Journée mondiale du sida

Donald Careau ou mettre un visage sur le VIH

Olivier Poulin
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À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida 2012, des personnes vivant avec le VIH ont pris l’affiche pour la campagne « C’est le sida qu’il faut exclure, pas les séropositifs». Parmi les cinq personnes ayant témoigné se trouve Donald Careau, président du Mouvement d’information et d’entraide dans la lutte contre le VIH-sida (MIELS) de Québec. Chanteur autodidacte moustachu, il tient à rappeler qu’au-delà du VIH, les personnes séropositives sont comme tout un chacun, avec des intérêts, des aptitudes et des talents. Rien ne les empêche d’avoir une vie bien remplie et de contribuer activement à la société, sauf les préjugés. Retraité de la fonction publique, Donald Careau a 59 ans et habite le quartier Saint-Jean-Baptiste. Il est en couple avec un homme séronégatif depuis 23 ans. Diagnostiqué en 1984, il n’a pris aucune médication pendant 12 ans jusqu’à ce que son système immunitaire exige une trithérapie en 1996. Dès le début, sa famille et ses proches lui ont apporté leur soutien. « Certains personnes ont pris leurs distances. Le VIH a fait le ménage dans ma vie. Les vrais amis sont restés » explique celui qui a senti qu’il n’était plus le bienvenu au travail après un congé de maladie de deux ans dû à sa séropo-sitivité. « On m’a clairement fait comprendre que je n’avais plus ma place.» C’est juste- ment pour mettre un visage sur le VIH et sur la discrimination envers les personnes séropositives que Donald Careau a accepté de participer à cette campagne. « Je ne suis pas fier d’avoir le VIH, mais je n’en ai pas honte non plus. Je prends la parole publiquement pour favoriser le dialogue et briser les tabous. En fait, si j’avais un seul message, ce serait "Allez vous faire dépister" ». Rappelons que 25% des personnes séropositives au Canada ignorent qu’elles le sont, ce qui représente de graves risques de transmission du VIH.

Les médecins donnaient deux ans à vivre à Donald Careau en 1984. Près de 30 ans plus tard, il apprécie que le VIH dorme un peu plus longtemps chaque jour. Ce grand blagueur pince-sans-rire voit plus que jamais la vie comme un don. Il aime tourner les travers de l’existence en dérision et il utilise souvent le rire pour dédramatiser une situation tendue. Épicurien assumé, Donald Careau prend plaisir, entre autres, à chanter, à voyager et à boire du bon vin. « Tant que t’es pas mort, t’es vivant. Pour le temps qu’il me reste, je veux aimer et être aimé » explique celui qui offrira prochainement un récital au profit du MIELS-Québec. Jadis placier au Grand Théâtre, l’artiste en sera à son second tour de chant à la salle Octave-Crémazie puisqu’il s’est offert le même cadeau pour ses 50 ans en 2002. Il a également été de la première Fête Arc-en-ciel de Québec au kiosque Edwin-Bélanger des Plaines d’Abraham en 1996. Vous aimez Dalida, Brel, Piaf, Ferrat et les autres classiques de la chanson française? Les billets pour le spectacle du «placier chantant» le 3 juin au Grand Théâtre sont en vente au coût de 28$ sur le réseau Billetech.