Rencontre avec le président de Fierté Montréal

L’événement LGBT de l’année à Montréal

Denis-Daniel Boullé
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«Un drapeau, une fierté!» C’est le thème de la 6e édition de Fierté Montréal qui, cette année, s’étendra sur une semaine. Si le défilé et la journée communautaire sont les moments forts de l’événement, les organisateurs tentent chaque année de tenir compte et de rendre compte de la diversité de nos communautés. Sans oublier le volet social et politique qui tient à cœur au président de Fierté Montréal, Éric Pineault.

«C’est une des grandes nouveautés, l’organisation d’une conférence sociopolitique et communautaire», explique Éric Pineault. «Comme on peut le voir dans le programme, on a tenu à ce que la représentation lesbienne soit forte, avec un panel lors de la conférence, une soirée fétichiste, quelques films lesbiens projetés ou encore la marche des femmes qui aura lieu le matin de la journée communautaire.»

Autre volet : la question intergénérationnelle, puisque le panel regroupera des lesbiennes militantes de tous âges, ou encore la soirée Génération Boomer avec des artistes qui ont marqué les années 70. «Il est important pour nous que la question des droits humains ne soit pas oubliée, puisque c’est ce qui fonde en fait notre travail», de dire Éric Pineault.

En ce sens, Fierté Montréal a demandé au journaliste Richard Burnett d’écrire un historique des marches de la fierté à Montréal. «Un événement comme celui que nous allons vivre n’est pas né à partir de rien. Il y a toute une histoire derrière les manifestations et les premières marches à Montréal», rappelle Éric Pineault, qui revient aussi sur les descentes de police qui avaient lieu dans les lieux gais, comme au Truxx ou au Sex-Garage à l’époque.

Éric Pineault est également content que les invités d’honneur représentent la diversité des communautés LGBT. Car à Jean-Luc Roméro et David Testo s’ajoutent Line Chamberland, Julie-Maude Beauchesne et Kat Coric, qui chacune à leur façon ont marqué
l’histoire des dernières années.

Autre souhait de Éric Pineault : que Fierté Montréal soit aussi une fête de quartier qui intègre les résidents des alentours du Village. L’an passé, la Fête des enfants au Parc Émilie-Gamelin avait rencontré un grand succès et sera reconduite cette année.

Un événement comme celui-là coûte cher et ne serait pas possible sans le soutien de commanditaires privés, de la ville de Montréal et du gouvernement du Québec. «Mais rien du gouvernement fédéral», ajoute Éric Pineault. Cette année on pourra se procurer un bracelet Fierté Montréal au coût de 5$. Muni de ce bracelet, vous pourrez vous rendre gratuitement aux événements payants ou encore accéder à des emplacements pri-vilégiés lors des événements gratuits. Compte tenu du nombre de spectacles et d’activités qui
se dérouleront durant cette semaine, l’achat du bracelet est une bonne façon de soutenir et d’encourager Fierté Montréal. «Lors de mes rencontres à l’étranger avec d’autres organisateurs de gay prides, on parle toujours de celle de Montréal comme d’un exemple. Cela fait chaud au cœur et en même temps on se rend compte que nous sommes chanceux au Québec d’avoir cette ouverture face aux réalités LGBT», conclut Eric Pineault.

C’est pour ne pas oublier ceux et celles qui tentent à travers le monde de faire avancer les droits LGBT et de changer les mentalités que Fierté Montréal organise un Pink Drop, le samedi 18 sur la Place Émilie-Gamelin. «Dans certains pays d’Asie, comme les Gay prides sont interdites, les militants se donnent rendez-vous et se réunissent en formant un cercle plein, le temps d’une photo», explique Éric Pineault, «et ils portent tous un t-shirt ou une chemise rose. La photo est ensuite envoyée sur les réseaux sociaux. C’est pour rendre hommage à cette pratique et poser un geste solidaire vis-à-vis de tous ceux et toutes celles qui doivent encore se battre pour se faire accepter que nous avons décidé de faire un Pink Drop.»

 

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Publié le 26 juillet 2012

par Denis-Daniel Boullé