Naked de Dylan Rosser

Une passion pour la nudité masculine

Yves Lafontaine
Commentaires

Originaire d’Afrique du Sud, mais installé à Londres depuis plus de 10 ans, Dylan Rosser est considéré comme l’un des meilleurs photographes de nu masculin. Alors que la maison d’édition Bruno Gmünder vient de publier NAKED, son quatrième album de photos, Dylan a répondu à nos questions.

Comment en es-tu venu à la photographie?

C’était d’abord un passe-temps que je pratiquais durant mes temps libres. Puis, un ami m’a demandé de prendre des photos de lui pour son profil de site de rencontres (Gaydar), et d’autres demandes du même type ont suivi, ce qui m’a mené par la suite à photographier des escortes pour leurs publicités dans des magazines. Tout s’est fait graduellement, tant mon apprentissage que le travail comme tel.



Te souviens-tu de la première photo de nu que tu as prise?

Pas précisément, mais je crois que c’était en vacances à Cape Town. J’ai vu une publicité d’un modèle qui offrait ses services aux photographes et je l’ai contacté pour tester le potentiel de ma caméra. À l’époque, il s’agissait d’une caméra avec de la pellicule, et je dois bien avoir encore les négatifs quelque part dans mon studio.

J’ai lu quelque part que tu as d’abord été designer graphique. Penses-tu que cette expérience t’a aidé dans la composition de tes photos?

C’est certain. Le design, pour moi, c’est créer un logo, une page ou une publicité qui est agréable à l’œil, bien balancé, recherché. Et c’est exactement ce que je tente d’amener dans mon style photographique.

Après X-posed, Red et 100, tu reviens avec Naked, un quatrième album de photos (superbes, dois-je préciser). Même si le titre semble ne rien laisser à l’imagination, de quelle manière est-il différent de tes autres albums?

Une grande partie de mon travail publié dans les trois premiers albums a été pris dans mon petit studio, avec un fond minimaliste et simple. Le défi imposé par les petits espaces est intéressant, et cela me force à travailler la composition encore plus, mais, à la longue, cela devient une contrainte. Dans un espace limité, il est difficile de prendre suffisamment de recul pour photographier le corps du modèle au complet. Avec ce nouvel ouvrage, je me suis permis une variété plus grande de lieux et ne me suis pas limité à mon studio. J’ai utilisé, par exemple, le plein potentiel d'entrepôts gigantesques et d'hôtels à la décoration extravagante. Sinon, Naked possède encore ce qui caractérisait mes autres livres de photos, c’est-à-dire de très beaux hommes sans aucun vêtement et pas mal de nudité frontale…



Comment sélectionnes-tu tes modèles?

J’utilise des sites de réseautage de modèles (comme Model Mayhem), Facebook, le bouche-à-oreille et j’aborde directement certains gars qui ont ce qu’il faut, selon moi. Mais comme c’est beaucoup demander à un modèle de poser complètement nu, on refuse très souvent mes offres.


Y a-t-il des modèles avec qui tu travailles souvent ou depuis longtemps?

À moins de trouver un concept totalement différent, je préfère ne pas photographier les mêmes modèles plus d’une fois. Il arrive qu’après une séance en studio je demande à un modèle de le photographier en extérieur ou qu’après avoir travaillé avec moi pour un autre type de projet, un modèle me rappelle pour me dire qu’il est d’accord pour des photos de nu intégral. À partir du moment où un modèle devient mon ami, je préfère ne plus travailler avec lui pour des photos nues. Je sais que ça peut sembler particulier, mais il est plus facile pour moi de travailler avec un étranger complètement nu qu’avec un ami complètement nu.

En général, le travail avec les porn stars est-il différent de celui avec les autres genre de modèles ?

Généralement, les vedettes de la porno sont beaucoup plus exhibitionnistes, ce qui est bon pour ce type de photos. Les modèles qui aiment jouer avec la caméra, qui connaissent bien leur corps réussissent plus facilement à créer de meilleurs résultats.



Tu as travaillé avec un très grand nombre de modèles. De mémoire, quelle rencontre fut la plus mémorable ou la plus amusante pour une session photo ?

J’étais en vacances et j’ai croisé un modèle très séduisant un soir dans un bar. L’ami qui m’accompagnait l’a convaincu de passer me voir le lendemain pour que je prenne des photos. Il avait un corps époustouflant et il a accepté de faire des photos nues, mais pas frontales. Le lendemain matin, il m’a appelé pour me dire qu’il avait été sur le party toute la nuit et qu’il avait une érection permanente. J’étais convaincu qu’il allait annuler notre rendez-vous pour se rendre à l’hôpital immédiatement. Mais non, il voulait seulement qu’on se voit plus tôt pour la session de photos et se rendre ensuite à l’hôpital. Alors, pendant tout le shooting photos, j’ai eu devant moi ce superbe modèle, en érection constante qui prenait différentes poses pour masquer l’énorme érection qu’il avait. On a pris des photos en maillots de bain et sa queue avait tendance à vouloir sortir d’un côté ou de l’autre du maillot. C’était assez drôle. Il a fallu pas mal de photoshot plus tard pour cacher tout ça. Disons que ce fut un avant-midi assez surprenant.


As-tu une partie du corps préférée, que tu prends plaisir à photographier?

Il y a plusieurs parties du corps qui m’intéressent : le pénis, bien évidemment, mais aussi le torse, les abdominaux et le visage. C’est à travers le regard que passe l’émotion, la plupart du temps.

Pour Dylan Rosser, la beauté est elle synonyme de perfection physique?

Je pense qu’il s’agit de choses différentes. La perfection physique, pour moi, c’est une grosse queue, des abdominaux en format huit tablettes de chocolat, un torse en V, des proportions exagérées qui rappellent les superhéros des bandes dessinées. La vraie beauté n’a pas besoin de tout cela et tient plus de la douceur et de la vulnérabilité. Pour moi, il faut des défauts pour être beau.



NAKED, livre de photos par Dylan Rosser. Bruno Gmunder, 2011.

 

  Envoyer cet article

Naked de Dylan Rosser

Une passion pour la nudité masculine

Comment en es-tu venu à la photographie? C’était d’abord un passe-temps que je pratiquais durant me (...)

Publié le 28 novembre 2011

par Yves Lafontaine