Les nouveaux projets de L’Actuel

Mieux répondre à un besoin !

André-Constantin Passiour
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Au mois d’octobre, on célébrait déjà un an d’existence de la Cli-nique A ouverte par les Drs Réjean Thomas et Marc Steben dans le secteur proche du Vieux-Montréal. Si l’on voulait soigner une clientèle différente de celle du Village et du Quartier latin, plus hétérosexuelle, une bonne portion de la clientèle s’avère être gaie! Mais cela ne s’arrête pas là puisque, en un an, après la Clinique A, on inaugurait l’été passé L’Actuel Sur Rue, un centre d’information et de dépistage du VIH. La réponse semble être plus qu’à la hauteur des attentes… Voici donc une courte entrevue réalisée avec le Dr Réjean Thomas alors qu’il séjournait en Australie pour un congrès.


Pour ce qui est de la Clinique A, quelles sont les conclusions que l’on peut tirer de cette première année d'opération ? La réponse a-t-elle été bonne suite à l'implantation de la clinique dans ce secteur ?

En ce qui concerne la Clinique A située dans le Vieux-Montréal, il s’agit d'une clinique que j'ai décidé d'ouvrir parce que L'Actuel n'était plus capable de répondre aux besoins d'une certaine clientèle. L'Actuel priorise la clientèle séropositive et atteinte d’hepatite C, mais aussi la communauté gaie, les toxicomanes et personnes provenant de pays endémiques pour les raisons que ces clientèles sont plus à risque d’être infectées au VIH ou aux ITSS et ont plus de difficultés à trouver des soins adaptés. Alors depuis un bon moment, cela devenait difficile de répondre aux demandes des femmes et des hétérosexuels parce que nous sommes déjà débordés. Alors j'ai regroupé une équipe de médecins plus intéressés à ces problématiques. Il s’agit quand même d’une clinique de santé sexuelle. Mais avec je dirais une attention
particulière aux soins des femmes (VPH, cytologie, herpès, douleurs chroniques, etc.). Le Dr Marc Steben, bien connu comme étant un expert en santé sexuelle, est le directeur médical. Une jeune équipe de cinq médecins, deux infirmières et une sexologue complètent le groupe. Il y a aussi une demande importante des hommes hétérosexuels.

En ce sens, y a-t-il eu quelque chose qui vous surpris ou à laquelle vous ne vous attendiez pas ? Que pouvez-vous nous dire sur la clientèle ?

La clinique va vraiment bien et nous avons des personnes de toutes les régions car ces populations ont parfois moins de ressources spécia-lisées que d’autres en ce qui concerne les ITS. Je dois dire que j'ai été un peu surpris de voir qu’environ 20% de notre clientèle est composés de gais. Souvent, il s'agit de gais qui habitent ou travaillent dans le secteur ou de gais qui n'aiment pas fréquenter les cliniques comme L'Actuel dans le Village pour toutes sortes de raisons mais trouvent que c'est plus anonyme à la Clinique A.

Est-ce que cela vous permet de dégager des statistiques sur le VIH et d'autres ITSS ?

Il est trop tôt pour faire des statistiques, mais nous avons aussi dépistés des séropositifs et certains d’entre eux se font suivre là bas. C'est clair qu'il s’agit d'une clientèle différente mais en même temps [cela signifie] que le besoin était là.

Quant à l'Actuel sur Rue, quelle est la réponse du public, est-ce qu'on a déjà une idée du nombre de personnes qui s'y sont arrêtées ?


En ce qui concerne L'Actuel sur rue c'est la surprise totale comme ce centre répond à un besoin qui n'était pas comblé malgré le fait que d'autres ressources existent. Évidemment, les heures d'ouverture, l'accessibilité sur rue sans rendez-vous, en plein cœur du Village et le fait que ce soit avec un binôme d'accompagnement intervenant-infirmière, je crois que cela plaît beaucoup aux gens. L'accueil est chaleureux, les intervenants moins occupés que dans une clinique médicale et l'atmos-phère moins médicalisée. Les gens m'arrêtent sur la rue ou à la clini-que pour me dire merci et comment cette idée était visionnaire. Déjà, en moins de deux mois, nous avons reçu 500 personnes. Principalement pour des dépistages mais, à ma grande surprise, pour de l'info sur le vih, l 'hépatite C et les traitements. Les gens ont besoin de plus d'info que le permet un site web ou une visite médicale. Je vous reviendrai avec plus de statistiques plus tard. Il faut dire que nous recevons aussi beaucoup de personnes d’autres régions qui nous disent avoir peu d'accès aux services de dépistage dans leur coin. Je suis en congrès à Melbourne en Australie où j'ai visité des cliniques comme la nôtre et je dois avouer que nous faisons un bon travail à Montréal pour les soins aux personnes séropositives. Et le concept L'Actuel Sur Rue les impressionne vraiment. Ils n’ont rien de comparable ici.

Est-ce que son look urbain, moderne et design est justement attirant pour la clientèle du Village ou les visiteurs de l'extérieur du secteur?


En ce qui concerne le look urbain moderne – un design conceptualisé par Jonathan Lecavallier, ingenieur, en passant – on avait juste envie de participer à l'embellissement du Village. Et je crois que c'est réussi.

 

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Publié le 25 octobre 2012

par André-Constantin Passiour