Changing room, du 21 août au 8 septembre

Le monde des drag queens, côté cour et côté jardin

Denis-Daniel Boullé
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Rares sont les pièces de théâtre qui nous permettent de découvrir l’univers des drag queens. Elles sont sur le devant de la scène, peuvent parader dans la rue, mais qu’en est-il de ces personnificateurs une fois que les lumières s’éteignent? Qui sont-elles ou qui sont-ils une fois les perruques retirées, le maquillage effacé, et qu’ils rejoignent le commun des mortels? La pièce Changing Room nous présente l’envers et l’endroit du décor dans un spectacle qui n’a rien à envier à ceux des cabarets, tout en faisant découvrir la face cachée de ce monde de strass, de paillettes, de danse et d’humour.

Le sous-titre, docu-théâtre interactif, intrigue. Mais quoi de mieux pour nous faire découvrir la face cachée des reines de la nuit que l’utilisation de la vidéo! Raymond Poirier, directeur administratif du Collectif Nous sommes ici et co-auteur avec Alexandre Fecteau de Changing Room, résume ainsi le projet : «Tout s’articule autour de trois volets, le premier se veut un spectacle de drag queens, le se-cond a une vocation de documentaire et fait découvrir la vie des performeurs en dehors de la scène, le troisième se veut interactif et donc réserve des surprises aux spectateurs.»

Présenté à Québec à deux étapes différen-tes de sa création, Changing Room a tout de suite gagné le cœur du public et de la critique. Des comédiens interprètent les drag queens même si les vraies de Québec ont été mises à contribution. «Nous avons fait des entrevues avec des drags de la scène de la capitale, comme Angel, Popeline, La Gladu ou encore Réglisse. Nous avons rencontré des passionnés par leur métier», confie Raymond Poirier. «On n’imagine pas que toute leur vie est consacrée à leur passion. Le temps que cela prend de monter un numéro, de trouver le bon costume, c’est étonnant.»

Le documentaire-vidéo plonge dans les loges où, entre un changement de perruques et un raccord de maquillage, les drag queens se confient, partagent aussi leurs peines et leurs joies, et surtout parlent de leur métier et de leur création.

Ce qui a surpris aussi bien Alexandre Fecteau que Raymond Poirier, qui ont assisté à de nombreux shows, c’est la relation qui s’installe avec les spectateurs. «Il y a une véritable complicité avec chacun des spectateurs, et sur scène, les drag queens sont extrêmement généreuses, et ce, quelle que soit l’orientation sexuelle du public. Beaucoup d’hétérosexuels, hommes et femmes, apprécient de plus en plus les spectacles de drags», conclut Raymond Poirier.

Bien sûr, les drags bousculent les barrières du genre, abordent des sujets tabous, servent d’exutoire, font rêver à travers de vieux succès musicaux, toujours sous le signe de la fête et du plaisir, sans pour autant dévoiler le mystère de la fascination qu’elles procurent.

Présenté en collaboration avec Fierté Montréal, Changing Room sera présenté à l’Espace Libre du 21 août au 8 septembre 2012. Après le spectacle, des rencontres avec le public sont prévues. Les drag queens qui font aujourd’hui partie du paysage culturel méritaient bien qu’on leur rende hommage. Avec Changing Room, c’est chose faite.


Changing Room, Une création du collectif Nous sommes ici. Du 21 août au 8 septembre 2012 à l’Espace Libre, 1945 rue Fullum, Montréal (Station Frontenac).
Billetterie : 514-521-4191. Achat en ligne à ww.espacelibre.qc.ca.

 

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Publié le 25 juillet 2012

par Denis-Daniel Boullé