VIH / Études

Des séropositifs résistent au virus sans suivre un long traitement

Chantal Cyr
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Des patients contaminés en France par le virus du sida (VIH) et mis rapidement sous antirétroviraux restaient des années plus tard à l'abri de la maladie, sans même poursuivre leur traitement, selon une étude dévoilée jeudi à Washington.

Après avoir pris des antirétroviraux dès le début de leur infection (8 à 10 semaines après) une quinzaine de patients dits du groupe « de Visconti » ont arrêté ce traitement après moins de trois ans.

Plusieurs années plus tard, leur charge virale restait indécelable et le niveau de leurs lymphocytes T4, cellules-clés du système immunitaire, se maintenait à des niveaux élevés.

Onze de ces patients ont montré des similarités avec les sujets qui résistent naturellement au VIH, et ce contrairement à ce qui avait été observé initialement, ont indiqué les chercheurs dont l'analyse a été présentée à la XIXe conférence internationale sur le sida, qui réunit plus de 20.000 délégués de 190 pays cette semaine à Washington.

Le niveau de leur réservoir viral est particulièrement bas, très comparable au très petit nombre de personnes qui résistent naturellement au virus du sida. Ce groupe maintient durablement le VIH à des niveaux imperceptibles sans jamais prendre d'antirétroviraux.

Et comme ces résistants naturels au VIH, les onze patients du groupe de Visconti avaient un très faible niveau de virus à l'état latent dans leurs cellules immunitaires.

« Ces observations laissent penser que prendre des antirétroviraux très tôt après le début de l'infection limite l'étendue de la contamination dans l'organisme et empêche la formation d'un réservoir viral important », a expliqué devant la presse le Dr Azier Saez-Cirion, de l'Institut Pasteur, l'un des principaux auteurs de l'étude.

« Ces patients de la cohorte de Visconti ont des caractéristiques immunologiques et une capacité de résistance au VIH exceptionnelles. Ils représentent un groupe très prometteur pour trouver le moyen de maîtriser l'infection chez des séropositifs traités pendant au moins 12 mois », a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Mais pour un autre groupe de patients séropositifs, la résistance à l'infection après arrêt des antirétroviraux n'a été constatée que chez 10 % d'entre eux. « De ce fait, cet effet ne peut pas être encore extrapolé à l'ensemble de la population séropositive », concluent les chercheurs.

 

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Publié le 27 juillet 2012

par Chantal Cyr