De la Table au Conseil

20 ans au service des droits LGBT

Steve Foster
Commentaires
Qu’on en commun Douglas Buckley Couvrette, Suzanne Downs, Michael Hendricks, René Ouellet et Elisabeth Neve? Ne vous en faites pas si vous ne le savez pas, moi non plus je ne la savais pas jusqu’au moment où j’ai demandé à Roger Le Clerc (premier porte-parole de la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Grand Montréal) qui étaient les fondateurs de notre organisme. Je ne connaissais que Roger et Michael. Il faut dire que l’on parle peu de notre histoire, des gens qui la font, et que nos minces archives ne nous permettent pas de tisser le fil continu de notre parcours. Depuis plus de 7 ans, j’ai le privilège de voir aux destinées de l’organisme. Mais rien de ce que nous avons accompli ne saurait exister si les fondateurs et fondatrices de notre organisme n’avaient pas eu le courage de se tenir debout et de revendiquer notre droit d’exister. Je pense aussi à ceux et celles qui leur ont succédé, comme Irene Demczuk, Denis-Daniel Boullé, Pierre Valois et bien d’autres encore. Au fil des années, ils se sont engagés sans réserve, habités par cette même volonté de justice et d’égalité. Leur engagement et leurs efforts auront contribués à créer une société où vous et moi avons plus que jamais la possibilité d’être, qui nous sommes.

Depuis la Table de concertation des lesbiennes et des gais du grand Montréal jusqu’au Conseil québécois LGBT, en passant par la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Québec, puis le Conseil québécois des gais et lesbiennes, c’est vingt ans d’histoire du militantisme québécois, de ceux et celles qui ont milité avec ferveur et surtout, avec la ferme conviction que les personnes gaies et lesbiennes, puis les bisexuelles, transsexuelles et transgenres, ont des droits, mais surtout, qu’elles ont le droit d’être traitées avec respect et dignité.

Bien sûr, notre organisme a connu des hauts et des bas, et même parfois d’importants désaccords qui ont mené à des divisions, mais au final, notre bilan est plus que positif. Nous devons nous rappeler que c’est grâce à ces cinq bâtisseur(e)s que nous avons eu droit au premier Rapport de la consultation publique sur la violence et la discrimination envers les gais et lesbiennes, présenté par la Commission des droits de la personne du Québec (CDPQ) en 1994, intitulé « De l’illégalité à l’égalité » et qui marquera un tournant pour nos communautés. Nous leur devons aussi les états généraux de 1996 (Bilan du Rapport de la CDPQ), celui de 2000 («Nos communautés en marche») et celui de 2004 («De l’égalité juridique à l’égalité sociale») qui ont permis de dresser un portrait des réalités LGBT, de consolider notre action politique et de faire valoir nos besoins. De plus, il ne faudrait pas oublier tout le travail effectué dans les dossiers de l’union civile, du mariage des conjoints de même sexe et du Plan d’action gouvernemental contre l’homophobie, pour ne nommer que ceux-là.

Oui le temps passe, et avec lui s’écrit l’histoire. Celle de notre organisme et de nos communautés est jalonnée de gens exceptionnels qui ont transformé notre société. Et si parfois nous avons tendance à oublier d’où nous venons, il est bon de se rappeler, à l’occasion, que nos avancées n’existent que grâce à l’engagement nos militants et nos militantes.

En terminant, permettez-moi, au nom des membres du conseil d’administration et en mon nom personnel, de remercier nos fondateurs et fondatrices : Douglas Buckley Couvrette, Suzanne Downs, Michael Hendricks, René Ouellet et Elisabeth Neve. Sans eux, nos vies ne seraient certainement pas ce qu’elles sont aujourd’hui. Nous souhaitons aussi remercier celles et ceux qui ont vu aux destinées de l’organisme depuis sa fondation en 1993. Pour ma part, je tiens à remercier les personnes qui m’ont accompagné depuis décembre 2005 : sans vous, le Conseil n’aurait pu relever l’ensemble des défis qui se sont présentés au cours des années.

Mais il reste encore bien du chemin à parcourir et le Conseil est
résolument engagé à poursuivre son action pour atteindre l’égalité sociale et juridique des personnes LGBT. Car oui, il reste des droits juridiques à atteindre pour les personnes transsexuelles, sans compter que nos droits ne sont jamais totalement acquis. Pour ce qui est de notre égalité sociale, il suffit de suivre l’actualité pour nous convaincre de la nécessité de poursuivre nos actions.

Quand on regarde le chemin parcouru, il est clair que Conseil aura une longue vie… car ce n’est pas demain la veille que ses membres vont le dissoudre avec tout ce qu’il reste à faire ! Joyeux 20e anni-versaire CQ-LGBT.

 
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Anciens commentaires

  • Beau billet. Sauf, qu'à part d'être fondateurs de votre organisme, nous n'en savons pas plus sur eux à la fin de notre lecture. Dommage. Publié le 23/04/2013
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  • Beau billet. Sauf, qu'à part d'être fondateurs de votre organisme, nous n'en savons pas plus sur eux à la fin de notre lecture. Dommage. Publié le 23/04/2013