SHAME

La solitude du baiseur invétéré

Hector Cartier
Commentaires

Brandon, le personnage principal de Shame [honte] — le film splendide de Steve McQueen — ne s'attache pas aux nombreuses femmes qu’il rencontre. Nous connaissons tous des gais qui vivent comme Brandon, nous-mêmes parfois — à une certaine époque de notre vie — ou des amis.

Il drague à peu près tout le temps, sur la rue, dans le métro, au boulot. Il rencontre dans les bars et les ruelles de New York, s'enlisant dans le sexe sans suite avec des femmes et comble son vide existentiel en surfant sur les sites pornos, tant au bureau que chez lui; puis complète à la main par des branlettes rageuses qui l'humilient lorsqu'il se fait surprendre. Quand le portier d’un club lui refuse l’entrée, il n’hésite pas à se diriger dans un sex-club gai pour se faire sucer par d’autres hommes.

Dans les première scènes du film, nous découvrons son corps nu sous toutes les coutures, et c'est Michael Fassbender qui l'incarne dans des plans composés de main d'artiste : le réalisateur Steve McQueen est aussi un photographe et il sait mettre en valeur le corps masculin.




Il faut une sacrée maîtrise à l'acteur pour donner corps et substance à ce baiseur invétéré qui s'enfonce dans sa boulimie sexuelle comme l'alcoolique vide sa bouteille. «Pourquoi se mettre à nu serait-il un problème, s'interrogeait récemment Michael Fassbender dans une interview. Nous avons tous un corps. Je suppose qu'il n'y a aucune raison d'être mal à l'aise.»

Évidemment la mise à nu dans le film concerne surtout l'âme du personnage. En général, dans les films qui cadrent un personnage, nous avons droit à une succession de retours en arrière qui nous montrent les origines du dysfonctionnement du héros. Ici, non, et c'est la force de Shame. On comprend que Brandon et sa sœur, chanteuse de boîte de nuit, partagent un problème, et c'est tout. Message du réalisateur : vivez maintenant, débrouillez-vous et évoluez. Sinon, endurez! Implacable, mais si juste.

 

  Envoyer cet article

SHAME

La solitude du baiseur invétéré

Il drague à peu près tout le temps, sur la rue, dans le métro, au boulot. Il rencontre dans les bars (...)

Publié le 27 janvier 2012

par Hector Cartier