Expéditions Canots Rabaska Sorel

HISTOIRE DE PHYSIQUE

Michel Joanny-Furtin
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Propriétaire de Canots Rabaska à Sorel, Gérald Desfossés affiche 74 années d’une forme physique qui ferait envie à tous les cinquantenaires… voire moins. Il faut dire que ce «vieux» jeune homme entretient sa forme depuis belle lurette puisqu’il fut même un modèle athlétique à succès dans les années 60 et 70 et l’un des modèles d’Alan B. Stone.

« J’ai gagné presque tous les concours canadiens de culture physique, catégorie junior, du Québec et j’ai même réussi à me placer troisième au concours Monsieur Amérique. Je pratiquais l’athlétisme, le karaté, le judo et le marathon. J’ai même couru le marathon de la francophonie en 2h40… à 51 ans ! »

« J’ai commencé à poser alors que j’étais étudiant en éducation physique et sportive. À l’époque je m'entraînais à la Palestre Nationale. On m’a proposé de participer à un concours culturiste junior Monsieur Montréal face à l'haltérophile Pierre Saint-Jean. J'ai créé la surprise en le battant alors que j'étais du même âge que lui avec moins d'entraînement, et qu’il se préparait aux Jeux de l'Empire. Impressionné par ma plastique, Alan Stone a pris des photos de moi. J’ai donc posé pour The Young Physique, Art Gallery, et d'autres revues. »

« Parmi les modèles en vogue, j’étais l’un de ceux qui avaient le corps correctement proportionné et qui étaient bien dans sa tête, ni «bum», ni «fucké». Ce qui m’a donné l’occasion de rencontrer de grands photographes. Quelques jours après cette photo publiée, je partais au concours de M. Amérique où je finissais troisième, puis à Londres pour terminer deuxième au concours Monsieur Monde en catégorie amateur. »

Un homme et ses mystères
« À l'époque, ce n'était pas des photos pornographiques; c'était juste des photos érotiques. Je publiais des annonces dans les magazines spécialisés. Je savais que je plaisais particulièrement la clientèle gaie. J'avais un contrat avec Alan qui reproduisait les clichés selon la commande et je lui versais un pourcentage. J'avais tellement de succès que même le postier avait dit à ma mère, quand elle récupérait mon courrier, qu’il était surpris d’en voir autant pour un seul abonné. »

« Grâce à mon travail de modèle, j’ai gagné énormément d'argent ce qui m'a permis de finir mes études. On l’a su à l'université et beaucoup se posaient la question, mais comme je jouais au hockey, personne ne m’a achalé. Même hétéro, j’aimais bien laisser planer un certain mystère sur le campus. Un hétéro qui dit pourtant préférer se faire masser exclusivement par des hommes. Je suis très à l'aise avec la communauté LGBT », complète-t-il en souriant.

« En photo artistique physique, tout s'est pratiquement arrêté d'un coup, suite à une descente de police dans le studio de Jimmy Caruso. Une affaire qu'on a, un peu trop vite, associée aux affaires des frères Weider. Cela a créé un profond malaise dans le monde du culturisme. »

« À l'époque, j'avais déjà abandonné la photo culturiste. Comme j'enseignais au primaire et au secondaire, je ne pouvais donc pas me permettre de mêler les genres. Mais je serais toujours reconnaissant à la clientèle LGBT qui m'a permis de rester en affaires et de monter mon entreprise de canots Rabaska. »

Tous dans le même canot
« Comme la saison de canotage se déroule de la mi-mai à la mi-octobre, je m'entraîne beaucoup pendant l'hiver, notre saison creuse, parce que ça prend du «power» et une bonne forme physique pour pouvoir assurer la saison d'été. »

« Ma grande passion pour l'athlétisme, le plein air et le canotage, me permet d’organiser depuis 15 ans des expéditions en Haute-Mauricie et dans la région de la Manicouagan. Canots Rabaska a gagné le Grand prix du tourisme 1987. Nous proposons un produit unique qui a toujours beaucoup de succès aux salons du tourisme de Paris. D’ailleurs, 75 % de notre clientèle est d'origine européenne. »

« Nous organisons des expéditions à la journée dans les îles de Sorel et de quatre à six jours sur les rivières Haut-Saint-Maurice et Pierriche à 73 km au nord de la Tuque. Dans un décor un peu à l'image du film Délivrance, mais en bien plus «le fun» et beaucoup moins dramatique, s’esclaffe Gérald, nos canoteurs recherchent l’isolement dans un environnement vierge et peu accessible, mais bien équipé et encadrement. Et, si nécessaire, le transport avec nos minibus. » Selon lui, une expédition en rabaska, c’est vraiment un produit récréatif original pour la clientèle gaie.

Les moules des canots sont fabriqués à Saint-Jean-des-Piles. Longs de 18 à 34 pieds de construction moderne et sécuritaire, ils sont recouverts d’une résine teintée qui rappelle les canots amérindiens. Ceux de 26 pieds servent beaucoup pour les bases de plein air et de vacances. Ceux de 34 pieds permettent d'emporter une vingtaine d'adultes pour des petites randonnées, sinon des courtes expéditions de quatre à six jours pour 6 à 10 personnes et leur matériel. Bref, une belle sortie d’été…

 

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Publié le 22 mars 2012

par Michel Joanny-Furtin