Du 22 NOVEMBRE AU 2 DÉCEMBRE (Nouvelles dates)

IMAGE + NATION — Célébrer 25 ans d’images de nous-mêmes

Julie Vaillancourt
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Image+nation, le doyen des festivals de cinéma LGBT au Canada, célèbre cette année un quart de siècle de diffusion d’images homosexuelles de toutes sortes, du 22 novembre au 2 décembre. Ce sont plus que de simples vues animées qui se sont succédé d’année en année sur le grand écran du Festival, mais bien des sorties de l’ombre, des images de nous-mêmes, d’ici et d’ailleurs, qui ont fait avancer la représentation d’une communauté.

«La programmation que nous avons préparée à notre public pour notre 25e anniversaire est remarquable», précise d’entrée de jeu Charlie Boudreau, directrice générale du Festival. Et pour cause : les deux plus récents récipiendaires du prestigieux Teddy Award à la Berlinale seront sur les écrans d’image+nation : Keep The Lights On de Ira Sachs (invité au Festival), qui présente une honnête histoire d’amour entre deux hommes de New York à la fin des années 90, et Call Me Kuchu, un poignant documentaire de Katharine Fairfax Wright sur les droits bafoués des homosexuels en Ouganda (sacré meilleur documentaire aux derniers HotDocs).

Dans une thématique semblable, mentionnons Une dernière chance réa-lisé par Paul-Émile d’Entremont, qui présente des histoires de refugié(e)s LGBT venus s’établir au Canada. On verra aussi, Yossi, du réalisateur Eytan Fox, qui nous avait offert en 2003 Yossi & Jagger, l’histoire d’amour de deux soldats israéliens. De plus, notons A Perfect Ending de Nicole Conn, Unconditional de Bryn Higginsq et l’acclamé North Sea Texas, que le réalisateur Bavo Defurne était venu présenter l’an dernier à Montréal.

Aussi au programme : L'Âge atomique, I Want Your Love, Facing Mirrors, My Brother the Devil, Melting Away, My Best Day, Kiss Me sans oublier Bye Bye Blondie, réalisé par Virgine Despentes et mettant en vedette Emanuelle Béart, Béatrice Dalle et Pascal Gregory.

Parmi les quelques invités-surprises annoncés, notons la présence du réalisateur Matthew Mishory qui viendra présenter son tout nouveau film Joshua Tree 1951: A Portrait of James Dean. Un artisan de BearCity 2 : The Proposal sera du festival, pour mettre de l’avant la suite de cette populaire comédie qui fait la lumière sur la scène gaie bear new-yorkaise.

Les coups de cœur de Charlie? Bullhead, du Belge Michaël R. Roskam, Facing Mirrors (Iran) de Negar Azarbayjani, Joshua Tree 1951: A Portrait of James Dean de l’Étatsunien Mathew Mishory, Unconditional de Bryn Higginsq, Yossi de Eytan Fox, The Children of Srikandi, une co-production Allemagne-Indonésie réalisée par Anak-Anak Srikandi, et finalement l’acclamé Keep the Lights On d’Ira Sachs des États-Unis.

Outre la programmation régulière du Festival, certains événements spéciaux sont au menu. Les 1er, 8, 15 et 22 octobre, le Cabaret Mado sera l’hôte de soirées image+nation hebdomadaires : «Une façon de rendre hommage à la comédie musicale moderne, ce qui cadre tout à fait avec Mado», précise Charlie. Ainsi, les présentations de Flashdance, 20 centimeters, Priscilla, Queen of the desert et Hedwig and the Angry Inch permettront d’allier la populaire ambiance du cabaret aux comédies musicales cultes à thématiques queer. Ces soirées permettront de titiller les futurs spectateurs d’image+nation qui devront patienter jusqu’en novembre pour le Festival.

L’initiative vient s’ancrer dans un désir de visibilité plus large et étendu du Festival, explique Charlie : «Ça fait longtemps qu’on y pense, nous désirons avoir une présence plus permanente pendant l’année, au lieu d’avoir uniquement un festival annuel. C’est une formule que tout le monde choisit, un peu sans se questionner…Pourquoi ne pourrions-nous pas avoir des films gais plus que 10 jours par année?» C’est un concept que les organisatrices Charlie et Katharine désirent remettre en question : «Lorsqu’on a 25 ans, on se permet des choses diffé-rentes!» C’est une réflexion qui émerge d’un quart de siècle d’existence et «il ne faut pas hésiter à faire évoluer les idées», conclut Charlie. Ainsi, les organisatrices sont en pourparlers avec le Cinéma Beaubien, pour y organiser des événements dans l’année à venir, «puisque c’est un lieu différent, qui a une très belle philosophie du cinéma», appuie Charlie.



Même idée de partenariat avec la Cinémathèque québécoise, un lieu de diffusion unique au Québec. La diffusion en ces divers lieux, en plus d’événements sporadiques au Cabaret Mado, constituent les premiers pas vers une expansion progressive du Festival, et ce, à l’aide d’événements et de projections annuelles.

Dans un monde idéal, les organisatrices aspirent à diviser le Festival en deux (5 jours au printemps et 5 jours en automne), car «tous les festivals se chevauchent et il est de plus en plus difficile de trouver des dates qui ont du sens. Cette année, on a migré en novembre, car avoir un festival pendant l’Halloween n’est pas une bonne idée! Je ne pensais pas que l’Halloween était si populaire!», souligne Charlie à la blague.

Pour sa 25e année, le Festival logera, entres autres, du 15 au 25 novembre au Cinéma du Parc, un lieu culte montréalais pour le cinéma indépendant, qui offre «une complicité de salles et une ambiance qui rappelle Le Parisien dans le temps», selon les organisatrices, et qui convient ainsi tout à fait à la formule d’un Festival comme image+nation.



En 25 ans d’existence, le public et les problématiques évoluent nécessairement. L’une d’entre elles est le fait que «la notion du Festival attire moins les jeunes générations», explique Charlie, c'est-à-dire que l’idée collective du Festival semble moins interpeller la génération iPhone, qui pourra préférer regarder un film sur le Web. C’est une réalité actuelle, qui est d’ailleurs celle de tous les festivals, admet Charlie. Cela dit, image+nation veut non seulement encourager les jeunes à venir au festival, mais aussi à y diffuser leurs films. En ce sens, la section Generation Q demeure (comme toutes les autres sections spécifiques au Festival) : «Nous avons de plus en plus de soumissions de courts-métrages de la jeune génération montréalaise et c’est quelque chose que j’apprécie grandement! Nous voulons jouer un rôle dans le moteur de production des voix LGBT d’ici. Une façon de le faire est d’être un lieu de diffusion et de promotion pour les voix du Québec. Il existe un grand manque de productions que reflètent les réalités francophones particulières à cette culture, et nous tenons à mettre cette voix de l’avant ici et dans le monde», admet avec enthousiasme Charlie.



Des surprises? Les organisatrices du Festival vous en promettent beaucoup pour leur 25e anniversaire, et elles seront dévoilées sous peu. Pour rester à l’affut des surprises et du dévoilement du jury (qui présentera des personnalités de la scène montréalaise!), vous êtes invités à «aimer» la page d’image+nation sur Facebook, à appuyer notre Festival et à lire L’infolettre de Fugues.

 

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«La programmation que nous avons préparée à notre public pour notre 25e anniversaire est remarquable (...)

Publié le 26 septembre 2012

par Julie Vaillancourt