Conseil d’arrondissement

Entre l’apaisement et l’exaspération

André-Constantin Passiour
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D’entrée de jeu, lors de l’ouverture de la séance du 3 avril du conseil d’arrondissement de Ville-Marie, le maire Gérald Tremblay a félicité toutes les parties impliquées dans les négociations en vue du déblocage du dossier de la piétonisation.

On se souviendra que la pietonisation d’Aires Libres, dans le Village gai, était menacée puisque le SPVM, par souci de sécurité dans le secteur, avait manifesté son opposition à la fermeture de la rue Sainte-Catherine entre Berri et Amherst. Denis Brossard, le président du conseil d’administration de la Société de développement commercial du Village (SDC), avait fait une rare apparition publique durant le conseil d’arrondissement du 6 mars dernier en plaidant pour Aires Libres. Le maire Tremblay a donc annoncé que, en après-midi la journée même, un accord avait été entériné entre l’arrondissement et la SDC en vue de la tenue estivale de l’événement du 17 mai au 6 septembre. La rue Sainte-Catherine sera donc piétonne entre Saint-Hubert et Papineau. Cependant, les questions d’itinérance, d’incivilités et de vente de drogues sont revenues sur le tapis et les citoyens de plusieurs secteurs de l’arrondissement se sont dit exaspérés.

Piétonisation
«Au sujet de la piétonisation, on a une entente et le SPVM est d’accord [pour fermer la rue] entre Saint-Hubert et Papineau, sauf un bout [entre Berri et Saint-Hubert] qui restera ouvert [pour des raisons] de sécurité», a souligné Gérald Tremblay devant un parterre à guichet fermé ou presque. Les abords de la place Émilie-Gamelin demeurant ainsi non sécuritaires avec leur lot d’itinérants et de revendeurs et de consommateurs de drogues… Le maire a remercié Alain Dufort, le directeur de l’arrondissement, André Lavallée, son chef de cabinet, et tous les intervenants et les citoyens impliqués pour avoir mis l’épaule à la roue et régler ainsi ce dossier. Avec l’épée de Damoclès pendant au-dessus d’Aires Libres, plusieurs commerçants, organisations et citoyens avaient appuyé les démarches de la SDC du Village en vue d’obtenir une fermeture complète de l’artère et ainsi permettre l’établissement des terrasses. Le maire a aussi, de manière surprenante, réitéré son objectif de voir, dans un certain avenir, Sainte-Catherine fermée «à partir du Quartier des spectacles» jusque dans le Village gai !

Après le maire, ce fut au tour du conseiller du district de Saint-Jacques, François Robillard, de féliciter l’administration municipale «sur la résolution de cette situation» menant à la fermeture de la rue Sainte-Catherine Est, soit dans sa juridiction.

En remplacement de Denis Brossard, qui n’a pu effectuer le déplacement, c’est Bernard Plante, le directeur général de la SDC qui s’est adressé aux élus municipaux et aux hauts fonctionnaires de l’arrondissement pour les «remercier d’avoir été à l’écoute des citoyens et des commerçants». «C’est un projet qui s’améliore d’année en année, cela a été un laboratoire avec beaucoup d’éléments qui sont testés comme des terrasses, des contre-terrasses […]» M. Plante s’est dit heureux d’avoir un support constant des PDQ (postes de quartier) 21 et 22 dont les policiers patrouillent le secteur du Village. S’adressant à M. Tremblay, M. Plante a voulu le remercier pour avoir ouvert la discussion avec l’arrondissement, ce qui avait été, effectivement, la promesse du maire lors du dernier conseil en vue d’une solution satisfaisante pour tous.

Cependant, on a appris que lors de la tenue d’événements de grande envergure au parc Émilie-Gamelin, il est clair que la rue Sainte-Catherine, sera barrée à la circulation automobile entre les rues Berri et Saint-Hubert, probablement pour les festivités de la Fierté Montréal, entre autres.

Itinérance et vente de drogues
Ainsi, malgré le bilan positif tracé par le maire Gérald Tremblay sur le développement immobilier et domicilier à Montréal et dans Ville-Marie – c’est-à-dire 197 projets totalisant 17 milliards de dollars – , le magistrat a répété que «la sécurité du centre-ville et la prise en charge des personnes en crise constituent notre priorité numéro un en ce moment et nous sommes en train de travailler avec le SPVM ainsi qu’avec les ministres Yves Bolduc [de la Santé] et Dominique Vien [déléguée aux Services sociaux]». Le maire a bon espoir que sa rencontre avec les ministres puisse aboutir concrètement à des mesures.

Des citoyens de plusieurs quartiers ont encore soulevés la question de l’insécurité, des incivilités, de l’itinérance et de la vente de substances illicites. Que ce soit une porte-parole d’une association de citoyens du Quartier chinois, madame Wong, ou François Verret, un gérant chez Wega Video (dans le Village), ces problématiques sont revenues sur le tapis. «Il y a plusieurs clients qui ne reviennent plus chez Wega à cause de la vente de drogues», a insisté M. Verret, un opposant à la piétonisation. M. Verret a souligné le cas d’une jeune fille revendeuse de stupéfiants qui opère à tout venant publiquement depuis six mois dans le secteur près de l’Olympia. «Oui, très bien, les policiers ont pris des notes et on va s’en occuper. On fait des efforts», a indiqué le maire qui a, par la suite, invité M. Verret à communiquer avec les représentants présents du SPVM.

«La vente de drogues est un problème récurrent autour de la Place Dupuis. Cela devient quelque chose de particulier et il faudra qu’on s’y intéresse de façon plus pointue parce que sinon cela deviendra presque un attrait touristique», a rajouté M. Robillard devant des hochements de têtes approbateurs de la part du public.

Autres nouvelles
Si la rue Sainte-Catherine Est, dans le Village gai s’est développée et a été revalorisée depuis les 30 dernières années, il en est tout autrement pour le trançon compris entre De Lorimier et la voie ferrée (la limite entre Ville-Marie et Hochelaga-Maisonneuve). Même si bien des membres de la communauté LGBT s’y sont installés depuis 20 ans environ, en périphérie du Village donc, une résidante du secteur, Lise Champagne, a fait un vibrant réquisitoire sur l’état de délabrement et le manque flagrant de services. «Je demande au maire seulement 30 min. de son temps afin qu’il puisse vérifier avec moi l’état du secteur et ce qu’il y aurait à faire pour le développer», a plaidé Mme Champagne. Reconnaissant, en effet, que cette portion de l’artère subi une constante régression, le maire Tremblay en a surpris plusieurs en acceptant l’offre de la résidante «oui, je vais y aller visiter le quartier avec vous, on va prendre rendez-vous et on va y aller ensemble parce que cela doit changer», a acquiescé le maire alors que la salle a réagi par des applaudissements. Visiblement heureuse, Mme Champagne a lancé à la blague «cela fait longtemps que je n’ai pas eu une invitation de sortir de la part d’un homme !».

Par ailleurs, les élus de Ville-Marie ont adopté une résolution accordant à la SDC du Village un montant de 70 000 $ dans le cadre du programme propreté 2012. On a également approuvé une affectation de 53 400 $ au SPVM pour l’embauche de quatre cadets policiers pour la tenue de la piétonisation, entre le 17 mai et le 3 septembre.

Les élus de l’arrondissement ont aussi octroyé une somme de 110 000 $ pour financer les projets de piétonisation des rues Sainte-Catherine Est, Saint-Paul (Vieux-Montréal) et Victoria.

Enfin, on a modifié le Règlement sur le civisme, le respect et la propreté afin de faciliter l’accès des propriétaires d’édifices ou leurs représentants au programme d’enlèvement des graffiti par l’entremise du site Internet de l’arrondissement de Ville-Marie.

Vingt-quatre citoyens ont pris part à la période de questions et la rencontre qui avait débuté à 19h s’est terminée vers les 21h30.

Prochain Conseil d’arrondissement : mardi 8 mai à 19h à la Salle de l’Ermitage du Collège de Montréal, 3510, chemin Côte-des-Neiges (non loin du métro Guy, au nord de Sherbrooke).
Infos : 311

 

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Publié le 04 avril 2012

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