Brandon Jones

Une vedette bien de chez nous

Olivier Gagnon
Commentaires

L’équipe du Fugues s’est récemment entretenue avec la vedette porno Brandon Jones, un Québécois bien de chez nous qui fait actuellement sa place dans l’industrie du divertissement pour adultes. Le jeune homme, ouvert et honnête, se livre à vous, mais sous un tout autre angle que vous pourriez être habitués à le voir !

Tout d’abord, comment on devient pornstar ? Quel a été ton déclic personnel?

Depuis la toute première fois où j’ai vu une vidéo porno au début de mon adolescence, c’est un métier que j’ai toujours voulu faire. C’est un désir que j’ai toujours eu en moi, mais les relations amoureuses que j’ai vécues jusqu’à mes 25 ans ne m’ont jamais mené vers ça. Cela s’est concrétisé lorsque j’ai rencontré Adrian Long (une autre vedette québécoise de la porno), puisqu’il était d’abord intéressé par cette industrie et à l’ouverture que cela impliquait. La vie m’a envoyé un signe et je me suis lancé, tout simplement !

Ton intérêt était assez clair. Mais quelle est la motivation derrière tout ça?

Personnellement, c’est mon côté exhibitionniste. Et je dois avouer que, quand je regardais de la porno, j’aimais la sexualité que les gens dégageaient. Ces moments sont planifiés et dirigés, mais au fond, il n’y a rien de plus vrai que deux personnes qui baisent ensemble. Je me décris comme un gars très intègre et très à l’aise avec mon corps et moi-même, j’avais le goût de vivre ça à fond.



Par le passé, on t’a souvent vu dans le Village, principalement au Sky, et les gens te connaissent. Comment vis-tu avec le fait d’être reconnu comme pornstar ?

Je ne suis pas du tout gêné de ce que je fais. Mes parents et ma famille sont au courant, et ils m’encouragent puisqu’ils savent que cela me passionne. Je ne suis jamais gêné d’en parler et de dire avec honnêteté ce que je fais dans la vie. Mes amis, de leur côté, avaient senti depuis longtemps cette passion et ils ont été bien heureux d’apprendre que je vivais enfin mon rêve. Cependant, c’est parfois plus difficile avec les gars, qui sont souvent intimidés et qui croient à tort que je ne veux pas fréquenter des gens «normaux». Bien que je sois une vedette porno, je suis malgré tout un gars bien normal, qui vit simplement sa sexualité au vu et su de tous.

Peux-tu me parler un peu des tournages ? Comment cela se passe-t-il ?

Tourner un film, c’est un peu comme tourner un clip. Il y a des séquences, c’est un véritable travail d’équipe. Dans les faits, on ne peut pas définir cela comme de la sexualité, mais plutôt comme une performance. Tout est une question d’angles, de la bonne position, d’amener quelque chose de différent et d’intéressant à l’écran… Le plus important est de se laisser aller, sinon le feeling ne réussit pas à traverser l’écran. Et il faut surtout se créer une bulle puisque cinq ou six personnes sont autour de toi pour te donner des conseils et s’assurer que tout va bien, que ca passera bien à l’écran! Et si jamais la chimie est bonne avec les autres acteurs, pourquoi ne pas continuer le plaisir une fois la caméra arrêtée!


Selon toi, quels sont les facteurs qui permettent à un jeune acteur de percer l’industrie ?

Comme je tourne souvent à Londres et en Californie, j’ai réalisé que le fait que je sois Québécois représente quelque chose d’exotique. De plus, je suis facile d’approche avec mes fans et je me fais un devoir de répondre à mes courriels et mes tweets. Je crois que les gens qui sont dans le métier que pour l’argent ne prennent pas le temps d’entretenir leur relation avec leurs fans, et c’est ce qui les conduit vers une courte carrière.

Tu as été longtemps en couple avec Adrian Long. Du point de vue professionnel, qu’en retires-tu ?

Malheureusement, il n’est pas nécessairement facile d’être en couple avec une autre vedette porno. Nous avons vécu de la jalousie professionnelle (différents castings amenant une inégalité de tournages, etc.) et comme je travaillais souvent avec lui, ça mélangeait les trucs et ce n’était pas très sain. Comme on dit, il est rarement bon de mélanger amour et travail. Cependant, le fait d’être en couple nous a donné beaucoup de visibilité, puisque les fans sont friands de ce genre de relations. Il y en a peu dans l’industrie, et c’est clair que ça attire les gens de savoir que nous avons le même genre de relation en dehors des tournages.

Les maisons de production misent sur l’exclusivité de leurs acteurs, sur des fantasmes, mais aussi de plus en plus sur le sexe non protégé. Qu’en penses-tu ?

Pour ma part, il est certain que je ne jouerai jamais dans un film bareback. J’ai de la difficulté à concevoir ce type de films, qui font la promotion d’un mouvement complètement aberrant, autant dans la porno que dans la vraie vie. C’est certain que ce type de tournage est plus payant, mais il est beaucoup plus à risque. Par ailleurs, comme je veux une carrière à long terme, je préfère ne pas me coller à cette étiquette – le milieu est si petit, les réputations se créent rapidement.

En résumé, comment pourrais-tu décrire ton expérience dans l’industrie du porno ?

J’adore ce que je fais, c’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. C’est une expérience incroyable, je voyage, je rencontre des gens, je m’amuse. Je ne veux juste pas que ça arrête, et pour le moment, je désire continuer à tourner autant que les gens voudront bien me regarder.

En terminant, que devrions-nous surveiller pour 2013 ?

Depuis un an, je produis des films à Montréal pour le compte de Lucas Entertainment. Nous avons déjà produit sept films (NDLR: une scène du film Dick Hungry a d’ailleurs été tournée dans les bureaux de Fugues cet automne), et nous voulons faire connaître des gars et des coins de Montréal, à notre façon. Je continuerai moi aussi à tourner dans des productions, et je travaille actuellement sur un site Web personnel qui devrait être en ligne au cours de l’année. Je ne vous en dis pas plus, mais le concept devrait être assez original!