De la plume à l’écran

TUCKY WILLIAMS - Girl/Girl Scene, la web-série lesbienne américaine

Julie Vaillancourt
Commentaires

De l’écriture au tournage, comment l’aventure Girl/Girl Scene a-t-elle pris forme? Il va sans dire, l’ère virtuelle comporte ses avantages. La conceptrice, auteure et actrice de la série web Girl/Girl Scene, les a bien cernés. Pour Tucky Williams, jeune lesbienne dans la vingtaine, c’est l’occasion d’exposer les réalités saphiques.

La première saison, propose des épisodes de 45 minutes, sur les relations de les-biennes américaines, dans un univers scénarisé, mais non pas dénudé d’humour et de «situations inspirées du réel». Ayant grandi à Toronto, Tucky Williams ne cache pas son enthousiasme pour «tout ce qui est Canadien», tout en mentionnant les bons côtés de sa ville d’adoption dans l’État du Kentucky. Aux dires de la belle blonde, Lexington est une ville où il fait bon vivre et plutôt libérale, gouvernée par un maire gai. D’ailleurs, dès 15 ans, Tucky intègre les rangs de l’Université du Kentucky, afin de compléter un baccalauréat en Journalisme, option création littéraire, sous la supervision du poète et romancier James Baker Hall. Elle apprendra ainsi à manier la plume et à extérioriser ses souffrances par le biais de l’écriture. La série anglophone Girl/Girl Scene dénote non seulement une écriture et des dialogues travaillés, mais un humour savoureux et rafraichissant en lien avec le sujet lesbien. Entrevue avec Tucky Williams à propos de la série web Girl/Girl Scene.De l’écriture au tournage, comment l’aventure Girl/Girl Scene a-t-elle pris forme?



D’abord, il faut savoir que la majorité des événements qui se passent dans Girl/Girl Scene se sont déjà produits! Évidemment, c’est dramatisé et embelli pour les besoins de la série, mais lorsque vous voyez ces événements (spécialement les moments comiques), sachez que c’est basé sur la réalité! J’ai étudié l’écriture sous la supervision de feu James Baker Hall, un poète primé, natif du Kentucky. Il m’a appris que tout grand art provient d’une grande souffran-ce. J’ai essayé d’appliquer cela lors de mon écriture de Girl/Girl Scene. J’ai donc écrit le pilote en quelques jours, sans trop me creuser la tête, car je ne croyais pas que cet épisode allait aboutir à quelque chose. Cependant, nous avons rassemblé une équipe de production et une distribution d’acteurs (ce qui fut très difficile) et la série fut réalisée.

D’où vient la difficulté de trouver les acteurs pour la série?

Principalement à cause de l’orientation sexuelle des personnages. À la base, la série était peu révélatrice, en termes de sexualité présentée à l’écran (les choses ont changé depuis!). Ainsi, le problème pour les acteurs était vraiment de jouer «le rôle» d’un personnage gai. Lors-que vous êtes acteur, particuliè-rement au Kentucky, vous de- vez vous précipiter sur tous les bons rôles que vous pouvez trouver. Normalement, lorsqu’il y a un casting annoncé, vous avez une file interminable à la porte, mais dans le cas de Girl/Girl Scene, j’ai du aller à la recher-che d’acteurs. J’ai littéralement approché des gens dans la rue! Et ça a porté fruit! Je suis tellement reconnaissante envers la distribution que j’ai trouvée! Je n’aurais pas pu imaginer un meilleur groupe d’acteurs!


Avant la création de Girl/Girl Scene, tu as surement réfléchi à la représentation des LGBT. Crois-tu que les lesbiennes sont bien représentées dans les médias grand public aujourd’hui?

Ce que je n’avais pas vu dans les médias, c’est une représentation de ma vie en tant que lesbienne, soit une jeune femme qui aime sa vie en tant que lesbienne et qui est capable d’avoir du fun! Je savais que j’aimais regarder des séries où il y avait des filles séduisantes qui avaient des relations et des aventures délirantes et déchainées, alors c’est ce que j’ai créé! La journée où le premier épisode fut diffusé, j’ai eu un sentiment à la fois étrange et merveilleux. Encore aujourd’hui, j’ai peine à croire que la série est devenue aussi populaire et bien reçue!

En ces années «Post-The L World», de plus en plus de séries lesbiennes font leur apparition sur le web. Il semblerait que les lesbiennes sont d’autant plus visibles sur le web, que dans tout autre média. Le web est-il la nouvelle visibilité sociale des lesbiennes?

Le web est un bon endroit pour rejoindre un public cible, un créneau spécialisé. Je savais que ce marché spécialisé était friand de contenu lesbien, particulièrement celui écrit par une lesbienne. Je me sens aussi très connectée à ce que les filles de mon âge veulent voir, alors je peux le mettre directement à l’écran.

Girl/Girl Scene présente une bande sonore branchée, notamment la musique du groupe féminin et canadien Hunter Valentine. Est-ce important pour toi de donner une plateforme aux artistes lesbiennes actives dans la communauté et dans l’industrie musicale?

Hunter Valentine est dans un épisode, car c’est un groupe formidable! Le fait que plusieurs artistes lesbiennes collaborent à la série est arrivé de façon fortuite. Vous savez, on connaît des gens, qui connaissent des gens….Et dans mon cas, plusieurs personnes que je connais sont gaies! Ce que je crois, qui est important, c’est de présenter de la musique canadienne. J’ai passé une partie de mon enfance à Toronto et j’ai une affinité particulière pour tout ce qui est Canadien!


Ces temps-ci, l’intimidation en milieu scolaire est à la hausse et les jeunes LGBT n’y échappent pas. Étant ouvertement lesbienne, aurais-tu des conseils pour les jeunes LGBT?
Rester ou demeurer au placard – peu importe ta profession – est simplement ridicule. Éventuellement, il est possible de souffrir de discrimination, mais nous sommes maintenant tellement de gens qui sont heureux et affirmés que les homophobes ne peuvent que graduellement nous accepter. Soyez fortes et forts!

Des projets à venir?

Nous sommes présentement en pré-production de la deuxième saison de Girl/Girl Scene et le tournage a débuté à la mi-mars. Soyez prêt à découvrir la deuxième saison sur le web, dès cet été!

 

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De la plume à l’écran

TUCKY WILLIAMS - Girl/Girl Scene, la web-série lesbienne américaine

La première saison, propose des épisodes de 45 minutes, sur les relations de les-biennes américaines (...)

Publié le 20 mars 2012

par Julie Vaillancourt