La Fédération des Travailleurs du Québec

Allié sur les questions LGBT depuis plus de trente ans

Denis-Daniel Boullé
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La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) est le plus grand regroupement syndical de la province. Avec plus de 600 000 membres dans tous les secteurs professionnels, la FTQ représente aussi bien des employé-e-s de la fonction publique, que du privé et du parapublic. Ainsi, on la retrouve chez les métallos, dans la construction, et les mines. Elle touche donc des cultures d’entreprise où pendant longtemps le machisme a été de mise. Pour Michel Arsenault, président de la FTQ, et respon-sable politique du dossier LGBT, le syndicat a été un agent important depuis longtemps dans la lutte contre toutes les discriminations et bien entendu dans celle contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre.

« Dès le début des années 70, la FTQ avait une commission chargée de faire respecter et appliquer la charte internationale des droits de l’homme. La FTQ a commencé à se battre aussi à la même époque pour l’octroi des bénéfices secondaires pour les couples de même sexe. Ce n’était pas une tâche facile, car il fallait aussi convaincre nos membres de la justesse de ces revendications », appelle Michel Arsenault. Le président de la Fédération depuis 2007 se souvient très bien des obstacles qu’il a fallu dépasser. Et pourtant, cela faisait partie de la mission de la FTQ. Michel Arsenault a adhéré à la FTQ alors qu’il est un tout jeune électricien, débutant dans une grande entreprise. « Quand j’ai signé ma carte à l’époque, en 1971, il fallait prendre connaissance de la constitution de la FTQ et, dès la première page, on faisait mention de la lutte contre toute forme de discrimination aussi bien à l’intérieur de l’entreprise tout comme à l’embauche, en raison du sexe, de l’origine ethnique ou encore l’orientation sexuelle, ce n’était pas encore généralisée même dans la société », se souvient M. Arsenault.

Mais le président de la FTQ tient à rendre hommage à tous les gais et les lesbiennes qui, à l’intérieur du syndicat, se sont levé-e-s pour que les mentalités changent. Il se souvient d’une anecdote significative : « Lors d’un congrès, un membre avait été victime de moqueries dans les toilettes. Il est venu au micro pour dénoncer cette attitude et il a été applaudi et soutenu par la salle au point où l’auteur de ces insultes est venu présenter ses excuses publiquement. Il faut souligner le travail des membres gais et lesbiennes dans les avancées que l’on peut voir aujourd’hui, ils et elles ont su prendre leur place ».

Ce qui a conduit le président de la FTQ à devenir le responsable politique du dossier LGBT est tout d’abord son fort attachement à la défense et au respect des droits de la personne quels qu’ils soient, et le fait qu’il ait été témoin dans son entourage des conséquences de l’homophobie. « Il est impensable aujourd’hui de dire qu’il n’y a pas de gais ou de lesbiennes dans une entreprise, dans un village, ou même encore dans une famille ! En ce sens nous sommes tous concernés parce que cela peut toucher un collègue, un voisin, ou même quelqu’un de notre famille », souligne-t-il.

La FTQ s’est engagée à non seulement défendre les personnes LGBT victimes de discrimination, mais met l’emphase sur la sensibilisation et la prévention et le développement des alliances dans la communauté, en participant à la journée de lutte contre l’homophobie ou en étant présent lors de la journée communautaire et du défilé de Fierté Montréal. « Le comité FTQ sur les droits des gais et des lesbiennes est extrêmement actif , avance Michel Arsenault, et on y retrouve des gais et des lesbiennes qui proviennent de tous les secteurs professionnels. »

Pour le président de la FTQ, il ne fait aucun doute que les syndicats québécois sont en avance sur les questions LGBT. Lui qui participe à des rencontres internationales de syndicats, il voit bien l’écart qui peut exister selon les pays. Cependant, Michel Arsenault considère que beaucoup de travail reste à faire pour que cesse toute forme de discrimination à l’égard des personnes LGBT dans le monde professionnel. « On ne se le cachera pas, on sait qu’il y a des secteurs plus faciles que d’autres, mais on est sur la bonne voie », de conclure celui qui est fier de porter ce dossier.
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Publié le 27 juillet 2012

par Denis-Daniel Boullé