Jusqu’au 24 novembre

Terminus de Charmaine LeBlanc

Denis-Daniel Boullé
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Il y a huit ans, Charmaine LeBlanc créait en collaboration avec Alain Cadieux, Quarantaine, avec quatre comédiennes et danseuses. Une réflexion poétique et métaphorique sur le passage charnière dans la vie d’un être humain. Quatre ans plus tard, elle recidivait avec Quarantaine 4X4, poursuivant la même recherche mais entourée de quatre comédiens et danseurs. Cette année, c’est la fin de cette trilogie où hommes et femmes se retrouvent. Terminus s’inspire des deux précédents spectacles dans la forme, puisque Charmaine LeBlanc excelle dans le mélange des genres, à l’image de sa formation et de son expérience. Pour elle, la musique, l’image, le son, la lumière, sont tout aussi importants que la parole, le geste et le mouvement. Tout peut produire du sens, tout peut-être métaphore de notre condition et de notre intérieur. Terminus représente un aboutissement qui aura marqué aussi bien sa vie que celle des artistes engagés dans ce processus. « Très souvent, les artistes se protègent derrière un texte, derrière un personnage ou encore derrière les indications et directives d’un chorégraphe ou d’un metteur en scène et moi, je voulais au contraire qu’ils s’exposent, que cela viennent du plus profond d’eux-mêmes, et que l’on bâtisse un spectacle à partir de ce qu’ils auraient à dire ou à montrer », explique Charmaine LeBlanc en entrevue.

Il était donc important que du temps passe entre chaque volet de Quarantaine, pour que les changements et l’évolution de chacun puissent se faire entendre. «En fait, nous avons travaillé parfois ensemble, parfois seul, à partir d’improvisations, en utilisant la vidéo, mais c’est Charmaine qui doit prendre ce casse-tête et en faire une trame qui se tienne », ajoute Marc Béland. De ce fait, les comédiens se retrouveront tous ensemble pour la première fois, le soir de la première de Terminus. Pas d’inquiétude pour la maîtresse d’œuvre, metteure en scène, vidéaste, chorégraphe, qui a ramassé tous les morceaux du puzzle, créant ainsi comme un storyboard, confiante que la complicité qui l’unit depuis nombres d’années avec ses ami-e-s les unira dans une chimie parfaite sur scène.

Charmaine LeBlanc ne se lasse pas d’explorer l’âme humaine. « L’être humain me fascine toujours autant, sa complexité, et ici je voulais trouver ce qui touchait les comédiens, les artistes, qu’ils puissent dévoiler une part d’eux-mêmes qu’ils ne montrent jamais ou rarement, les amener sur un terrain connu d’eux seuls, mais qui toucheraient à l’universel une fois sur scène, et qui nous rejoindrait tous », avance la musicienne. Et bien qu’elle les connaisse, elle ne se lasse pas d’être surprise par leur créativité, leur inventivité. Une collaboration totale ose exprimer Marc Béland : « Chacun d’entre nous propose un voyage intime de soi-même, et donc est aussi responsable de cette création que les autres ou que Charmaine, ou que le compositeur, continue Marc Béland, c’est une façon de travailler presqu’artisanale ».

Terminus est un poème d’amour, où se mêlent le dépassement de soi, la vie, l’art et l’union au monde. Une œuvre complète en somme. Impossible alors pour ces multiples points de vue sur soi-même et sur les autres, il était évident qu’il fallait multiplier les supports, non par simple effet esthétique, mais par une nécessité qui les traverse et les habite tous. Pour Carol Prieur, Mathilde Monnard, Jane Mappin, Marc Daigle, Benoît Lachambre et bien entendu, Marc Béland, Terminus n’est pas seulement un point d’aboutissement, mais surtout d’accomplissement pour être au plus près de soi-même et par conséquence au plus près des autres.

Terminus Du 14 au 24 novembre. Ateliers Jean-Brillant, 661, rue Rose de Lima.
Billetterie : 514-871-2224 www. danse-cite.org