Semaine de prévention du suicide Le suicide? Pas une option

Denis-Daniel Boullé
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Lors de la Semaine de prévention du suicide, organisée au début février par l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), les porte-parole ont rappelé que face aux difficultés que l’on peut rencontrer, il y a beaucoup d’autres solutions que celle du suicide

Armé de chiffres, le directeur général de l’AQPS, Bruno Marchand, brosse un tableau alarmiste : chaque année, 1 100 Québécois s’enlèvent la vie, environ dix proches sont affectés par chaque suicide et 33 690 personnes font une tentative de suicide. Cela constitue, selon l’AQPS, non pas des drames individuels, mais un problème de société. Les jeunes LGBT ont été ciblés particulièrement cette année, étant donné que les chiffres prouvent qu’ils sont les plus à risque dans leur catégorie d’âge. Le président-directeur général du Conseil québécois des gais et lesbiennes, Steve Foster, s'est réjoui de cette nouvelle et a accepté de participer à la campagne vidéo de l’organisme. M. Foster y confie que lorsqu’il était jeune et qu’il se sentait seul à porter le fardeau de son orientation se-xuelle, il a tenté de se suicider. Pour le président du conseil d’administration de la Chambre de commerce gaie du Québec (CCGQ), Thierry Arnaud, «le suicide touche toutes les catégories sociales et professionnelles. Il est donc important de s’associer à ce type de campagne, pour que, dans les entreprises, on soit attentif à la détresse que peuvent vivre certains employés».

En mettant l’accent sur le nombre de personnes qui ont déjà été touchées par la disparition brutale d’un proche, Bruno Marchand souhaite que la population, sensibi-lisée, joue un rôle prépondérant dans la pré-vention. De fait, c’est l’entourage qui est le mieux placé pour détecter les signes de détresse psycho-logique et pour intervenir. Il est en effet très rare que le suicide ne relève pas d’une détresse profonde. «On parle souvent d’une personne qui a décidé de mettre fin à ses jours comme un acte de liberté individuelle, comme un choix à respecter, mais dans les faits, c’est exceptionnellement rare, avance la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, Rose-Marie Charest. Quand on regarde les semaines qui ont précédé l’acte, il y a toujours des signes d’une grande souffrance que l’on a pu ou su percevoir». Rose-Marie Charest a tenu à rappeler que, dans ces cas, il ne faut pas hésiter à consulter, même si la santé
mentale reste le parent pauvre dans notre système de santé. Des lignes d'aide comme Gai Écoute regroupent d'ailleurs des bénévoles formés pour écouter et pour guider des personnes en détresse en raison de leur orientation sexuelle.

 

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Publié le 20 février 2012

par Denis-Daniel Boullé