Ta douleur dans le cadre de Danse Cité, Du 18 au 29 septembre

Brigitte Haentjens fait danser

Denis-Daniel Boullé
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Que peut donner la rencontre entre des danseurs et une metteure en scène ? Partagent-ils la même lecture, l’une des mots, les autres du corps ? Faux problème aurait tendance à penser Francis Ducharme dont la formation l’a rompu à ces deux langages. Il y aurait, selon lui, aucune opposition, simplement la recherche de l’expression la plus juste des émotions.

Et puis, Brigitte Haentjens a suivi des cours sur le langage et l’expression du corps avant de devenir la metteure en scène que l’on connaît. Brigitte Haentjens n’en est pas à sa première chorégraphie même si elle se défend d’être chorégraphe : « Mon écriture du mouvement n’est pas celle d’une chorégraphe, et entre les danseurs et moi nous devons élaborer notre propre langue pour nous comprendre. Parfois, je ne peux exprimer ce que je souhaite qu’en esquissant moi-même le mouvement même si je ne suis pas une danseuse ». Brigitte Haentjens parle de son travail avec précaution, non pas par fausse humilité, mais parce que tout se passe entre les mouvements, entre les mots, dans les silences. La rigueur n’a pour fina-lité que l’exposition de la fragilité, d’un mince fil que l’on doit maintenir tendu et qui menace toujours de rompre. Cette conscience de n’être qu’une exploratrice des émotions et des sentiments ne cesse d’habiter Brigitte Haentjens. Anne Le Beau à l’origine du projet a choisi Brigitte Haentjens. Elles s’étaient rencontrées, et puis la chimie a fait le reste. Le contraste entre les deux femmes est saisissant, l’une toute en énergie, l’autre toute en nuance. Au milieu, Francis Ducharme, amusé. Pour lui, l’émotion doit s’exprimer dans sa forme presque primitive et se passer de discours.

Et c’est bien la rencontre de trois parcours différents, et peut-être de concevoir leur passion que Ta douleur se décline. Car au-delà de ces écarts qui les singularisent, il y a un terreau commun dont ils dessinent les contours chacun à leur manière. « J’aime travailler avec les danseurs, car c’est la création pure. Il n’y a pas de texte sur lequel s’appuyer. En fait, si j’écris, c’est après, car créer une chorégraphie c’est éviter la narration, mais en même temps il faut que cela fasse sens », précise Brigitte Heantjens. Elle apprécie sortir, pour employer une expression tendance, de sa zone de confort, le théâtre. « Impossible de s’asseoir autour d’une table pour parler de ce que l’on faire », précise Anne Le Beau, « c’est dans le mouvement que tout naît, et le travail intellectuel suit, ce qui est généralement le contraire avec un texte ».

Avec humour, Brigitte Haentjens précise que « dans ce travail, ce n’est ni le chorégraphe, ni les danseurs qui sont les vedettes, mais bien les trois ensemble qui participent à cette création. C’est moins le cas avec les comédiens même s’ils apportent aussi à la mise en scène, mais pas dans le processus de création, il n’y a plus de hiérarchie ».

Sur la scène du théâtre La Chapelle, Anne Le Beau et Francis Ducharme vont se confronter dans la haine et l’amour, la violence et la tendresse, sur la musique de Bernard Falaise et sous la lumière de Marc Pa-rent, à la recherche d’une improbable rencontre, et d’une sérénité encore moins probable, rappelant seulement que nous serions condamnés à nous aimer à défaut de nous détester.

 

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Publié le 31 août 2012

par Denis-Daniel Boullé