Lettre ouverte

Le VIH n’est pas un choix, mais la qualité de vie l’est

Dr Réjean Thomas
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Du 13 au 19 août, c’est la semaine de la Fierté gaie au Québec, un rassemblement international qui permet de célébrer les avancées au niveau juridique et social des droits de la communauté LGBT. Cet important événement est rendu possible grâce aux grands activistes qu’a connus le Québec et qui ont su faire avancer la cause des homosexuels.

Malgré ce portrait positif, cette communauté reste encore aujourd’hui en tête de liste des plus touchées par le VIH. Au Canada, plus de 58 000 * personnes vivent avec le VIH, et environ 51 % d’entre elles font partie de la communauté LGBT** . Au Québec seulement, on estime que 18 000 personnes vivent avec le VIH*** . Même si la prévalence reste importante dans cette communauté, le VIH ne connait pas de frontière et peut toucher tout le monde.

En tant que médecin côtoyant tous les jours des personnes vivant avec le VIH, je vois à quel point vivre avec l’infection est un défi quotidien. Et comme si vivre avec le VIH n’était pas suffisant, elles doivent composer avec la stigmatisation et les préjugés qui persistent, ainsi que les effets secondaires de leurs traitements.

La bonne nouvelle cependant c’est qu’au cours des 10 dernières années, les percées médicales dans le traitement du VIH nous permettent aujourd’hui d’offrir des options de traitement optimisées, avec moins d’effets secondaires et de toxicités à long terme. La perspective de vie des personnes vivant avec le VIH, que ce soit leur durée de vie ou encore la qualité, s’en est grandement améliorée.

Prenez l’initiative… vous n’avez pas à souffrir en silence
Malgré les avancées médicales, certaines personnes vivant avec le VIH croient toujours à tort que les effets secondaires font partie de leur lot quotidien et qu’elles doivent tout simplement apprendre à « vivre avec ». Mais ça ne devrait pas être le cas.

Loin d’être une communication à sens unique
La relation entre les professionnels de la santé et les patients va dans les deux sens. Si l’équipe soignante doit demeurer à l’affût des dernières découvertes en termes de traitements, les patients ont, eux, la responsabilité de poser des questions et de s’informer des options de traitements disponibles ayant moins d’effets secondaires. Vivre avec le VIH n’est pas un choix, mais décider comment on entend vivre le reste de sa vie l’est.

Pour un médecin, il est impossible d’offrir un traitement universel et chaque patient est unique. Même si le médecin traitant connaît l’historique médical de chaque personne vivant avec le VIH qu’il soigne, il ne peut deviner l’impact des effets secondaires des traitements pour chacun d’entre eux. Qui peut prétendre mieux connaître les répercussions et les réactions d’un traitement que celui qui en subit les conséquences quotidiennes? Il faut cesser de se taire ou de souffrir en silence et plutôt s’informer et profiter des options de traitements ayant moins d’effets secondaires aujourd’hui disponibles. Quand on pense que certaines personnes vivant avec le VIH vont jusqu’à modifier eux-mêmes la dose de leur traitement ou carrément à se priver de leur médication, et ainsi mettre leur vie en danger, pour éviter de subir les effets secondaires, on réalise qu’il est grand temps de rectifier les idées préconçues ou biaisées sur les traitements du VIH.

Beaucoup de choses restent à faire
Même si nous avons réalisé des progrès considérables en matière de traitements et dans la compréhension des besoins des personnes vivant avec le VIH, nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir. Actuellement, je collabore à la distribution d’un sondage mené auprès de personnes vivant avec le VIH avec l’espoir d’identifier les facteurs qui pourraient faciliter leur quotidien.

Pour celles qui aimeraient participer au sondage, vous pouvez le faire en appelant le 1-800-404-2464 ou en visitant le site internet de la clinique l’Actuel, au www.lactuel.com, ou celui de Léger Marketing, au www.legerweb.com/vih. Toutes les informations resteront strictement confidentielles.

Merci!


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* Agence de la santé publique du Canada, consulté le 1er août 2012; http://www.phac-aspc.gc.ca/aids-sida/populations-fra.php#pl
** CATIE, consulté le 1er août 2012 ; http://www.catie.ca/fr/feuillets-info/epidemiologie/epidemiologie-vih-chez-les-hommes-gais-autres-hommes-ayant-relations-se
*** Santé et Services sociaux, Québec, consulté le 1er août 2012 http://itss.gouv.qc.ca/?lg=fr#/itss/vih

 

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Publié le 09 août 2012

par Dr Réjean Thomas

   
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