La fin du Monde...

Mado Lamotte
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Photo prise par © Robert Laliberté
Y paraît que c’est la fin du monde le 21 décembre ? J’espère que vous avez un bunker rempli de cannes de bines dans votre sous-sol. Ça fait combien de fois qu’on nous prédit la fin du monde? Une, deux, trois, douze fois? Comme dirait la p’tite madame de Bell quand chu toute mêlée dans les services informatisés : « J’attends toujours! ». Mais si je regarde derrière nous l’année qui s’achève, je pense que la fin d’un certain monde a quand même eu lieu. On se doutait tous que le monde politique était un tant soit peu corrompu, mais à ce point-là? Les bras m’en tombent et mon dentier avec ! J’aurais jamais cru qu’on pouvait se faire fourrer aussi creux sans qu’on sente rien!

Enveloppes brunes par ci, pots-de-vin par là, voyages de luxe payés à nos frais, tours de yacht à l’italienne, loges VIP à la Dion et tout ce qu’on ne sait pas encore. Bout de viarge, c’est donc ben payant l’industrie du trottoir ! Moi qui étais si créative avec mon jeu de Mécano quand j’étais jeune, j’aurais donc dû me lancer dans la construction. Descendante de famille italienne, j’avais déjà la moitié du chemin de fait! Qu’est-ce qu’il avait d’affaires aussi à être fleuriste mon grand-père sicilien! Une petite entreprise de ciment ça te tentait pas il nonno? Ça coule si bien dans le fond d’un fleuve un bloc de stucco
attaché aux pieds d’un humble citoyen.

Non, ne vous méprenez pas, je ne souhaite pas de malheur à person-ne. Et surtout pas à ceux qui nous ont fait payer le double et le triple de la valeur réelle des contrats frauduleux octroyés par nos élus à des mafieux sans scrupules. Mais disons que c’est une chance inouïe que je sois de nature pacifiste et bonasse, car ça fait longtemps que je serais allée lancer une couple de tartes à la face de ces vauriens qui
ont abusé de notre confiance et de notre ignorance depuis aussi longtemps que j’ai l’âge légal de me faire baiser.

Mais il n’y a pas eu que le béton qui nous est tombé sur la tête en 2012. On a quand même connu notre première révolution populaire, notre printemps érable, qui nous a permis de voir à quel point notre jeunesse n’est pas aussi blasée qu’on le croyait, du côté rouge comme du côté vert.

L’engagement politique de cette belle jeunesse est, à mon avis, le plus beau message d’espoir en ce début de Nouveau Monde depuis le «Vive le Québec libre» de De Gaulle et le Agadou de Patrick Zabé. Maintenant c’est au tour des Canadiens anglais de faire le ménage qui s’impose.

Ouen ben, j’ai comme l’impression que ce ne sont pas les sujets qui vont manquer au Bye Bye cette année. Corruption, révolution, élections, démissions, commission, intimidation et agression (mange tes brocolis sinon j’appelle la matricule 728). Et je ne veux même pas penser au nombre de fois à la minute où on entendra tourner la musique insipide du Gangnam Style qui nous a prouvé une fois de plus que l’être humain est à la base un animal pas toujours doté de l’intelligence qu’on lui attribue.

Quand je pense qu’il y a des politiciens qui passent leur vie à chercher toutes sortes de façons stratégiques d’abrutir la masse! Qui eut cru que ça prendrait juste un gros Coréen qui fait du cheval invisible déguisé en ananas disco pour faire capoter la planète! Qu’est-ce qu’un producteur québécois attend pour faire remixer Ma colombe est blessée ? Y’a de l’argent à faire
là c’est certain!

Finalement, elle serait bienve-nue cette fin du monde si ce
n’était que pour remettre les pendules à zéro et tenter de revoir tout le répertoire musical de la planète. Dans le Nouveau Monde, exit les grosses truies vulgaires comme Nikki Minaj qui s’improvisent chanteuses et ciao les DJs imbus d’eux-mêmes comme David Guetta qui s’autoproclament dieux du dancefloor. Je sais que c’est gratuit
et méchant comme remarque, mais parfois ça fait du bien de se vider les couilles.

Mais allez oust Mado la pas fine, on nage en plein temps des fêtes, il faut essayer d’être gentille ma chérie. Ok d’abord, je fais un effort et j’embarque dans le Nouveau Monde en restant positive. Après tout, la nouvelle année s’annonce déjà plus rose que la dernière. Pourquoi je dis ça alors que je ne sais rien de ce que le futur nous réserve? Parce que Jean Charest a pris sa retraite et parce que je regarde ce qui s’est passé dernièrement et ce qui arrivera bientôt et je dis : « hop la vie! ».

Je pense, par exemple, à la réélection d’Obama qui nous a évité la catastrophe d’avoir un allié de droite pour supporter la politique rétrograde de Stupid Harper.

Et je compte bien examiner de près la gouvernance de la première femme première ministre au Québec, qui dirige quand même un gouvernement minoritaire, ce qui permettra un peu plus de compromis et de consensus, je l’espère.

Je me réjouis de la démission de Gérald Tremblay (osti qu’y’était temps!) qui, malgré sa sympathique tête de citrouille, aura été un des pires maires de notre jeune histoire et en même temps, je fraternise avec les gens de Laval qui auront dû subir toutes ces années de corruption d’un maire qui semblait avoir tellement d’argent à blanchir qu’il le flushait dans les toilettes.

Sur un autre sujet, j’applaudis debout la réouverture du Ritz Carlton qui permettra aux jeunes bourgeoises d’allaiter élégamment leur enfant en robe de paillettes accotées au bar.

Et quand je porte mon regard au loin dans le temps, je rêve aux 120 jours qu’il reste avant le printemps et à la sortie du prochain film de Pedro Almodovar.

Théâtralement parlant, j’anticipe avec beaucoup d’excitation la version musicale de Ste-Carmen de la Main mise en scène par le brillant René-Richard Cyr et je trépigne de joie à l’idée de retrouver mon siège réservé à la prochaine production de l’Opéra de Montréal.

Même si je passe mon temps à dire que je ne regarde pas la télévision, je ne me peux plus d’attendre impatiemment la prochaine saison de Downtown Abbey mais, n’en déplaise à Nana, je ne me soucie guère de la venue en ce monde du premier bébé de Kate et Williams. D’ailleurs, comment pourrais-je m’intéresser à la
royauté alors que je suis Dieu!

Et dans un tout autre ordre d’idée, je voudrais bien dire que je
rayonne de voir que la saison de hockey n’aura probablement pas lieu, mais je me garde une p’tite gêne pour ne pas me faire assommer à coups de sacoche par ma sœur Nicole qui porte le deuil depuis le mois de septembre.

Du côté professionnel, je suis aussi excitée qu’une adolescente qui mouille sa culotte après son premier french kiss alors que j’honorerai de ma présence la première émission de janvier de Belle et Bum. Et je ne sais pas si je vais survivre au stress que provoquera le gros spectacle de mes 25 ans de carrière prévu à la St-Valentin au Métropolis.

Mais surtout, j’exalte en pensant au grand bonheur qui m’habitera encore dans la prochaine année quand viendra le temps de vous raconter mes prochains voyages aux quatre coins de la planète, ma plus grande source d’inspiration et ma raison de vivre! Qui a dit que l’année qui s’en vient serait aussi plate que celle qu’on vient de terminer ? Pis dire qu’on est juste au début et que je n’ai aucune espèce d’idée des mille et une surprises que l’année me réserve. Aaargh, où est Jojo Savard quand on a besoin de tout savoir?

Sur ce, mes touts p’tits, je vous souhaite une année 2013 remplie d’amour et d’amitié (oui, oui, chu capable d’être quétaine moi itou), de rêves, de folies (ça, c’est ce que je vous souhaite le plus), de projets, de voyages, de nouvelles rencontres, de sexe endiablé à deux, à plusieurs ou avec vous-même, mais surtout, je nous souhaite la paix, l’harmonie et le bonheur éternel (s’ti que j’fais matante des fois!). Joyeuse fin du monde !


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