Je reviendrai à Mexico City

Mado Lamotte
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Photo prise par © Robert Laliberté
Ça fait à peine une heure qu’on est dans les airs et ça sent déjà le Mexique. Y fait chaud, c’est plein de p’tits poilus, les hôtesses de l’air ont des sourcils gros comme des moustaches et nous (ma sœur Nicole et moi) sommes déjà soules sur la téquila. À peine 6 heures plus tard, on est dans notre chambre d’hôtel et on se demande de quel angle le photographe du site internet a ben pu se mettre pour réussir à nous faire croire que c’était grand comme une suite royale? J’ose à peine imaginer la grandeur de la chambre standard. Pas le temps de niaiser, on garroche nos valises sur le lit et on part à la conquête de la ville la plus peuplée et la plus polluée du mon-de. Petite ballade dans les quartiers Roma et Condesa, maisons de style espagnol et architecture art déco, rues bordées d’arbres, trottoirs immaculés, à peine un papier de gomme ou un butch de cigarette, pour une ville de 25 millions d’habitants, on ne cessera d’être étonnées de la propreté qui règne ici. Un arrêt au Parco Mexico pour admirer les familles qui promènent leur trollée de chicos et envier les
jeunes qui s’embrassent sous les palmiers. Des ma-riachis jouent un air mexicain pendant que des couples virevoltent au son de la musique. Première dose d’exotisme, je suis conquise. On vient à peine d’arriver et on est déjà sous le charme.

De retour dans notre quartier, la Zona Rosa, zone touristique et quartier gai, on fait comme tous les Mexicains un dimanche en fin d’après-midi, on prend le temps de vivre et on sirote une bonne Sol Clamato en zieutant la faune de la rue Genova, célèbre rue piétonne du quartier. Après un délicieux repas « a la mexicana » la fatigue nous ramène à l’hôtel où on constate que la vue splendide sur les immeubles de la ville vaut bien les 5 mètres carrés de notre chambre. Le lit est ferme comme un torse de gosseux de noix de coco, je m’enfonce la tête dans les oreillers et je rêve de gros piments jalapenos.

Le lendemain, c’est direction centre historique.
On avale un déjeuner typiquement mexicain, jus d’orange Tang, œufs brouillés noyés dans une mare de sauce piquante, accompagnés de frijoles ( compote de fèves noires ) et de café instantané. J’sens que j’vais m’ennuyer du beurre de peanuts même si je n’en mange jamais! Pour se rendre dans le Centro, il faut prendre le métro. Quelle bonne idée on a eue de se mêler au peuple un lundi matin à l’heure de pointe! Vous connaissez l’histoire des 22 clowns entassés dans une Volkswagen? Imaginez 300 Mexicains et 2 Québécoises en sueur dans un wagon surchauffé. Et comme si c’était pas assez souffrant, il faudra ajouter des dizaines de vendeurs de cochonneries qui embarquent à chaque station. Jusqu’à notre destination, on s’est fait proposer: de la gomme, des crayons, du scotch tape, des barrettes, des ensembles de couture, des DVD (avec extraits musicaux joués à tue-tête), des livres de yoga, des balles de ping-pong, des macarons d’Angry Birds (plus populaires qu’Hello Kitty), des bouteilles de cutex et j’en passe, et toujours au même prix très avantageux de 10 pesos, c’est-à-dire, moins de 1 $. Pas besoin de vous dire que l’acheteuse compulsive s’est ramassée avec une valise pleine de trucs inutiles qui dorment déjà dans le fond de mes tiroirs.

Dans le centre historique, on retrouve les monuments les plus célèbres de la ville. On commence par le museo mural de Diego Riviera où on admire le chef-d’œuvre du maître mexicain au son d’un concert de piano. On traverse le parc de l’Alameda et on aboutit devant le somptueux Palacio de Bellas Artes, un mélange harmonieux d’art déco et d’art nouveau. On bifurque à droite pour atteindre l’impressionnant Correo Mayor ( le bureau de poste le plus prestigieux au monde ). On marche à travers des dédales de petites rues pour se rendre jusqu’à la grandiose Catedral Metropolitana de l’Asunción de María située sur l’immense place Zocalo où niche aussi l’imposant Palacio Nacional. On fait demi-tour, on ramasse un taco à 1 $ en passant et on finit notre périple en allant boire une autre Sol Clamato, tout en haut de la Torre latino americana où on fait des « oh » et des « ah » en admirant la vue débile sur la ville.

Me semble qu’un peu de magasinage m’aiderait à digérer toutes ces merveilles que je viens de voir. Ah ben r’garde donc si c’est pratique, y’a une rue piétonne pleine de magasins qui commence juste au pied de la tour ! 4 sacs ben pleins plus tard, je suis de retour dans ma chambre à faire un défilé de mode devant ma sœur qui est exaspérée par mes gloussements d’adolescente survoltée. Ce soir-là, on soupera à la célèbre Casa de Tono, la cantine mexicaine où on sert le meilleur pozole en ville. Une savoureuse soupe de tortillas, de viande, d’avocat, de mais, de pois chiches et de piments jalapenos. Un mélange explosif qui troublera quelque peu mon sommeil. Un mouton, prout, deux moutons, prout, trois moutons, prout… Les jours qui suivront ne cesseront de nous ravir et de nous enchanter. Nous passerons une journée entière à déambuler au Parc Chapultepec pour y admirer son beau château, nous irons nous recueillir sur le monument de Los Ninos , nous mangerons encore des tacos à 1 $ et nous visiterons le Museo de Antropologia qui peut se vanter d’avoir la plus belle collection d’art ancien mexicain depuis les Mayas jusqu’aux Aztèques. On se risquera dans le quartier chic de Polenco pour constater que c’est aussi plate que tous les quartiers chics de la planète. Pas d’âme, pas d’ambiance et juste des m’as-tu-vu qui s’ennuient.

On ira voir une des merveilles du monde moderne, les pyramides de Teotihuacan, magnanimes, à couper le souffle et à brailler sa vie tellement c’est beau une fois rendue sur le top de la pyramide du Soleil. On ira faire un tour de pirogue à Xochimisco. L’attrape-touriste de notre voyage qui ne valait pas la ride à 30 $ chacun ( oui amis mexicains, on s’est fait arnaquer ) sur un canal d’égouts pour aller voir une serre de fleurs et se faire casser les oreilles par des mariachis qui nous ont chanté « I Just call to Say I Love You » dans un anglais de la Plaza St-Hubert. On risquera notre vie sur une passerelle suspendue au-dessus de l’autoroute pour se rendre au parc d’attractions La Feria où on constatera après avoir acheté le passeport tout compris, que la moitié des manèges seront fermés ou en train de briser sous nos yeux et où Nicole se pètera le coccyx dans les montagnes russes en bois, le genou dans les auto-tamponneuses, recevra le ballon sur la tête pendant le show des dauphins et sortira trempe à lavette des troncs ( la version mexicaine de la Pitoune ). Que de plaisir et d’agréments ! On termi-nera cette semaine mémorable dans un autobus touristique à parcourir les 4 coins de la ville pour voir tout ce qu’on n’a pas réussi à voir en une semaine, comme le très beau Museo Soumaya, la maison de Frida Kahlo, la statue de l’Angel de la Independencia, les 300 autres statues qui trônent un peu partout en ville, les milliers de petits autels fleuris dédiés à Marie ou à Jésus dressés sur les trottoirs à la grandeur de la ville et les 7825 marchés d’artisanats et de bébelles pour chercher un osti de poncho mexicain pour Nicole qui finira par s’acheter un j-string en forme de piment jalapeno ! Plus chic que ça, tu chantes en bobettes au karaoké du Stud !

Et les bars, Mado, tes lecteurs veulent savoir si c’est l’fun de sortir à Mexico City? Je n’irais pas jusqu’à dire le fun, mais si on sait où aller, on ne s’ennuie pas, et ce, même si j’ai détesté l’endroit qu’on m’avait décrit comme la place hot. Le Tom’s leather bar et sa clientèle endormie, sa mauvaise musique et son danseur nu pas beau du tout qui se shakait le chorizo à 200 tours à la seconde sur de la techno des années 90. Par contre, je dois dire que son entrée sur scène sur la vidéo de All that Jazz et sa finale sur la scène de douche de Psycho ajoutaient un p’tit je-ne-sais-quoi à sa pathétique performance. Comme toute drag queen qui se respecte, je suis allée au Cabaret Tito pour constater qu’on a les meilleures drags queens au monde à Montréal et que même si la bière au litre ne coûtait que 4 $, je ne vois pas l’intérêt de m’ennuyer dans un bar rempli de truckeuses qui commandent leurs bières à la caisse ! Comme je préfère mon poil sur un torse masculin, nous nous sommes dirigées vers le bar de Bears, « Nicho », qui comptait autant de Bears au pouce carré qu’il y a de femmes dans une synagogue.

Jamais deux sans trois, il a fallu attendre le quatriè-me bar pour vraiment trouver la place qui corres-pondait le plus à notre style décontracté et bon vi- vant. Notre lieu de prédilection s’appelait : El Almacen / El Taller, deux bars dans un dont l’un accessible par les toilettes de l’autre. Oui, pendant que tu pisses à l’urinoir ( ça m’arrive parfois ) tu te fais bousculer par du monde qui descend l’escalier pour s’engouffrer dans un endroit sombre où les spectacles de sexe en direct n’ont rien à envier aux p’tites danses à 20 $ de nos clubs de danseurs. On est remontées avant que ça shoote, je n’avais pas envie d’abîmer ma dernière blouse propre. Et c’est au son des plus grands succès mexicains des années 80 que la clientèle chantait en chœur que s’est conclue notre odyssée à Mexico City. Oh que oui mes chéris, j’ai fait un « taco » de beau voyage et oh que si amigos mexicanos, je reviendrai à Mexico City. Mexico,
Mexiiiiiiiico !

 
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Anciens commentaires

  • C'est la prémier fois que je lis la chronique de monsieur Mado Lamote, et j'était interesé car j'était mexicain, et oh grand surprise, c'est fantastique, prémierement la connaisance de la ville du México c'est suprentant la gros capacité de s'aventurer dans un dizaine des quartiers dans une ville si grand que la ville du México D.F., et deuxiéme, le drole la façon super drole de raconter l'histoire de cette visite à la ville de Mexico, vraiemtn M. Mado m'ai fait rire beaucoup. Publié le 27/03/2013
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  • C'est la prémier fois que je lis la chronique de monsieur Mado Lamote, et j'était interesé car j'était mexicain, et oh grand surprise, c'est fantastique, prémierement la connaisance de la ville du México c'est suprentant la gros capacité de s'aventurer dans un dizaine des quartiers dans une ville si grand que la ville du México D.F., et deuxiéme, le drole la façon super drole de raconter l'histoire de cette visite à la ville de Mexico, vraiemtn M. Mado m'ai fait rire beaucoup. Publié le 27/03/2013