Associations étudiantes

La modération a bien meilleur goût…

Julie Vaillancourt
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Depuis quelques années déjà, la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) promeut son carnaval d’hiver grâce à une vidéo qui affiche les couleurs des diverses associations étudiantes. Jusqu’ici, rien de bien dérangeant.

Le 10 janvier dernier, ladite vidéo présentait des étudiants buvant de l’alcool. Jusqu’ici, rien de bien nouveau. Cependant, sous les pressions exercées par la direction de l’université, la FAÉCUM s’est vue dans l’obligation de la retirer. Il va sans dire, c’est peu flatteur en termes d’image pour une institution universitaire, mais aussi pour sa population étudiante. Cela dit, ce n’est pas la première fois que l’on associe fiesta universitaire et beuverie. Même si la modération a bien meilleur goût, il y aura toujours des excès. En 2006, des étudiants de l’Université McGill se sont payé la manchette lorsque leur beuverie a tourné au strip-tease dans les locaux de l’institution.1 Deux années plus tôt, Dany Tremblay, étudiant de l’Université du Québec à Chicoutimi, décédait à la suite d’une beuverie…

Cas isolés? Infime minorité qui assiste aux soirées « carnavalesques »? Détrompez-vous! La fête semestrielle de la FAECUM attire en moyenne 2000 étudiants. Outre la quantité d’alcool ingurgité, le problème réside dans l’image et dans les propos véhiculés. Malgré le retrait de la vidéo, des étudiants de ComMédia (journal pour les étudiants en communication de l’Université de Montréal) demandent des excuses, jugeant la vidéo inacceptable. « On y voyait, entre autres, des femmes en petite tenue, des hommes enchaînés torse nu recevant de la bière en plein visage ainsi qu’une scène simulant une fellation. Encore, des propos tels que “Ils vont se faire ‘raper’ sans condom” y étaient énoncés» 2 .

Pour une fédération étudiante qui défend les droits des étudiants, la violence et le sexisme, diffuser de tels propos fait preuve d'un manque de jugement. La ligne entre la blague et le geste peut parfois être mince. Comme argumenté par ComMédia, c’est une mise en scène du réel qui revient à banaliser certains comportements sociaux, dont la violence, le sexisme, l’exploitation sexuelle et même le viol. Présenter des propos et des images misogynes et rire du viol ou des maladies transmises sexuellement n’ont rien de drôle.


1 http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2006/02/14/007-McGill-Beuverie.shtml
2 http://commediamag.com/video-faecum/

 

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Publié le 22 février 2012

par Julie Vaillancourt