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Accusée de viol sur sa compagne, une athlète indienne se défend d'être un homme

Chantal Cyr
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Une ancienne championne indienne d'athlétisme accusée d'avoir violé sa compagne a été arrêtée par la police qui la soupçonne en outre d'être en réalité un homme, ce que dément catégoriquement la sportive dans la presse.

Pinki Pramanik, qui a remporté la médaille d'or du relais 4X400 m aux Jeux asiatiques de 2006 avant de se retirer de la compétition en 2007, a été arrêtée jeudi soir à Calcutta.

«J'ai subi de nombreux tests au cours de ma carrière d'athlète. Pourquoi devrais-je me soumettre à d'autres tests ridicules ?» a réagi cette femme de 26 ans, citée vendredi dans le quotidien Times of India.

«J'ai été piégée», a-t-elle par ailleurs affirmé au Calcutta Telegraph. «Elle m'avait demandé 300 000 roupies (environ 6 000 dollars) mais j'ai refusé de lui donner l'argent», a-t-elle assuré.

La victime présumée, également citée par le Calcutta Telegraph, assure, elle, que «Pinki se présente comme une femme mais elle est en fait un homme. (...) Elle m'agressait régulièrement et m'a violée plusieurs fois», a-t-elle déclaré, assurant que l'athlète lui avait promis de l'épouser.

Prabir Roy, l'officier de permanence au commissariat de Calcutta, a indiqué que Pramanik avait été placée en garde à vue pour viol présumé sur sa compagne et qu'elle comparaîtrait au tribunal.

«Elle a été arrêtée et emmenée dans un hôpital public mais elle a refusé de se plier à un test médical», a-t-il rapporté. «Une femme avait déposé plainte pour viol au commissariat», a-t-il ajouté. Selon la police, Pinki Pramanik était depuis plusieurs mois en ménage avec une femme à Calcutta.

La fédération indienne d'athlétisme s'est interrogée sur l'apparence physique de l'athlète. «Nous ne savons pas si cette affaire porte sur le fait qu'elle est physiquement un homme ou s'il s'agit d'un changement hormonal au cours d'une certaine période, ce qui peut arriver», a déclaré le secrétaire de la fédération, C.K. Valson, cité par l'agence Press Trust of India. «Nous devons attendre le rapport médical et les conclusions de l'affaire», a-t-il ajouté sans plus de précisions.

En 2006, le monde indien de l'athlétisme avait déjà été secoué par l'affaire Santhi Soundarajan, une athlète dont le test de féminité s'était avéré non concluant et qui dut rendre la médaille d'argent qu'elle avait gagnée aux 800 m femmes aux Jeux asiatiques de Doha (Qatar) la même année.

Cette sportive, qui fut ébranlée par des résultats qu'elle jugeait incompréhensibles, a continué d'affirmer, aux côtés de ses parents et de ses entraîneurs, qu'elle n'avait rien à se reprocher.

Les polémiques liées au genre sexuel sont souvent liées à des personnes souffrant du «syndrome de l'insensibilité aux androgènes», un trouble de la différenciation sexuelle qui affuble des femmes de caractéristiques physiques masculines ou de personnes génétiquement hommes mais dotés d'organes génitaux féminins.

La Sud-Africaine Caster Semenya, championne du monde 2009 du 800 m, avait elle aussi été au cœur d'une polémique sur sa féminité réelle. Elle avait été mise «sous surveillance» pendant 11 mois lors d'une enquête sur son genre, avant de pouvoir revenir dans la compétition une fois les doutes balayés.

 

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Publié le 19 juin 2012

par Chantal Cyr