Anglicans

Le chef de l'Église prône la tolérance de l'homosexualité en Afrique

Étienne Dutil
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Le chef spirituel de l'Eglise anglicane, l'archevêque de Canterbury Rowan Williams, prône la tolérance de l'homosexualité en Afrique lors d'un voyage qu'il effectue sur le continent. Accueilli par l'évêque James Tengatenga et le conseiller aux affaires religieuses du président malwite Bungu wa Mutharika, l'archevêque doit célébrer samedi un office commémorant les 150 ans de l'église anglicane au Malawi et l'arrivée des premiers missionnaires britanniques dans ce pays. Rowan Williams doit aussi rencontrer le président Mutharika qu'il compte remercier pour la grâce accordée à un couple homosexuel, arrêté et poursuivi pour avoir organisé le premier mariage gai au Malawi.

Cette grâce est «tout à fait bienvenue aux yeux de beaucoup de monde à l'étranger», a-t-il dit, en réaffirmant la ligne qui est celle de l'Église anglicane depuis 1980, à savoir qu'elle ne tolère pas les préjugés et la violence contre l'homosexualité, mais ne croit pas au mariage de deux conjoints du même sexe ou à l'ordination des prêtres homosexuels.

Evoquant sa visite au Zimbabwe, l'archevêque de Canterbury a tenu à préciser lors d'une conférence de presse à son arrivée à Blantyre que celle-ci ne sera pas «directement politique mais pastorale, mais évidemment je devrais aborder les problèmes du harcèlement et des persécutions de nos paroisses au Zimbabwe avec le président Mugabe».

À Harare, les services du président Mugabe n'ont pas encore répondu à ses demandes d'entretiens. L'église anglicane, forte d'environ 77 millions de fidèle à travers le monde, avait frôlé le schisme en août 2008, lors de sa conférence décennale à Canterbury qui avait rassemblé quelque 600 évêques anglicans du monde entier, essentiellement sur la question de l'ordination des femmes et des homosexuels par l'Église d'Angleterre. Un quart environ des prélats, pour la plupart d'Afrique, avaient alors décidé de boycotter la réunion.