FORD

Le géant renaît de ses cendres

Denis-Daniel Boullé
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Avec la crise économique de 2008, certains ne donnaient pas cher de la survie des trois grands constructeurs américains. Si GM et Chrysler ont été au bord de la faillite, le président de Ford, Allan Mullaly, a anticipé la crise de liquidité et apporter des correctifs pour éviter la catastrophe. Aujourd’hui, Ford sort son épingle du jeu, et produit des véhicules qui témoignent de la vitalité du groupe.

Ainsi il s’est débarrassé de trois marques jugées peu rentables : Aston Martin, Jaguar et Land Rover. Enfin parmi de nombreuses autres mesures, Allan Mullaly a uniformisé la production de ses véhicules. Cette stratégie, appelée One Ford, consiste par exemple à ce qu’une Ford Fiesta distribuée en Europe soit exactement la même que celle distribuée en Amérique ou en Asie. Mais encore fallait-il sortir des années sombres avec de nouveaux modèles qui feraient pâlir la concurrence? Et un virage impressionnant a été négocié pour que les véhicules Ford n’aient plus rien à envier aux constructeurs japonais et coréens. Aujourd’hui, la gamme a été complètement redessinée et est équipée de motorisations qui jouent l’économie de carburant.

Nous avons eu le plaisir d’essayer pendant quinze jours trois des nouveaux modèles, la Fiesta, la Focus et le tout dernier Ford Escape pour se rendre compte de la métamorphose du constructeur. Une révolution plus qu’une évolution dans le petit monde de l’automobile. L’ancienne génération faisait sentir son âge malgré les retouches habituelles. Plus proche d’une camionnette à quatre roues motrices que d’un VUS, l’Escape a été un grand succès de la marque qui a toujours eu le tour pour faire des camions, même les plus petits. Le tout nouveau ne semble plus appartenir à la même famille, ses gènes sont complètement différents. La ligne s’inspire de ceux de la concurrence, et on a privilégié le confort aussi bien pour le conducteur que pour les passagers. On oublie la banquette arrière au dossier presqu’à angle droit qui rendait le moindre voyage inconfor-table. Le modèle essayé, l’Escape Titanium, se voulait la vitrine technologie de ce que peut contenir une voiture aujourd’hui. Parmi ce qui a retenu notre attention, la fonction de parking automatique. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour que la voiture évalue si l’espace est suffisant puis se positionne afin de se glisser sans que l’on ne touche au volant. On peut suivre la manœuvre sur l’écran de contrôle au centre de la console. Trouver la direction, régler la direction, écouter sa radio préférée ou changer la température intérieure, il suffit d’entrer en communication vocale avec l’ordinateur de bord. Et bien entendu une fois les réglages terminés, d’appeler sans lâcher le volant son chum. La liste est longue et demande une adaptation pour profiter de toutes ses facilités. Enfin, petite attention délicate, un point lumineux jaune apparaît dans les rétroviseurs extérieurs quand une autre voiture se trouve dans l’angle mort. Et au cas où n’auriez pas vu cet avertissement visuel, une alerte sonore se fait entendre si votre voiture se déporte trop vers le véhicule qui arrive en parallèle. Sympa et sécuritaire.

Le Ford Escape est proposé au choix avec trois motorisations. Un 2,5 litres pour la version de base à traction avant dotée d’une transmission à 6 rapports. Ce moteur a été amélioré pour amener la consommation d’essence à 6,3 L/100 en ville et moins de 10 L sur route. Les deux autres moteurs profitent de la technologie appelée Écoboost, avec injection directe de carburant, turbocompresseur et double distribution variable pour diminuer la consommation. Ces trois motorisations adoptent des quatre cylindres. Il n’y aura pas de V6, ni de version hybride comme pour l’ancienne génération.

Sur route, le Ford Escape soutient la circulation et est rarement pris au dépourvu. Mais n’essayez pas d’écraser la pédale d’accélérateur, un temps de réaction se fait sentir, ce qui peut nuire à la sécurité en cas d’urgence.

On retrouve ce même sentiment de sécurité au volant de la Fiesta et de la Focus. Le design intérieur est d’ailleurs très voisin dans les trois modèles. Un ordinateur central coiffe un panel de commandes différentes, tandis que les contrôles essentiels nichent derrière le volant, lisibles en tout temps. La multiplication des contrôles sur et autour du volant ne gênent pas la conduite comme c’est le cas dans d’autres véhicules. Selon la version essayée, on retrouve à peu près les mêmes technologies. Le Ford Escape bénéficiait du stationnement automatique. Efficace, sécuritaire et amusant quand le volant tourne tout seul. Cependant, la lenteur avec laquelle la manœuvre s’effectue en impatientera plus d’un, et surtout les conducteurs des véhicules qui vous suivront.

Et pour frapper fort, Ford affiche des prix qui se comparent à ceux des modèles coréens. Les versions les mieux équipées restent abordables. Le Ford Escape Titanium, le plus luxueux se détaille à un prix inférieur au plus petit des VUS allemands en version de base. Ford, redevient un joueur sérieux et devrait voir ses ventes exploser dans les années à venir.

 

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Ainsi il s’est débarrassé de trois marques jugées peu rentables : Aston Martin, Jaguar et Land Rover (...)

Publié le 04 septembre 2012

par Denis-Daniel Boullé