Campagne de financement « L'homophobie, ça suffit! Je donne au GRIS »

Récolte record de 172 419 $ pour le GRIS-Montréal

André-Constantin Passiour
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«L’homophobie, ça suffit ! Je donne au GRIS» tel était le mot d’ordre de cette 8e campagne de levée de fonds pour le GRIS-Montréal, un organisme qui effectue la sensibilisation à l’homosexualité en milieu scolaire. Une somme de 172 419 $ a été amassée au cours des dernières semaines ce qui est un record absolu pour cette association. L’objectif était de 120 000$.

En tout, on compte 800 donateurs. La technologie aidant, plusieurs nouveautés ont contribué à faire de cette campagne un vrai succès. C’est donc, en grande pompe, dans les salons privés de la Banque Royale (Groupe RBC), au 41e de la Place Ville-Marie – avec des vues à couper le souffle sur le centre-ville – que l’on a procédé à la clôture officielle de la campagne, le 26 janvier 2012.

Bien entendu, on a pu entendre tour à tour les comédiens Macha Limonchik et Vincent Bolduc, les deux porte-parole du GRIS-Montréal, l’ex-joueur de l’Impact de Montréal, David Testo, qui a récemment fait sa sortie du placard, Robert Pilon, le président du GRIS, ainsi que Maurice Côté, vice-président de RBC Banque privée et également président de la campagne.

«Nous avons ramassé environ 121 000 $ l’an dernier, c’est donc au moins 50 000 $ de plus. C’est quelque chose de majeur mais, en même temps, cela met la barre très haut pour une future campagne», de commenter Robert Pilon, le visage radieux et les yeux pétillants ! Et Robert Pilon avait de quoi être satisfait puisque le montant recueilli n’était pas le seul record atteint. Le GRIS-Montréal a effectué pas moins de 1163 interventions dans les écoles ce qui signifie 30 238 jeunes rencontrés au cours de l’année !

Il y a eu 800 donateurs lors de cette récolte, soit 15 % de plus que l’an passé. «Nous avons reçu un don de plusieurs milliers de dollars d’un particulier», a dit M. Côté sous les applaudissements des gens présents. «À eux seuls, les membres du cabinet [de la campagne de financement] ont réussi à amasser 50 % du montant total», a rajouté Maurice Côté à la satisfaction du public qui a chaudement applaudi les nombreux membres du comité.

Trente et une entreprises, dont le Groupe RBC, J. Armand Bombardier, BMO Groupe Financier (Banque de Montréal), la Banque Toronto Dominion, Bell, le Groupe Leclair, entre autres, ont effectué des dons. De plus, le GRIS a enregistré des dons de 22 députés et ministres y compris celui du ministre de la Justice et Procureur général du Québec, Jean-Marc Fournier qui, malheureusement à cause d’un empêchement, n’a pu être sur place pour l’occasion.

Il semblerait que quelques nouveautés ont incité les gens à mettre la main à la poche plus facilement. On a permis des paiements pré-autorisés, des dons par carte de crédit grâce à Paypall et le micro site encourageait le public en ce sens. «On voit que les technologies font la différence», souligne M. Côté.

Vibrant témoignage

Américain venant d’un milieu très religieux de la Caroline du Nord, David Testo a remercié l’implication du GRIS dans la société, contribuant ainsi à son ouverture. David Testo tenait également à remercier les bénévoles et les donateurs qui permettent ainsi à l’organisme de continuer son œuvre.

Il a rappelé qu’à Montréal, il pouvait «marcher main dans la main avec [son] conjoint de manière normale» sans que cela suscite de réactions négatives. Encore jeune, «je voulais marcher dans les souliers à talons hauts de ma mère», a-t-il dit en faisant éclater de rire toute la salle ! Mais il a souligné aussi les moments sombres de son adolescence, alors qu’il se savait «différent» des autres alors que les filles ne lui disaient rien et qu’il préférait plutôt les garçons. «C’était une période de grands questionnements intérieurs, c’était très difficile», a-t-il révélé. En référence au phénomène de l’intimidation (bullying), étant devenu sportif, David Testo a dit être lui-même devenu un «bully», «parce que j’avais de profonds tiraillements et que je ne savais pas comment exprimer mes sentiments, il m’a fallu de l’aide pour comprendre que j’étais gai et cela m’a rendu plus humble et capable de mieux vivre avec mes sentiments et qui je suis en réalité», a avoué David Testo qui habite Montréal depuis 2006.

Il a dit, en quelque sorte, que plus jeune, il aurait aimé que des gens comme les bénévoles du GRIS viennent parler d’homosexualité dans les écoles. «On a besoin d’avoir des modèles [role models] positifs pour nous montrer que l’on peut vivre en étant gai. […] Je remercie les intervenants parce qu’ils font un très bon travail auprès des jeunes», a conclu M. Testo.

Victime de son succès !

«Le GRIS est victime de son succès et les demandes d’interventions publiques vont sans cesse en augmentant», de dire M. Pilon. Lors des différents événements associés au Plan gouvernemental de lutte contre l’homophobie, le ministre Fournier a souvent fait référence au GRIS en tant qu’exemple parfait de groupe impliqué dans la démystification à l’homosexualité et, donc, un moyen de lutter contre l’homophobie et l’intimidation dans les écoles. «Cela a fait qu’on a plus souvent entendu parler du GRIS comme étant un groupe et un partenaire sérieux», note M. Pilon. Plus les projecteurs sont braqués sur l’association, plus les requêtes fusent de la part des écoles. Mais il y a un hic : les bénévoles venant parler de leur propre expérience, eux, ne sont pas au rendez-vous. Avec les années, malgré la hausse des sessions dans les écoles, le nombre de bénévoles est demeuré pratiquement stable.


C’est pourquoi, en parallèle à levée de fonds, on a lancé une autre campagne, de recrutement de bénévoles cette fois-ci. On a imprimé des centaines de cartons portant la mention «Démystifier l’homosexualité et la bisexualité, ça commence avec TOI !». «C’est très important, parce que si on n’a pas de gens volontaires pour aller dans les écoles, on ne peut pas répondre à la demande et, donc, on ne pourra pas aider les jeunes, poursuit Robert Pilon. On ne veut pas mettre trop de pression sur nos bénévoles actuels. L’idéal serait que, en plus de faire des dons, les entreprises, comme les banques par exemples, consentent à libérer un de leurs employés un jour par mois pour venir parler d’homosexualité dans les écoles, ce serait très bien.»

 

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Publié le 27 janvier 2012

par André-Constantin Passiour