Criminalisation du VIH

La couronne réclame la prison pour un accusé

André-Constantin Passiour
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Après avoir été reconnu coupable, en août dernier, d’avoir transmis volontairement le VIH à son amant de l’époque, James Steven Wilcox, 48 ans, était à nouveau au tribunal le 11 avril dernier pour une audience pré-sentencielle. C’est le 5 juin prochain que le juge Louis A. Legault, de la Cour du Québec, rendra sa sentence. Cependant, M. Wilcox avait fait appel de sa condamnation.

Cette histoire remonte à l’été 2005, alors que Wilcox rencontre un jeune homme au sauna Oasis. Cette première relation sexuelle est protégée. Les deux hommes poursuivront leurs amours durant quelque temps avant de se séparer. La victime, qu’une ordonnance de non-publication nous empêche de divulguer son nom et son âge, a dit que le jour de leur première rencontre, il avait dormi au condo de M. Wilcox, c’est à ce moment-là que l’accusé l’aurait pénétré sans condom. La victime, telle que signalée dans le jugement d’ailleurs, fréquentait les saunas de Montréal. James Steven Wilcox se sait porteur du virus du VIH depuis 2003.

C’est plus d’un an plus tard, en octobre 2006, que le jeune homme ressent des symptômes et, après des tests, il s’avère qu’il est bel et bien séropositif. C’est à cet instant-là que la «victime» décide de porter plainte et rédige un document en ce sens – il y consigne, entre autres, les relations sexuelles qu’il a eues avec l’accusé –, document qui a été placé sous scellés par le juge.

La Couronne, par la bouche de Me Sophie Lamarre, réclame deux ans de prison, tandis que la défense insiste que M. Wilcox, qui n’a pas d’antécédents judiciaires, ne mérite pas de faire de la prison, mais des travaux communautaires.

Wilcox, qui est un citoyen américain natif de la Floride, réside au Canada en tant que visiteur et possède un condo dans le Village. Si Wilcox avait plaidé non coupable d’agression sexuelle causant des lésions corporelles, le chef d’accusation utilisé dans le cas d’une transmission du VIH, il avait écrit un courriel à la victime se disant désolé et s’excusant de l’avoir infecté, ce que la victime et la Cour ont reconnu comme un aveu de sa part…

Lors de cette représentation sur sentence, Me Jeffrey Boro, a demandé au magistrat de ne pas envoyer au pénitencier son client. «Le passé est garant de l’avenir. Quels gains seraient réalisés en l’envoyant en prison ? En termes de protection de la société, elle ne sera pas plus protégée s’il va en prison», aurait déclaré Me Boro, selon ce que rapporte le Journal de Montréal (en date du 12 avril 2012). La procureure de la Couronne, quant à elle, estime que James Steven Wilcox devrait faire deux ans de prison ferme parce que, entre autres, il nie sa responsabilité et en rejette une partie sur la victime. «Il y a eu un abus de confiance. Il a agi en toute connaissance de cause», a déclaré Me Lamarre, tel qu’on peut le lire dans le Journal de Montréal sous la plume de Michael Nguyen.

 

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Publié le 14 avril 2012

par André-Constantin Passiour