Cabotins

Étienne Dutil
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Cabotins d'Alain DesRochers met en vedette Rémy Girard dans la peau d'un comédien et producteur de variétés qui tente de faire revivre, en 1985, la grande tradition du burlesque. À l'époque, l'UDA défendait à ses membres de travailler au Théâtre des variétés de Gilles Latulippe et le sida faisait ses premiers ravages à Montréal. Le film de Desrochers fait vibrer la corde sensible de la nostalgie, décidément bien vivante dans notre cinéma en nous nous proposant d’assister à deux histoires menées en parallèle, celle d’un théâtre populaire moribond qui tente de revivre et celle de Marcel (interprété par Rémy Girard, excellent), un «être humain discutable, mais osti de bon comédien», qui fut d’ailleurs très populaire durant la grande époque du burlesque et qui se retrouve aujourd’hui ruiné à cause de mauvais placements. Il n’a d’autre choix que de réunir sa troupe de vétérans, et de rouvrir sa vieille grange. Grâce à sa passion du théâtre burlesque, à quelques vieux chums peu rancuniers et à de nombreux raccourcis, Marcel parvient à refaire sa vie et à sauver son honneur.

Le scénario mise en outre sur le décalage entre deux époques, notamment à travers le regard d’une jeune actrice qui méprise le genre. Les relations filiales font aussi partie des thèmes abordés. L’aspect le plus intéressant du film se trouve toutefois dans la peinture du milieu et de l’époque. Certaines évocations sont d’ailleurs plus vraies que nature. Gilles Renaud est irrésistible en vieux crooner, tout comme Dorothée Berryman, en humoriste. Yves Jacques compose pour sa part un délicieux personnage de travesti, visiblement inspiré de Guilda.

Il est vrai que l’approche se révèle parfois un peu trop appuyée dès qu’on entre dans la sphère intime des protagonistes. Malgré tout, Cabotins reste un film éminemment sympathique, porté par d’excellents acteurs qui prennent plaisir à évoquer cette forme de divertissement relevant d’une autre époque. Même si les protagonistes de Cabotins font parfois rire gras sur scène, leurs déboires n’en restent pas moins bien réels dans les coulisses.

À partir du 18 octobre, à 21h, sur les ondes de OUTtv.
Une présentation du magazine Fugues.