Les droits civils LGBT

Toujours un enjeu lors des élections présidentielles américaines

Denis-Daniel Boullé
Commentaires

Obama s’est engagé lors de sa première campagne électorale à en finir avec les lois discriminatoires contre les LGBT. Au cours de son premier mandat, il a toujours réaffirmé sa volonté de donner une pleine reconnaissance légale aux gais et aux lesbiennes malgré l’opposition toujours aussi forte des Républicains. Un des principaux changements a été l’abolition du «Don’t ask, Don’t Tell», qui interdisait aux gais ou aux lesbien-nes, qui le disaient ouvertement, de porter l’uniforme de l’armée.

En lice pour un second mandat, Obama doit de nouveau faire face à tous les opposants à l’ouverture du mariage aux gais et aux lesbiennes. Même si au regard de tous les problèmes majeurs auxquels sont confrontés les États-Unis, une reprise économique difficile, un taux de chômage élevé, une pauvreté croissante, leur rôle toujours aussi contesté sur le plan international, les droits civils pour les LGBT pourraient être très secondaires, il n’en reste pas moins que ce dossier pèsera dans la balance au moment du choix du prochain président américain.

D’autant que les opposants au mariage homosexuel ont remporté 32 victoires sur 32 dans les référendums populaires (public votes) organisés, et que le candidat républicain, Mitt Romney a reçu des millions de dollars pour sa campagne provenant d’associations religieuses dont leur programme se résume à lutter contre les forces du mal, qui se matérialisent par l’avortement et les droits des homosexuels.

En fait, ce n’est pas tant sur le choix d’un programme économique mais sur le choix de valeurs que se jouera le prochain vote. En effet, les Républicains souhaitent que l’État soit moins intrusif et en appelle avant tout à la liberté individuelle fondée sur la religion et la famille comme seuls ciments de la société. Pour le reste, chacun est libre. C’est en se fondant sur les idéaux premiers du parti Républicain, que des activistes gais républicains ont tenté de faire entendre leur voix lors de la convention du parti républicain à Tampa en septembre dernier qui a officialisé la candidature de Mitt Romney. Pour les gais républicains, l’ouverture au mariage des gais et des lesbiennes ne dérogent pas aux valeurs défendues par le parti, bien au contraire. Peine perdue puisque la plateforme électorale prévoit de ne pas ouvrir le mariage aux gais et aux lesbiennes. Ainsi, Mitt Romney reste fidèle à ses partisans qui ont des positions extrêmement conservatrices sur toutes les questions sociétales.

Rien n’est joué encore pour novembre prochain, puisque si actuellement les états montre-raient une victoire de Barack Obama, de nombreux grands électeurs ne se sont pas encore prononcés publiquement sur leur choix. Le lobbysme étant un sport préféré de la politique américaine, et l’argent le nerf de la guerre, il est fort probable que ces deux facteurs compteront plus dans le résultat que la valeur ou les programmes politiques des deux candidats, à moins que, comme pour la précédente élection, les réseaux sociaux s’imposent et influencent les votes.

Mais même advenant une élection d’Obama, la question LGBT est tellement explosive que ce dernier devra avancer avec prudence, diplomatie et conviction. Mais après tout n’est-ce pas ce qu’on attend d’un président ?

 

  Envoyer cet article

Les droits civils LGBT

Toujours un enjeu lors des élections présidentielles américaines

En lice pour un second mandat, Obama doit de nouveau faire face à tous les opposants à l’ouverture d (...)

Publié le 23 octobre 2012

par Denis-Daniel Boullé