Solidairement vôtre!_hausse des frais de scolarité

Le monde est fou?

Steve Foster
Commentaires

Je m’étais dit que je n’écrirais pas sur la situation entourant les frais de scolarité, la loi 78, les manifestations et les casseroles. Mais, après m’être fait dire de me fermer la gueule à la suite d’un commentaire que j’ai fait sur la page du blogue d’un média connu, je ne peux me résoudre à rester silencieux. D’autant plus que le propos qui m’a valu cette charmante réplique n’avait rien de bien méchant et ne portait pas préjudice à qui que ce soit. J’ai simplement exprimé que j’étais en faveur de la gratuité scolaire.

En gros, je disais que, comme célibataire n’ayant pas d’enfant, mes impôts et mes taxes servaient à payer, entre autres, des services sociaux dont je tirais profit. Je donnais en exemple le système de santé. Je rappelais aussi qu’il y avait d’autres servi-ces dont je ne tirais aucun avantage personnel. Je mentionnais entre autres que je payais pour la procréation médicalement assistée, les garderies et les congés parentaux, mais que, comme citoyen, j’étais content de contribuer par le fruit de mon labeur à l’amélioration des conditions de vie de milliers de gens. Puis je terminais en disant que le gouvernement pouvait bien augmen-ter mes impôts si cela permettait d’assurer la gratuité scolaire. J’ajouterais maintenant qu’investir dans l’éducation, c’est le meilleur moyen d’avoir une société ouverte et évoluée. Et dans la lutte aux préjugés, l’éducation, qu’elle soit populaire ou scolaire, demeure encore et toujours le meilleur moyen d’y parvenir. Il me semble que l’éducation devrait être une valeur sociale fondamentale. Voilà mon commentaire. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat.

Mais le problème présentement avec le débat entourant les enjeux de l’éducation postsecondaire, c’est que tout devient pola-risé. Il y a de moins en moins de place pour la discussion et les nuances et tous doivent choisir leur camp. Vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec mon propos, mais cela de devrait pas vous amener à me dire de me fermer la gueule pour faire valoir votre point de vue. Je ne sais ce qui se passe, mais aujourd’hui, vous êtes avec les uns ou vous êtes avec les autres. Et peu importe le camp que vous choisirez, vous serez toujours le méchant des uns ou des autres. Et pour ceux qui sont au centre, tout comme moi, j’ai une bien mauvaise nouvelle : nous sommes les ennemis de tous. Je me suis toujours méfié de ceux qui disaient détenir la vérité et je m’en méfie toujours autant. Et quand je vois ce qui se passe actuellement au Québec, je ne suis pas près de changer d’avis.

Et si je ne fermais pas ma gueule, je vous dirais que…

Nous en sommes rendus au point où certains politiciens, policiers, étudiants, militants, chroniqueurs, animateurs, blogueurs, éditorialistes, gauchistes, droitistes, verts, rouges et autres couleurs de l’arc-en-ciel utilisent la démesure, l’irrespect, la violence verbale, les menaces et la malhonnêteté intellectuelle pour faire valoir leur point de vue quand ce n’est tout simplement pas dans leur intérêt. Ce qui m’horripile avec le débat sur les frais de scolarité, la loi 78, les manifestations et les casseroles, c’est que ces dérapages se font sous le couvert de la solidarité, de la justice et de la liberté d’expression que l’on dénature pour soutenir nos prétentions.

Je suis dégoûté par la façon de faire des Martineau, Breton, Dumont et autres «commentateux» aux discours démagogues, violents et irrespectueux, mais je suis tout aussi dégoûté de ceux qui les menacent et les insultent. Je suis furieux contre les policiers qui agressent sauvagement les étudiants, mais je suis aussi en colère contre les individus qui vampirisent les manifestations, qui discréditent par leurs actions les revendications légitimes des étudiants. Je suis écœuré par le traitement journalistique des nouvelles qui ne montre que la violence et la casse. En passant, il faudrait peut-être se rappeler les émeutes entourant les défaites du Canadien de Montréal. Une seule de ces émeutes génère davantage de dommages et de casse que l’ensemble des manifs étudiantes. Je suis irrité par la démagogie utilisée par les uns et par les autres afin de faire valoir leur point de vue. Je suis estomaqué de voir comment on met sur le dos de l’humour des images, des gestes et des propos pour illustrer notre vision des choses. Il n’y a rien de drôle à chanter que l’on souhaite présenter une scie à chaîne à madame Courchesne et qu’on veut la dégeler à grands coups de masse dans le front. Il n’y a rien de drôle non plus à faire le salut nazi lors de manifs. Hey, joualvert, il y a plus de 100 000 gais et lesbiennes qui ont été gazés lors de la Deuxième Guerre, et je ne parle même pas des juifs. Et la violence dans une chanson ne sera jamais de l’humour. Je vous mets au défi de remplacer Courchesne par juif, gai ou noir, et dites-moi si le monde va trouver ça humoristique.

Il n’y a pas à dire, ce qui, au départ, aurait pu être une occasion de nous questionner collectivement sur les valeurs sociales que nous souhaitons mettre de l’avant, les enjeux entourant les frais de scolarité, la loi 78, les manifestations et les casseroles, tout ça n’aura servi qu’à mettre notre humanité en berne. Le plus triste dans tout ça c’est que plus le temps passe, plus les séquelles risquent d’être permanentes. Juste à voir des amis, et même les miens, s’insulter sur les médias sociaux, les blogues et autres plateformes d’expression, je ne peux qu’être triste. Quel gâchis!

Comme le disait Beau Dommage dans l’une de ses chansons, «Le monde est fou, c'est c'qu'on a dit, Mon chum puis moi, mon chum puis moi…» À moins que ça soit le contraire, et que ce soit moi le plus fou!

 

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Solidairement vôtre!_hausse des frais de scolarité

Le monde est fou?

En gros, je disais que, comme célibataire n’ayant pas d’enfant, mes impôts et mes taxes servaient à (...)

Publié le 24 juillet 2012

par Steve Foster

   
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Anciens commentaires

  • Oui Steve, tu as raison. Une société démocratique et soucieuse des libertés de chacun doit avant tout et d'abord donner des garanties de respect de chacun, Les débordements, la démesure, les menaces et tout type de violence sont des moyens d'expression qui doivent être contrôlés et si les uns et les autres ne sont pas capables d'auto-controle, alors il faut user de notre arsenal juridique pour punir ces débordements. Cela commence par des paroles déplacées, mais l'engrenage peut aller loin.. Je suis moi aussi dessus de voir qu'un bel élan de jeunesse, de contestation, de remise en cause se termine de la sorte. Comme au sport, le petit symbole des manifestants devient un carton rouge de sortie de terrain ! Publié le 27/07/2012
  • steve ta raison ferme ta yeule Publié le 28/07/2012
  • à celui qui me dit de me fermer la "yeule"... ;-) moi je signe mes commentaires...tu purrais en faire de même. C'est toujours apprécié de savoir avec qui on échange ;-) Publié le 29/07/2012