VIH/sida

Le vaccin anti-VIH RV144 montre une efficacité renforcée sur certains virus

Chantal Cyr
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Certains virus VIH dotés de 2 empreintes génétiques situées sur une zone de l’enveloppe externe du VIH, la région Env-V2, seraient plus sensibles au « nouveau vaccin » anti-VIH, le candidat-vaccin de « l’essai thaïlandais RV144 ». Ce virus, à double cible, vient d’être associé à une efficacité accrue de 80% du vaccin. Ces résultats publiés dans l'édition du 10 septembre de la revue Nature, confirment cette région du virus comme une cible privilégiée de vaccins anti-VIH.

«C'est la première fois que nous observons une pression au niveau génétique sur le virus lié à un vaccin contre le VIH», explique le Pr Morgane Rolland, chercheur du Military HIV Research Program (MHRP) et auteur principal de l'étude. Son analyse identifie en effet une réponse immunitaire induite par le vaccin sur deux sites d’une région, Env-V2, située sur l’enveloppe externe du VIH. Pour les virus porteurs de ces deux signatures particulières, l'efficacité du vaccin est augmentée de 80%. «Ces résultats confirment à la fois le résultat de l’essai RV144 et l'étude précédente, publiée dans le New England Medical Journal, en avril dernier, montrant que des anticorps dirigés vers la région V1V2 peuvent réduire le risque d'infection. L'ensemble de ces travaux suggère que la région Env-V2 pourrait être une cible essentielle pour de futurs vaccins contre le VIH», explique Jérôme Kim, coauteur de l'étude.

Les chercheurs ont examiné les séquences du génome du VIH prélevé sur 110 participants à l'essai thaïlandais RV144 et infectés ensuite par le VIH. Les résultats indiquent que les virus VIH qui ont infecté les participants aux essais sont différents chez les personnes ayant reçu le vaccin versus ceux ayant reçu le placebo. Les chercheurs avaient concentré leur recherche sur la partie V2 du virus VIH après l’étude publiée plus tôt dans le NEJM. Leur étude de séquençage génétique montre que les virus qui ont échappé aux réponses immunitaires liées au vaccin présentent des différences génétiques dans la région V2, ce qui suggère une pression exercée dans cette région par le vaccin.

Les virus VIH qui échappent « au vaccin » et parviennent à infecter le sujet présentent des empreintes génétiques, ou mutations, qui leur permettent de ne pas être reconnus par le système immunitaire. Ces empreintes génétiques peuvent être identifiées dans la séquence génétique du virus. L'équipe de recherche a ainsi séquencé plus d'un millier de virus pour identifier ces mutations. «Cette étude est un signe optimiste pour la recherche vaccinale VIH et représente des progrès substantiels dans la compréhension des contraintes de développement d’un vaccin plus efficace contre le VIH qui finira par mettre fin à cette pandémie, » conclut le directeur du MHRP.

 

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Publié le 25 septembre 2012

par Chantal Cyr