Rencontre avec Steve Bastien

Le mois de l’histoire des Noirs selon Steve Bastien

Denis-Daniel Boullé
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Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, nous avons demandé au président de l’organisme Arc-en-ciel d’Afrique... en tant qu’homme gai et homme noir, quelle est pour toi l'importance de souligner la communauté noire par un mois d'activités ?

Je dois d’abord dire que c’est avant tout le petit garçon ayant grandi à Montréal et qui a fréquenté le système scolaire québécois, qui se réjouit tous les ans lorsqu’on célèbre le Mois de l’Histoire des Noirs. En effet, puisqu’on ne mentionnait pas l’histoire des Noirs, je me posais toutes sortes de questions sur la réalité des Noirs. Mon histoire se résumait-elle à l’esclavage, à la ségrégation, à la dictature des Duvalier puis à l’émigration de mes pa-rents? Y avait-il des hommes et des femmes Noirs au Québec et au Canada avant les années ’60 ?

Ce n’est qu’au début de la vingtaine, en travaillant au sein de la troupe de théâtre anglo-montréalaise, Black Theater Workshop que j’ai appris un nombre incommensurable de faits historiques portant sur la présence des Noirs au Canada. De l’arrivée de Samuel de Champlain qui avait pour accompagnateur-traducteur un homme noir portant le nom de Mathieu Da Costa, à la présence d’hommes et de femmes ayant fui l’esclavage qui sévissait aux États-Unis pour s’installer au Québec et en Nouvelle-Écosse….

Ainsi, devenu adulte, il m’apparaît important qu’une société pluraliste comme celle du Québec souligne l’histoire des Noirs pour informer et éduquer tout un chacun d’une part et pour renforcer le tissus social d’autre part. L’histoire devrait, selon moi, être, autant que possible, un vecteur de rapprochement dans une société. Les enjeux et la lutte des droits sociaux de la communauté LGBT ressemblent un peu à ceux des noirs lors de la ségrégation aux États-Unis et encore aujourd’hui à un certain égard…

Le mois de l’histoire des Noirs, à mon avis, c’est aussi un temps d’arrêt et de regard sur ma société pour voir ce qu’elle a accompli et ce qu’elle a encore à faire en terme de justice sociale et d’équité.

Étant noir dans une société majoritairement blanche, fils d’immigrants et gai, j’ai vite pris conscience de l’importance de savoir d’où je venais pour mieux savoir où j’allais. En ce sens le JE ME SOUVIENS québécois me sied bien et m’interpelle souvent. Un mois dédié à l’histoire des noirs demeure important.

Comment les membres LGBT de cette communauté peuvent-ils s'inscrire dans cet événement et quel rôle peuvent-ils y jouer ?

En participant aux nombreuses activités sociales et culturelles mises sur pied dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs d’abord et avant tout pour le plaisir d’apprendre en allant à la rencontre de «l’autre» qui n’est pas si différent que ça, somme toute… Les LGBT issus des communautés noires pourront selon moi être à la fois des ambassadeurs de leurs histoires et de leurs réalisations contemporaines.

En assistant aux films présentés dans le cadre du Festival Massimadi, organisé par Arc-en-ciel d’Afrique, du 6 au 12 février prochain.

 

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Publié le 23 janvier 2012

par Denis-Daniel Boullé