Katakombes et la soirée d’ouverture

Le bar mythique des mâles renaît

André-Constantin Passiour
Commentaires

Après près de deux décennies, le bar Katakombes connait une seconde vie. Même s’ils ne l’ont pas connu, les plus jeunes gais ont pour la plupart entendu parler du Katakombes, cet ancien bar underground, parsemé d'alcôves tentatrices, aux murs de pierres et de béton.

Certains se sont laissé dire que les nuits y étaient chaudes, que sa musique ne jouait nulle part ailleurs et que sa faune, variée, était composée autant d'artistes que de sportifs. Jusqu’en 1994, le bar Katakombes était l’endroit où les mâles et les gars de cuir se donnaient rendez-vous.

À l’époque, le poil était à l’honneur, et on y allait autant pour les performances à tendances fétichistes que pour les « spectacles » qu’offraient les habitués et les touristes. Une intervention policière a abruptement mis un terme au fantasme. Dix-sept ans plus tard, le Katakombes rouvre ses portes. « Avec les partys organisés par Ghislain Rousseau et Fétiche Armada, on a constaté qu’il y a un renouveau dans le milieu cuir et fétichiste gai à Montréal, que les choses bougent, que cette scène redevient active et dynamique. Il s’agit d’une clientèle d’hommes de 25 à 45 ans qui veulent sortir dans un endroit où ils seront confortables et acceptés. C’est ce qu’on veut leur offrir avec l’ouverture de ce nouveau Katakombes», élabore avec conviction Pascal Lefebvre, copropriétaire des lieux avec Greg Thibault.

Comme on peut s'en douter, l’endroit a été rénové et remis à neuf. «On a réaménagé le Katakombes au grand complet », continue Pascal Lefebvre. Les propriétaires y ont intégré des scènes de la mythologie grecque, notamment des peintures des dieux Priape et Apollon. «Pour le décor, on a misé sur les références à la Grèce antique, parce que les Grecs étaient très ouverts sexuellement. On trouvait que ce style ajoutait du cachet au bar et s’imbriquait bien dans le concept des alcôves», explique M. Lefebvre avec fierté. Et pourquoi les propriétaires ont-ils repris l'ancien «Katakombes» pour baptiser leur tout nouveau bar? «Lorsqu’on a amorcé les travaux, on a remarqué qu’il y avait encore le logo du défunt bar incrusté dans un mur. Il était intact. On l’a dépoussiéré et rafraîchit. On a donc décidé de garder le nom, qui fait d'ailleurs partie de l’histoire gaie de Montréal», apporte M. Lefebvre. Le bar sera ouvert sept jours sur sept dès 16 h, soit juste à temps pour les spéciaux du 5 à 7. On y trouvera, entre autres, des tables de billard. Du vendredi au diman-che, le bar sera réservé aux hommes seulement. La musique sera variée : les jeudis vibreront d'un son rock-alternatif, les vendredis tendront vers le tech-house, alors que les samedis se consacreront au house. «On veut plaire au plus grand nombre de gens possible», souligne M. Lefebvre.

Le 5 novembre prochain, astiquez votre cuir et faites reluire vos chaînes, car, dès 22 h, c’est la grande ouverture du bar Katakombes. Afin de réunir et de séduire tous ces durs à cuire, il fallait un événement à la hauteur de la réputation de ce haut lieu de la virilité : un party BlacKKnight, signé Fétiche Armada! « C’est un honneur pour Fétiche Armada de procéder à cette ouverture avec un BlacKKnight, note Ghislain Rousseau, coorganisateur de la soirée, cofondateur de la boutique Fétiche Armada et M. Cuir Montréal 2010. Nous nous sentons privilégiés, car c’est un endroit mythique que les gens redécouvriront sûrement avec excitation», Jusqu’à présent, chaque BlacKKnight a été un véritable happening, que ce soit à l’Aigle Noir ou au défunt Tools. «Cette soirée se déplace pour innover, pour expérimenter diffé-rents lieux, élabore M. Rousseau. Nous travaillerons avec le personnel de Katakombes afin de créer une soirée bimes- trielle qui sera exclusive à l'endroit. Quant au party BlacKKnight lui-même, il continuera d’évoluer pour satisfaire la clientèle, qui se renouvelle constamment justement en raison de l’originalité et de la qualité de cette soirée.»


Katakombes 1450, rue Sainte-Catherine Est (sous-sol). www.katakombes.com

 

  Envoyer cet article

Katakombes et la soirée d’ouverture

Le bar mythique des mâles renaît

Certains se sont laissé dire que les nuits y étaient chaudes, que sa musique ne jouait nulle part ai (...)

Publié le 25 octobre 2011

par André-Constantin Passiour