, explique M. Traversy. C’est très agréable de les voir. Je dis bonjour mille fois par jour, mais ce n’est jamais pareil, c’est une routine sans en être une, car c’est sincère, cela vient du fond du cœur.»

Et pourquoi venir chez Fugues ? «Parce que toute ma vie, j’avais travaillé avec des hétéros, je n’avais jamais travaillé dans le Village auparavant, pourtant je le fréquentais. J’aimais le Fugues que je lisais. Donc, dans la quarantaine, après avoir vendu mes parts dans l’entreprise d’édition dans laquelle j’étais, j’ai porté mon CV chez Fugues et ils m’ont accepté… Malheureusement pour eux (rires)!» Richard Traversy rit à gorge déployée de ce bon rire franc qu’on lui connaît.

Dynamique, enjoué, Richard parle souvent d’une voix grave qui porte et ce, même s’il a arrêté de fumer depuis quelques semaines. Lorsqu’il est arrivé aux Éditions Nitram, il n’avait pas de secteur déterminé. «Certains avaient un secteur en particulier comme le Décorhomme, d’autres avaient le culturel par exemple, je crois que cela s’est fait de manière naturelle que je m’occupe du quartier, je me suis dit pourquoi pas m’en occuper de manière plus précise et c’est ce que je fais depuis plus de 10 ans à présent», souligne-t-il. En 2006, il quitte Villeray, pour venir habiter dans le Village. Il vit ainsi dans Ville-Marie au quotidien. Cela lui permet de rester en contact permanent avec «ses» clients, amis et connaissances, il travaille et fait ainsi ses courses ici. «Je mange et je magasine dans les commerces pour les encourager, c’est participer à l’économie locale et à son développement, que ce soit dans les restos, les boutiques de vêtements, etc. Pour moi, c’est autant un plaisir qu’un devoir», avoue-t-il. C’est pourquoi les jeans qu’il porte, peut-être normalement vêtus par des jeunes, lui confèrent un côté excentrique qui sied bien à sa person-nalité colorée, son alter égo «T-Rez» (comme plusieurs le savent) !

Si Richard Traversy fait une sortie, il est fort à parier qu’on le verra dans un bar de danseurs nus ! C’est son péché mignon ! S’il va au Black & Blue, il ne sort pas vraiment dans les clubs. «En tant que célibataire, pourquoi je n’en profiterai pas ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas nouveau pour moi. À 18 ans, je sortais dans les bars de danseurs avant d’aller danser dans une discothèque. Mais ce n’est que depuis la quarantaine que je me permets d’aller dans les isoloirs avec les danseurs. Ce qui compte pour moi, ce n’est pas le style du danseur, mais bien son énergie et cela doit lui tenter de venir me voir et de danser pour moi, c’est important autant pour moi que pour lui», souligne-t-il.

Richard Traversy, qui a étudié en communication à l’UQAM et qui est devenu représentant dès la fin de la vingtaine, à ainsi rigoler, semble bien s’amuser, non ? «Lorsque les gens me voient, ils pensent que je suis ne vacances ! En quelque sorte, c’est le cas, car les relations sont amicales avec mes clients, sérieuses, mais conviviales, c’est le meilleur des mondes quoi !», de terminer l’énergique «représentant du Village»…