Traitements

Des spécialistes au chevet des patients co-infectés par le VIH et l'hépatite C

Hervé Dumouchel
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Des spécialistes se sont penchés jeudi et vendredi à Marseille sur la situation des personnes atteintes à la fois par le VIH et l'hépatite C, une «co-infection» qui représente une importante cause de mortalité chez les séropositifs et complique fortement leur prise en charge.

«Sur les 130.000 personnes infectées par le VIH en France, 24% ont l'hépatite C», explique le Pr Gilles Pialoux, vice-président de la Société Française de Lutte contre le Sida, qui tenait son XIIIe congrès dans la cité phocéenne.

Cette prévalence est surtout très forte chez les séropositifs usagers de drogues injectables - elle atteint alors 90%. Toutefois, les médecins notent l'émergence de nouvelles pratiques à risque chez les homosexuels hommes, comme le «slam», qui consiste à s'injecter plusieurs drogues dans un but de performance sexuelle.

En France, l'hépatite C représente la troisième cause de mortalité chez les personnes infectées par le VIH. Dans leur prise en charge des patients co-infectés, les médecins doivent anticiper les interactions entre les médicaments antirétroviraux et le traitement de l'hépatite C.

«On vit au rythme des prises médicamenteuses, cela demande beaucoup de rigueur», témoigne Marie, qui a contracté une leucémie à l'âge de 9 ans et a été atteinte par le VIH et l'hépatite C à la suite d'une transfusion. Aujourd'hui âgée de 39 ans, cette frêle jeune femme décrit la prise d'«une vingtaine de cachets par jour» et l'état d'«épuisement total» dans lequel elle se trouve. «Le patient doit savoir que pendant le traitement, sa vie ne lui appartient plus», conclut-elle.

«J'ai foutu un an et demi de ma vie en l'air à cause de cette fatigue intense», commente un jeune homme, lui aussi séropositif et atteint par l'hépatite C. «Le rêve ce serait d'avoir une structure unique où on aurait tout sous la main», ajoute-t-il.

Les débats de la SFLS portaient d'ailleurs en grande partie sur la nécessité de coordonner le travail des différents acteurs de la prise en charge de ces malades - médecins infectiologues et hépatologues, infirmières, assistantes sociales, psychologues...

«Le médecin infectiologue et le médecin hépatologue peuvent parfois recevoir le patient ensemble, dans le même bureau, avant de lancer le traitement contre l'hépatite C», explique Caroline Casiglia, infirmière et présidente de l'association Le Tipi, qui œuvre à l'amélioration de la qualité de vie de malades du Sida et de l'hépatite C.

Elle souligne que les personnes souffrant de la co-infection VIH/hépatite C cumulent souvent de nombreuses difficultés: précarité, problèmes de logement, maladies mentales...

«Beaucoup de gens n'ont pas du tout accès aux soins et pour ceux qui y ont accès, les traitements sont lourds et complexes», complète le Pr Pialoux. Le vice-président de la SFLS se veut cependant optimiste. «Il y a au moins 25 molécules en cours de développement pour le traitement de l'hépatite C. On va assister à un changement de paradigme courant 2013», avec des traitements qui s'annoncent «très efficaces et très bien tolérés», insiste-t-il.

 

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Publié le 29 octobre 2012

par Hervé Dumouchel