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Stephan Vesselinov abandonne sa carrière de D.J.

Philippe Boivin
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Stephan Vesselinov a pris une décision qui allait bientôt le libérer du poids qu'il peinait à supporter depuis trop longtemps : il a mis fin à sa carrière de D.J., mettant par le fait même fin au duo Paskal&Vesselinov. Reconnaissant envers ses nombreux admirateurs au soutien inconditionnel, Stephan a tenu à expliquer les raisons qui l'ont poussé à clore ce chapitre qui se destinait pourtant à entrer dans les annales du nightlife montréalais.Paskal&Vesselinov ont donné leur dernière performance officielle en tant que duo au dernier Bal en Blanc devant une foule qui en redemandait. Pourquoi vouloir redescendre en pleine envolée? « Je n'ai tout simplement plus la passion, plus la fameuse flamme. Je n'avais plus rien à donner au public. Je me sentais comme un imposteur de devoir semer un esprit de fête, alors que je n’avais pas la tête à faire la fête. Essayer de me motiver me demandait énormément d'énergie. J'appréhendais même mes soirées. Je me suis enfin décidé à confronter la réalité et je me suis rendu compte que la musique était, en quelque sorte, l'excuse que je m'étais donnée pour ne pas prendre le temps de travailler sur moi-même », confie Stéphan, qui a dû surmonter une dépression. Pour le D.J., baigner continuellement dans l'univers des clubs et des afterhours et vaincre ses dépendances tenait de l’utopie. « C'était impossible, pour moi, d'adopter un rythme de vie sain avec ce travail. J'admire tous ceux, comme Paskal, qui le font en gardant la tête froide! », avoue-t-il. Plutôt réservé, Stephan admet également avoir éprouvé certaines difficultés à gérer le côté plus « marketing » du métier de D.J.

Paskal fait désormais cavalier seul (et le fait très bien), et Stephan ne redoute aucunement de regretter éventuellement sa décision. « Je serai le premier à me réjouir lorsque Paskal touchera le sommet... et je sais qu'il y parviendra. Il travaille fort, il possède le feu sacré et il s'investit à 100 % dans sa carrière. Il mérite donc chaque succès, chaque bonne nouvelle. Lui et moi ne regardions simplement plus dans la même direction. Je le freinais dans l'atteinte de ses objectifs, alors qu'il pesait sur l'accélérateur. Je me devais de le laisser surfer sur la vague. Pour ma part, je ne me souviens pas de m'être senti aussi serein qu'aujourd'hui », partage-t-il, sourire à l'appui. Onze ans derrière les platines ne s'oublient cependant pas si facilement. En effet, Stephan continuera d'animer les soupers au Saloon de temps à autre. « C'est l'endroit où on m'a donné ma chance, au tout début. Pour moi, jouer au Saloon, ça va de soi. Chaque fois, c'est un plaisir renouvelé », s'enthousiasme celui qui remercie du fond du cœur tous ceux qui l'appuient dans ses choix.