Affaires judiciaires

Luka Magnotta plaide non coupable du meurtre de l'étudiant chinois

Hervé Dumouchel
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Luka Rocco Magnotta a plaidé non coupable mardi du meurtre et du dépeçage du corps d'un étudiant chinois au terme d'une brève comparution par visioconférence devant la justice à Montréal.

Magnotta est resté impassible pendant les dix minutes environ de l'audience qui s'est tenue en anglais. Il était debout dans un box ressemblant à un parloir, encadré de deux policiers. Il a plaidé non coupable aux cinq chefs d'accusation retenus contre lui lors de sa comparution, depuis le poste de police de Montréal où il est détenu depuis lundi soir.

Luka Rocco Magnotta devait être transféré mardi après-midi à la prison de Rivière-des-Prairies, un centre de détention provincial situé sur l'île de Montréal, «pour une évaluation psychiatrique, psychologique qui a été demandée par son avocat», selon le commandant Ian Lafrenière, porte-parole du Service de police de Montréal (SPVM) et comparaître de nouveau jeudi à 14H par visioconférence. Il n'était pas dans la salle où se tenait l'audience pour des raisons de sécurité, selon la police, qui a préféré ne pas prendre de risques en faisant circuler l'accusé dans la ville.

Magnotta n'a pas donné d'indication sur le lieu où pourrait se trouver la tête de l'étudiant chinois qu'il est accusé d'avoir tué puis dépecé, dernière partie du corps de la victime restant introuvable.

Avant de prendre un vol pour Paris, le 26 mai, Luka Rocco Magnotta aurait envoyé les pieds et les mains de la victime, Lin Jun, par colis postal au siège du Parti conservateur canadien et à celui du Parti libéral, à Ottawa, ainsi qu'à deux écoles de Vancouver. La police a rapidement déterminé qu'ils correspondaient au tronc de la victime, retrouvé dans une valise dans une ruelle près de l'endroit où habitait Magnotta à Montréal.

Extradé par l'Allemagne, où il avait été arrêté le 4 juin dans un cybercafé au terme d'une cavale de dix jours, Magnotta est arrivé lundi soir à Montréal, menotté, à bord d'un avion militaire, sous forte escorte policière, avant d'être conduit dans un poste de police où il a passé la nuit.

Il fait face à cinq chefs d'accusation: «meurtre», «outrage à cadavre», «publication de choses obscènes», «envoi par la poste de choses obscènes» et «harcèlement criminel» à l'encontre du Premier ministre canadien Stephen Harper et d'autres personnes. Il est passible de la prison à vie.

 

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Publié le 20 juin 2012

par Hervé Dumouchel