Les 10 ans du Cabaret Mado

Le Cabaret Mado vu par...

Philippe Boivin
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Quatre lecteurs se remémorent des souvenirs associés au Cabaret Mado : François Doyon, Vance de Waele, Sylvain Lachapelle et Mary J. Kay François Doyon
Après plusieurs semaines de discussions virtuelles, Tommy et moi nous donnons finalement un premier rendez-vous, qui se déroule à merveille. Nous décidons donc de nous revoir, mais un empêchement fait en sorte que cette deuxième rencontre n'a pas lieu. Les semaines passent et nous nous perdons finalement de vue, car je suis de nature beaucoup trop timide pour m'imposer. Quelques mois plus tard, par le plus pur des hasards, je me lie d'amitié avec Christian, qui se trouve à être le meilleur ami de Tommy. Un certain dimanche soir de novembre, Christian m'invite à aller assister à un match d'improvisation au Cabaret Mado... en compagnie de Tommy. Quel bonheur de retrouver celui qui m'avait préalablement séduit! Puisque je savais que Tommy était un habitué de ces soirées, je les ai également intégrées à mon agenda. Je suis rapidement devenu aussi mordu que lui de l'impro chez Mado. Le Cabaret Mado a été le lieu qui a permis à deux gars trop gênés pour s'avouer leur intérêt mutuel de s'amadouer. Depuis ce temps, nous vivons une relation de couple exceptionnelle!



Vance De Waele
C'est la soirée d'anniversaire de Marla Deer. Comme le veut la coutume du cabaret, les drags reprennent ses numéros les plus marquants pour lui rendre hommage. Ce soir-là, je ne danse pas et je suis installé confortablement dans la foule. C'est alors qu'un collègue danseur me demande de le remplacer au pied levé pour un numéro. Le rôle à camper étant plutôt simple, j'accepte avec plaisir. Vers la fin du numéro, j'empoigne une vingtaine de feux de Bengal, que je suis censé distribuer à la troupe sur la scène pour que s'en suive une fête démentielle. Je décide donc d'allumer tous les feux en même temps pour sauver du temps. Je me trouve, quelques secondes plus tard, à trimbaler deux énormes boules de feux, auxquelles personne n'ose toucher. Devant la crainte de mes comparses, je poursuis le numéro seul en agitant vigoureusement mes mains dans les airs. C'est alors que quelqu'un dans l'assistance se précipite sur la scène et jette hystériquement le contenu de son verre sur moi. Mon regard stupéfait se pose sur l'énorme trou noir dans mon costume : un feu de Bengale était tombé dans ma poche, qui s'était enflammée sans que je m'en aperçoive. Ai-je besoin de vous dire que je ne me suis pas fait prier pour remplacer la bière de mon héros de la soirée?

Sylvain Lachapelle
En 2005, je m'occupais de la carrière de Samatha Fox. J'ai décidé de lui faire découvrir le Cabaret Mado entre prestations et promotion. Trois drags aux poitrines plus généreuses les unes que les autres ont présenté un numéro spécial pour souligner la présence de Samantha. Je ne me souviens pas d'avoir autant ri de toute ma vie! Je conserve aussi un souvenir impérissable de la fois où je m'y suis présenté au bras de Crystal Waters, qui a tellement aimé l'ouverture d'esprit et l'excentricité de l'établissement qu'elle n'a pas hésité à monter sur scène pour interpréter son classique 100 % Pure Love devant la foule, complètement béate.



Mary J. Kay
Telle une « pitoune » de ring de boxe, c'est moi qui faisais des clins d'oeil au public sur la rue Sainte-Catherine et qui tenais à bout de bras une affiche annonçant l'ouverture prochaine du Cabaret. Coquette jusqu'au bout des doigts, j'avais même pensé à agencer ma manucure avec les couleurs du carton. J'ai connu Mado il y a douze ans, alors qu'elle travaillait au Bamboo Bar du Unity les jeudis soirs. Lorsqu'elle m'a vu pour la première fois, elle m'a demandé : « Oussé que tu t'en vas, habillée de même, ma noire? » Je lui ai répondu, d'un air décidé : « Faire mon show! » Perplexe, elle a sourcillé avant de lancer : « Mais y'a pas de show icitte à soir! » Une fraction de seconde s'est écoulée avant que je la contredise : « Oh! Ma chère, si tu savais à quel point ma vie à elle seule est un show... et y'a même pas d'entracte pour me laisser le temps d'aller me soulager! »