Fait divers

Le meurtrier de Carlos Castro plaide le délire passager

Étienne Dutil
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Renato Seabra, un jeune mannequin portugais, comparaît devant la justice pour le meurtre de son riche amant, début 2011. Le tueur avait conservé les testicules de sa victime comme un «talisman».

Depuis l'affaire Magnotta, au printemps dernier, on ne s'étonnait plus de rien. Mais voilà que refait surface, à la faveur d'un procès qui se tient à New York, une autre affaire sordide alliant démence, mutilation et rêve de célébrité. Sur le banc des accusés, un jeune apprenti mannequin de 21 ans, le Portugais Renato Seabra. La victime : son compagnon, âgé de 65 ans, l'auteur et chroniqueur Carlos Castro, une célébrité au Portugal.

L'après-midi du 7 janvier 2011, dans un hôtel de luxe de New York, Seabra avait étranglé le sexagénaire, lui fracassant le crâne avec un écran d'ordinateur et le rouant de coups, avant de lui découper les bourses à l'aide... d'un tire-bouchon. Le jeune homme avait été arrêté le lendemain. Selon le New York Daily News, sa première réaction avait été de s'exclamer: «Je ne suis plus gai!»



Cette étrange déclaration fournit la preuve, d'après la défense, que le jeune homme traversait un «épisode psychotique». Devant la Cour, son avocat a expliqué qu'après le crime, Seabra avait monté les testicules de sa victime dans deux bracelets qu'il portait à chaque poignet comme des talismans. «Il a fait ça pour sa protection», a-t-il ajouté. «Il pensait détenir un pouvoir. Il se promenait dans les rues de Manhattan en touchant les gens parce qu'il croyait avoir le pouvoir de les guérir du sida.» Seabra plaide non-coupable, affirmant avoir agi dans un état de délire passager.

L'accusation n'y croit pas une seconde. Elle souligne les rêves de grandeur de Seabra. «Il voulait être célèbre et faire de l'argent. Il convoitait de belles choses : des vêtements, des gadgets électroniques, des cadeaux pour sa famille. Il exigeait de manger dans des restaurants chic», a relevé la procureure Maxine Rosenthal. «Quand Castro est arrivé dans sa vie, Seabra l'a vu comme un moyen d'arriver à ses fins.» Qui plus est, les relations entre les deux hommes étaient orageuses durant leurs vacances à New York.

Originaire de Cantanhede, une bourgade proche de Coimbra (centre du pays), Seabra avait raté les sélections pour une téléréalité consacrée aux top modèles, au Portugal. Profitant de leur séjour à New York, Castro avait prévu d'y présenter Seabra à des agences de mannequinat, mais rien ne s'était concrétisé. Le sexagénaire se serait ensuite lassé des demandes extravagantes de son jeune amant... qui par ailleurs courait les filles.

Il venait de lui acheter un billet de retour anticipé pour le Portugal quand le drame s'est produit. Seabra doit comparaître ultérieurement devant un grand jury. Il risque la prison à perpétuité.

 

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Publié le 18 octobre 2012

par Étienne Dutil