TELUS

Une réussite en matière de diversité au travail

André-Constantin Passiour
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Avec la Banque TD qui est présente dans la communauté LGBT depuis plusieurs années et qui commandite les festivités de la Fierté à Montréal, à Toronto et Vancouver, l’entreprise de téléphonie Telus est certainement un des fleurons du monde des affaires et de l’économie à appliquer des politiques d’ouverture envers son personnel LGBT. Le 17 mai, lors d’un dîner causerie à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), le président de Telus Québec, François Côté, s’adressera aux gens d’affaires pour leur dire, comme le souligne le slogan de la campagne de 2012, que la diversité sexuelle au travail «ça rapporte»! «Je suis très heureux que François Côté, un hétérosexuel, se présente devant la Chambre de commerce pour s’entretenir de ce sujet, cela me fait chaud au cœur et cela démontre l’ouverture qui existe chez Telus», de commenter Francis Gingras, avocat principal et président de Spectrum à Montréal, soit le groupe des employés LGBT de Telus… Mme Lise Thériault, la ministre du Travail du Québec, devrait être parmi les invités d’honneur de cette rencontre à laquelle collabore étroitement la Fondation Émergence et le groupe Fierté au travail. «On va pouvoir discuter, échanger et, j’espère, sensibiliser les gens d’affaires montréalais présents et leur démontrer que la diversité sexuelle au travail ça rapporte ! Ceux qui y assisteront seront les mieux placés au sein de leur entreprise pour retourner et en parler. Bien sûr, il y a de petits pas qui se font, on dira que c’est dans la bonne direction, mais les gens d’entreprises vont se rendre compte que [des programmes de diversité et de non discrimination] sont importants pour le bien-être et la rétention de leurs employés parce que cela va devenir un enjeu majeur de la société au Québec dans les années à venir», continue Francis Gingras qui est à l’emploi de la firme de télécommunications depuis neuf ans maintenant.

Communiquer le respect et l'intégration
L’an dernier, alors qu’on atteignait un sommet dans les suicides d’adolescents gais ou lesbiennes victimes d’intimidation et de discri-mination, au Canada et aux États-Unis, un site web était créé pour les encourager, à ne pas se laisser aller à des idées suicidaires et que, les choses iront mieux, soit la campagne connue maintenant sous It Gets Better ! Parmi le lot de gens qui enregistrent des vidéos d’appuis il y a plusieurs employés de Telus, y compris un vice-président! Les gens du groupe LGBT appelé Telus Spectrum s’impliquent instantanément et participent à cet effort. On voit bien, ici, que l’appui de la haute direction est total et sans réserve…

Telus, à bien des égards, diffère des modèles «conventionnels» du monde des affaires. Normalement, dans les autres entreprises, ce sont les membres LGBT qui poussent pour former un tel comité et qui s’adresse en ce sens aux hautes sphères. «Chez Telus, en 2007, il y a eu une réflexion, la haute direction a mandaté un comité de l’exécutif pour former un groupe sur la diversité au travail. Par la suite, en 2009, le groupe Spectrum a été créé par un vice-président, mais l’initiative vient d’en haut, elle provient de cette réflexion qui avait débuté deux ans plus tôt», poursuit M. Gingras. Afin de mieux intégrer les employés, les retenir et les aider à croître dans cette compagnie où l’on dénombre 40 000 employés, dont 5 500 au Québec, on voit donc l’apparition de cinq groupes : Spectrum, mais aussi celui des femmes, Aigles (pour ceux d’origines autochtones), Capacité variable et celui de soutien aux nouveaux arrivants et membres des communautés culturelles.

En ce moment, Spectrum compte quelque 300 membres répartis dans cinq régions : Vancouver, Alberta Nord, Alberta Sud, Toronto et Montréal. «Il y a Montréal, mais on essaie aussi d’aller vers d’autres villes de la province comme à Québec par exemple, souligne Francis Gingras. C’est certain que s’il y a un besoin, on mettra sur pied un Spectrum dans les Maritimes.»

À l’interne, Spectrum est très actif. «Nous organisons des événements très variés, il y a le réseautage au sein de l’entreprise, on assiste à des cocktails de la CCGQ (Chambre de commerce gaie du Québec), à des activités de Fierté au travail ou encore, l’automne passé, on a formé un groupe de personnes pour voir deux films au Festival Image + Nation. Il y a aussi des rencontres informelles de mentorat, des conférences, etc.», dit M. Gingras.

À l’externe, Spectrum et l’ensemble de Telus se font visibles, comme par exemple par un kiosque durant les célébrations de la fierté à Montréal. Bien sûr, il s’agit d’une entreprise privée qui va séduire le marché gai pourrait-on me dire ? «Mais les employés et la compa-gnie soutiennent la communauté [LGBT] par des levées de fonds, en contribuant à des groupes communautaires, il y a une réelle implication de Telus qui est la première entreprise de télécommunications à soutenir la communauté LGBT», indique M. Gingras. «Le 26 mai est notre Journée annuelle du bénévolat où nous encourageons tous les employés de Telus à donner une journée complète de leur fin de semaine à une cause, y compris pour des organisations LGBT. C’est une très belle journée à laquelle participent beaucoup de nos employés. Il s’agit d’une autre façon pour nous de démontrer notre implication [auprès de diverses communautés]», rajoute Amélie Cliche, qui est responsable des relations publiques chez Telus à Montréal.

Si l’an dernier les membres québécois de Spectrum ont défilé dans les rangs de Fierté au travail, pour cette année, «nous sommes en train de planifier et d’examiner la forme que prendra notre présence au défilé si nous marcherons encore avec Fierté au travail ou si ce sera par un char allégorique…», M. Gingras laisse donc planer les possibilités… Pour l’instant, on s’affaire – et c’est le cas de le dire – à prendre part à la réunion de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le 17 mai…