Cuisinier au resto Sur Bleury

FRÉDÉRIC BERNIER

Michel Joanny-Furtin
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Gaspésien originaire de Matane, le cuisinier Frédéric Bernier a pas mal bourlingué avant de s’échouer à Montréal où il a trouvé son île «Sur Bleury». C’est le nom du resto, au 1067, où sa barque accosta après quelques vagues en Alaska.

« J'ai toujours aimé manger, admet Frédéric Bernier. Ma mère cuisinait beaucoup. Arrivé à 20 ans sans trop savoir quoi faire, j’avais gardé le goût de la vraie nourriture. Alors que j’avais commencé des études internationales à l'Université Laval, je suis devenu cuisinier à l'âge de 23 ans. »

« Je me suis marié avec un Américain et nous sommes parti aux États-Unis pendant quelques années, en Alaska puis à New York, avant de revenir à Montréal. Notre couple n’y a pas résisté. »

« En ce qui concerne mon orientation sexuelle, je n'ai pas eu de problème, mais pas dès que je me suis affirmé. J’ai toujours pensé qu’il faut être capable de prendre son ''boutte''. Le milieu de la cuisine est plutôt salace et assez macho, mais je n'ai pas vraiment eu de problème. »

« J’ai beaucoup appris aux États-Unis. La cuisine américaine est très intéressante, mais elle souffre de beaucoup de préjugés, trop de stéréotypes basés sur une généralité. Or, il y a beaucoup de producteurs locaux, de bons fromages et nombre de produits fait-maison. Ils ont une réelle fierté de leur patrimoine culinaire. On trouve beaucoup de petits restos de quartier à New York et même en Alaska. Et souvent moins cher qu’à Montréal ! »

« Ici, j’ai travaillé chez Vertige (sur Duluth), un excellent restaurant gastronomique avec une cuisine française classique et une carte des vins pas trop dispendieuse. J’ai aussi travaillé aux Délices d'Amandine et chez le traiteur Dansereau.

Élever les ingrédients au niveau supérieur

Sur Bleury propose une cuisine du marché tous les midis du lundi au vendredi. Le soir, le lieu propose une belle salle de réunion pour accueillir des événements spéciaux ou privés pour une quarantaine de personnes, « Sur Bleury est un coin à découvrir » affirme le cuisinier.

« Nous sommes deux en cuisine, le chef et moi, à préparer des plats et des salades du jour, fait-maison, et beaucoup de légumes racines dans le respect des saisons », reprend Frédéric Bernier. « Je m'intéresse au côté artisanal et à l'aspect culturel de la cuisine. Et la technique compte beaucoup dans le travail du cuisinier. »

« Les aliments sont souvent délicieux sans être transformés. Il faut élever les ingrédients à un niveau supérieur. Je suis fasciné par la cuisine latino-américaine et la cuisine asiatique. C’est cette cuisine que j’aime faire. »

Et les poissons aussi le passionnent. Selon Frédéric Bernier, le saumon du pacifique est de meilleur qualité que le saumon de l'atlantique, sauf que « je suis contre l'exportation intensive lorsqu'il est possible d'acheter localement », corrige le cuisinier. « C'est un poisson très rare et sa commercialisation à Montréal ne fait aucun sens. Et puis l’éperlan, le hareng et le maquereau sont des poissons tout aussi intéressants à cuisiner. »


Sur Bleury - 514 866-6161
1067 rue de Bleury (angle de la Gauchetière)
www.surbleury.com

 

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Publié le 21 février 2012

par Michel Joanny-Furtin