Le 6e Sommet de Québec de la CCGQ

UN SOMMET ENSOLEILLÉ

Michel Joanny-Furtin
Commentaires

Ils étaient 72 participants dont 50% venaient des quatre coins du Québec : Estrie, Beauce, Québec et Montréal bien sûr, et même du Saguenay! Le 6e Sommet de Québec de la Chambre de Commerce Gaie du Québec (CCGQ) est considéré comme un succès par ses organi-sateurs.

«Nous voulions un Sommet qui concilie travail et détente avec surtout l'occasion pour les membres de la Chambre de rencontrer des gens d'affaires et personnages politiques de Québec et des environs» a résumé Marc-Antoine Saumier, le président de la CCGQ.

Toute une équipe bien huilée a donc coordonné les activités selon un programme dense dans ce sens. Tout ce beau monde s’est retrouvé à 11h30 au Château Frontenac pour partager un dîner-conférence autour du «Marketing Web et la communauté LGBT».
Propriétaire de la boutique «Un style de Vie» à Québec, du site Touristiquement Gay et de l’agence de Stratégies Marketing Web à son nom, Danny Kronstrom a détaillé les potentialités des réseaux sociaux pour développer des affaires.« Un blogue est un véritable atout pour une entreprise, mais demande de s’y investir. Une page, un groupe sont d’autres entrées selon ce que l’on souhaite communiquer et avec qui. Par la fréquence des messages, le moment de l’envoi, une marque peut cibler sa clientèle selon des horaires choisis, de jour comme de nuit.»

Danny Kronstrom a insisté sur l'importance de Facebook avec la mise à jour et le mouvement régulier des images sur les sites et les pages. L’onglet « J’aime » permet de faire de chaque visiteur un ambassadeur.

Le récipiendaire du Phénicia Tourisme 2011 a aussi invité les auditeurs à intégrer Twitter dans leurs campagnes de promotion. Suivre ou être suivi… là est la question. Il a également abordé les sites à même de fournir outils et structures pour simplifier et dynamiser la mise en place d’un espace de réseau social.

Le monde (arc-en-ciel) du travail

Animée par Éric Prud’Homme, vice-président, Stratégie et Affaires publiques de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, une conférence autour de « La diversité au travail, ça rapporte», accueillait la ministre du Travail du Québec, Lise Thériault.

Femme d’affaires, membre de plusieurs chambres de commerce avant d’entrer au gouvernement, Lise Thériault a déjà fait partie de la CCGQ sous la présidence de Louis Charron. « On a tous tendance à oublier l’évolution de l’acquis des droits et des batailles qui sont encore à mener. Nombreux sont encore les domaines d’emplois où la diversité n’a pas encore sa place. La construction a encore des croûtes à manger en ce qui concerne la place des femmes d’abord et celle des gais ensuite. »

«La pénurie de main-d’œuvre pointe à l’horizon et commence déjà à bousculer le marché du travail. La tendance commence à s’inverser où ce sont les étudiants, les futurs employés, qui choisissent les entreprises.» Selon Lise Thériault, les droits des gais et lesbiennes au sein d’une compagnie sont donc un réel critère d’investissement et de développement.


Autres temps… autres luttes
Auparavant, les auditeurs avaient entendu trois autres interventions. «Le but de notre Sommet est également de mettre en place une antenne à Québec afin que nous puissions poursuivre notre expansion et notre présence dans la Capitale», a déclaré Marc-Antoine Saumier, président de la CCGQ, en accueillant la ministre. Il a également rappelé les prochains grands rendez-vous de la Chambre avec le Sommet des Deux-Rives, à Gatineau/Ottawa en octobre, et le Gala Phenicia le 22 novembre en promettant un invité de marque…

Marc-Antoine a surtout développé son propos sur l’organisme Fierté au Travail, le plus important réseau LGBT au Canada fondé en 2008 pour promouvoir un environnement professionnel inclusif et dont la prochaine conférence aura lieu le 6 juin (fiertéautravail.ca). «Ce réseau réunit à ce jour une quarantaine d’entreprises des plus cotées et représente pas moins de 175 000 employés.»

Président de la Fondation Émergence et de Gai Écoute, initiateur de l’idée d’une politique de lutte contre l’homophobie, Laurent McCutcheon est également à l’origine de la Journée de lutte contre l’homophobie dont la thématique 2012 servait de titre à cette conférence du 6e Sommet.

Sous la forme d’un quizz, il a réveillé la mémoire de chacun sur l’histoire des droits de gais qui sont passés du statut de criminel et de malade mental au mariage gai en 35 ans : 1969 , fin de la criminalisation (Trudeau), «l’an 1 de nos droits»; 1977, fin de la discrimination (Lévesque); 1990, retrait des maladies mentales (OMS); 1999, l’union de fait et le mariage en 2005. «Entre-temps, l’union civile en 2002 aura permis à la communauté de faire des gains importants d’un point de vue financier en ouvrant les droits des gais aux rentes, assu-rances, impôts, etc.»

Laurent McCutcheon estime que le monde du travail évolue, contraint par la nouvelle génération. Alors que la génération précédente ne parlait pas de son orientation sexuelle au travail, les jeunes professionnels sur le marché actuel sont sortis du placard depuis longtemps et recherchent des entreprises gay-friendly. Si un employeur veut embaucher des gens compétents et conserver des employés performants, il se doit d’intégrer ces attentes.

De plus, «25 à 30 000 immigrants s’installent chaque année au Québec. Ils viennent de pays où sévit une culture homophobe. Il faut savoir les accueillir en leur proposant une vision du monde tolérante et ouverte à la diversité humaine.»

«Le gouvernement Harper nomme des juges de plus en plus conservateurs à la Cour Suprême. Au regard de ceux qui, peu à peu, la composent, cette institution qui a validé nos droits pourrait un jour revenir sur nos acquis. Une autre raison de rester vigilant et alerte!»

Enfin, Anne-Sophie Ruest-Paquette, présidente du Groupe Gai de l’Université Laval (GGUL), le plus ancien groupe LGBT universitaire (fondé en 1978) est venue proposer aux entrepreneurs présents un Plan de visibilité 2012-2013. Une autre façon de montrer aux futurs professionnels, «les employés de demain», que des entreprises existent et attendent leurs compétences. Avec humour, Anne-Sophie a présenté un des objets de communication du GGUL… une tapette à mouches pour écraser l’homophobie ! Une vidéo d’entrevues abordant la diversité à l’université a complété cette présentation.



Un Sommet travail et détente

À l’issue de la conférence, une bonne partie du groupe s’est dirigé vers le Musée de la Civilisation pour visiter l'exposition multimédia autour de «l'univers de Michel Tremblay».

Vers 18h, avec peu de mots et beaucoup d’humour comme à son habitude, le maire de Québec, Régis Labeaume a pris quelques
minutes pour accueillir les participants du Sommet avant de partir fêter son anniversaire en famille. Il a donc eu droit à un hommage chanté en règle de la part de l’assistance. Puis les membres sont allés souper à l’Auberge Place d’Armes, un membre de la CCGQ.Le samedi matin, après le brunch copieux du Château Frontenac, un petit rallye des commerçants membres de la Chambre a permis de découvrir la partie hôtelière - très ''cosy'' - de l’auberge Places d’Armes, puis la Vitrine vivante de la boutique «Un style de Vie», avant de reprendre le train. Ou de poursuivre de façon plus personnelle ce séjour à Québec…
www.ccgq.ca

 

  Envoyer cet article

Le 6e Sommet de Québec de la CCGQ

UN SOMMET ENSOLEILLÉ

«Nous voulions un Sommet qui concilie travail et détente avec surtout l'occasion pour les membres de (...)

Publié le 24 mai 2012

par Michel Joanny-Furtin