Rencontre avec Roger Noël du bureau de lutte contre l’homophobie

Bientôt l’annonce des projets retenus

André-Constantin Passiour
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L’an dernier, le gouvernement québécois annonçait son fameux «Plan d’action gouvernemental de lutte contre l’homophobie» dans lequel on y trouvait à la fois la création d’un Bureau de lutte contre l’homophobie et du Fonds de lutte contre l’homophobie. Fond auquel les groupes communautaires peuvent faire appel pour des subventions qui respectent les visées du Plan. Ainsi, en date du 1er décembre, plusieurs organisations ont déposé des projets qui, apparemment, répondent bien aux critères. C’est en février prochain que le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, informera le public quant aux dossiers choisis. Rappelons que l’enveloppe pour cette année est de 400 000 $. Du côté du Bureau, on dit que le suivi sur les sommes dépensées sera rigoureux afin d’éviter tout dérapage…

Ce «Fonds de lutte contre l’homophobie» comprend le budget total de la stratégie qui est 7,1 M$ sur cinq ans. Toutefois, une tranche de 400 000 $ a été dégagée pour la période 2011-2012 avec une nouvelle «année financière» débutant le 31 mars prochain, pour 2012-2013, dont la somme «n’a pas encore été déterminée à l’heure actuelle, l’annonce sera faite par le ministre [Fournier]», de dire Roger Noël, le coordonnateur du nouveau Bureau de lutte contre l’homophobie.

«Ce gouvernement est très impliqué dans cette lutte et le ministre Jean-Marc Fournier, qui a l’appui du premier ministre [Jean Charest], y est totalement commis, déclare M. Noël. C’est prometteur pour la communauté parce que le gouvernement croit en cette cause.»

Si M. Noël ne voulait pas dire combien de groupes exactement ont fait une demande de subsides, en revanche il confirme que «la réponse a été très bonne. Nous sommes assez satisfaits du nombre de projets», a-t-il ajouté. En général, l’ensemble des dossiers présentés avant la date butoir du 1er décembre dernier couvre les trois objectifs fixés par le «Plan», soit la sensibilisation et l’éducation (par exemple l’harcèlement et l’intimidation à l’école), favoriser le respect des droits des personnes et les soutenir, et favoriser le mieux-être des personnes LGBT, ce qui veut dire aussi venir en aide aux victimes… «Dans les normes du programme, il est prévu que l’on puisse déterminer des priorités, mais étant donné qu’il s’agit de la première année de la mise en application du Plan d’action, on ne l’a pas fait et on a laissé les groupes libres de choisir leurs projets», indique M. Noël.

On en est à l’étape de l’étude et de l’analyse financière, ceci est réalisé par Roger Noël et deux autres fonctionnaires du ministère de la Justice. «Cela évite les conflits d’intérêts puisqu’ils ne sont rattachés à aucune organisation, à la fois ils connaissent bien la problématique et le milieu communautaire», commente Roger Noël. Mais ce comité ne fait que des recommandations puisque le ministre Jean-Marc Fournier aura le dernier mot quant à la décision finale.

Comment s’assurer que les sommes seront bien dépensées ? Qu’il n’y aura pas trop de «frais de représentation», de repas dans les restos, de locations de camions ou d’équipements onéreux ? «Le suivi sera assez étroit, estime M. Noël. Plus le montant est élevé, plus on exigera une reddition des comptes avec des preuves justificatives. Dans certains cas, il n’y aura pas de 2e versement tant qu’on n’aura pas vérifié la pertinence des dépenses et l’atteinte des objectifs.» Lorsqu’on financera une association, des barèmes et des indications seront fournis quant aux choix des services, le salaire des dirigeants et employés qui seraient acceptables, de même que des coûts de services raisonnables. «Il s’agit de fonds publics, donc on tiendra assez bien les cordons de la bourse et on exigera définitivement des comptes», promet le coordonnateur du Bureau de lutte contre l’homophobie.

Plus tard cette année, on devrait voir une campagne de sensibilisation médiatique massive telle qu’énoncée dans le Plan. Si les organismes font un bon boulot sur le terrain, cette campagne publicitaire cherchera à sensibiliser la population en général sur l’intimidation et l’homophobie à l’école surtout. «À la lumière des événements des derniers mois [les suicides d’adolescents], on veut contrer l’intimidation qui est une forme d’homophobie. Un montant de 1 M$ est prévu à cet effet-là. C’est une campagne qui va frapper fort», insiste M. Noël.

Roger Noël occupe ce fauteuil depuis septembre dernier. Il provient du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles. Il a étudié à l’UQAM et avait été de l’équipe de Johanne Otis (département de sexologie), pour l’étude Oméga sur les hommes gais et bisexuels, une recherche qui a duré environ quatre ans. Pour l’instant, Roger Noël est le seul fonctionnaire en poste à ce Bureau cependant, éventuellement, deux autres fonctionnaires y seront affectés…

 

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Publié le 23 janvier 2012

par André-Constantin Passiour